Alors que le nombre de données explose et que l’intelligence artificielle s’impose, les entreprises doivent relever de nouveaux défis à la hauteur de leurs enjeux. Ingénieur de formation, Deva Sabapathee, qui a piloté pendant plus de 10 ans des projets informatiques dans le secteur industriel, nous apporte son œil expert sur ce sujet.

Toutes les entreprises n’ont pas le même niveau de maturité dans l’utilisation de l’IA et le déploiement des modèles de Machine Learning, qui supposent d’avoir préalablement identifié les cas d’usage et de disposer de compétences internes.

Acculturer l’entreprise à la data

L’impulsion doit être donnée par la gouvernance des entreprises. Le traitement des data nécessite de se faire dans sa globalité, dans la mesure où tous les maillons de la chaîne de traitement sont concernés. « La dimension pédagogique autour d’un projet d’IA est essentielle, précise le directeur de l’EPITA IA Institut, nouvelle école du Groupe IONIS, qui apporte une réponse innovante aux nouveaux défis posés par l’IA et les Data. Il faut préalablement expliquer son intérêt et les bénéfices associés (automatisation des processus, amélioration des performances et de la productivité, etc.). Pour les entreprises, les freins ne sont pas tant liés à la collecte de la data qu’à la perception de l’intérêt de déployer un projet d’IA avec les compétences associées ».

Profils Data : les compétences en question

Les métiers de l’IA font aujourd’hui l’objet d’une profonde restructuration. Les entreprises, qui avaient initialement recruté des profils de Data Scientists, se sont rendu compte que ces derniers n’étaient pas en mesure de travailler sur l’ensemble des étapes relatives au traitement des données. En amont de la chaîne, l’intervention d’un Data Engineer pour collecter, organiser et agréger des données semblait requise pour que le Data Scientist puisse ensuite travailler sur ces données.

« La situation était assez contradictoire, explique Deva Sabapathee. Nous évoluons dans un univers où l’on génère un nombre important de données mais pour autant, les métiers qui en ont besoin n’en disposent pas systématiquement dans les entreprises, par manque d’un profil de Data Engineer. » Une strate supplémentaire était donc indispensable et, en l’occurrence, une ressource qui assure la collecte des données, leur nettoyage et leur agrégation afin de rendre disponible cette manne d’informations aux métiers tout en veillant au respect des normes RGPD et de la réglementation en vigueur en matière de gestion des données.

De fait, la mise en place de projets en IA exige a minima la présence de trois profils : un Data Engineer, qui a pour fonction de mettre à disposition les données aux métiers consommateurs ; des Data Scientists pour créer les modèles d’apprentissage automatique (Machine Learning) ; des Machine Learning Engineers pour mettre en production ces modèles à destination des utilisateurs finaux et s’assurer que les modèles restent stables et performants au cours du temps.

Comment répondre aux besoins du marché ?

La pénurie de profils data (Data Engineers, Data Scientists, Data Analysts, AI Project Managers, etc.) offre des opportunités d’emploi importantes pour l’avenir car tous les domaines d’activités (santé, énergie, transports, etc.) sont concernés, et d’autres métiers liés à l’IA verront le jour dans les prochaines années. Mais pour cela, il faut d’abord des formations adéquates. « Ces métiers de l’IA et du Data Engineering nécessitent d’être formés sur une large gamme de compétences dans les domaines tels que les sciences et les sciences humaines, afin de saisir les enjeux économiques et sociaux inhérents et de s’inscrire dans une dimension éthique », insiste le directeur de l’EPITA IA Institut.

C’est d’ailleurs de ce constat qu’est née l’idée de créer l’EPITA IA Institut, une école post-bac centrée sur le Data Engineering et l’Intelligence Artificielle pour former des experts attentifs aux impacts économiques, éthiques, sociaux et environnementaux de l’IA. « Nous avons souhaité associer l’EPITA IA Institut à trois écoles du Groupe IONIS, deux écoles d’ingénieurs (EPITA et ESME), et une école de management (ISG) afin de proposer un cursus totalement innovant, susceptible de répondre au défi sans précédent d’un monde qui se transforme à une vitesse vertigineuse au rythme des évolutions technologiques », détaille Deva Sabapathee.

Un cursus innovant et différenciant

L’EPITA IA Institut a fait de l’anglais une langue d’enseignement et propose un premier cycle de 3 ans, suivi d’un parcours grande école de 3 ans. « Ce cursus de six années est le temps nécessaire pour permettre aux étudiants d’appréhender le sujet dans toute sa complexité et ses dimensions, précise le directeur de cette école de nouvelle génération. Au terme du premier cycle d’immersion au cœur de l’IA et des data, les étudiants auront le choix entre une école d’ingénieurs ou une école de management pour, après admission, y suivre un cursus dédié ». À l’issue du parcours, les étudiants bénéficieront par ailleurs d’un double diplôme : le Master of Engineering de l’EPITA IA Institut et, selon le parcours suivi, le titre d’ingénieur (délivré par l’EPITA ou l’ESME) ou le diplôme de l’ISG, visé avec grade de master.

Une forte pédagogie par projets

La prise en mains technologique du premier cycle se fait essentiellement à travers les projets. Une culture pédagogique de l’apprentissage par la pratique qui fait historiquement partie de l’ADN des écoles du Groupe IONIS. « L’objectif sera de développer une réflexion et une mise en œuvre des différents maillons de la chaîne de traitement des données. L’objectif est d’apprendre via une pédagogie par projets les étapes clés d’un projet en Intelligence Artificielle, de la collecte des données jusqu’à la mise en production pour les utilisateurs finaux », indique Deva Sabapathee.

Isabelle Jouanneau

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