Un cursus haut de gamme de formation à la finance, basé sur l’alternance et accessible à tous : c’est le parti pris innovant de Financia Business School. Rencontre avec Alfonso Lopez de Castro, président de cette école pas comme les autres.

Quel a été votre parcours avant Financia Business School ?

Alfonso Lopez de Castro : J’ai un parcours de financier traditionnel, un milieu dans lequel j’ai travaillé pendant plus de vingt ans, en tant que trader et directeur corporate de la Financière d’Uzès, un métier très technique. Je suis devenu spécialiste des cotations en bourse de PME et je reste toujours consultant sur ce sujet. Dans cette première vie, j’ai croisé de nombreux stagiaires qui venaient généralement pour six mois, et qui, une fois formés et autonomes, partaient. J’avais aussi noté que ceux qui sortaient des grandes écoles avaient un haut niveau académique, mais manquaient de pragmatisme. Par ailleurs, il était évident que le profil de ces stagiaires était très similaire, dans leur manière de travailler, mais aussi de par leur origine sociale.

Ce qui est logique vu le coût des formations. Il y a eu une inflation du prix des grandes écoles, or, dépenser 15 000 euros par an et par enfant pendant 5 ans, avec les ordinateurs, parfois le logement, n’est pas à la portée de toutes les bourses. Ces écoles disent recruter les « meilleurs candidats », ce qui est exact, mais ce sont les meilleurs candidats parmi ceux qui peuvent payer. Cette barrière existe bel et bien, car les petits jobs à côté rapportent peu et ne permettent pas vraiment d’engranger une véritable expérience.

C’est à partir de cette réflexion que vous avez créé l’école ?

A.LdC. : Effectivement, mon objectif était de créer une école pragmatique, avec une solution de financement pour l’ouvrir à tous les candidats, il m’a fallu une année de préparation pour y parvenir. Je me suis concentré sur l’alternance, qui permet aux étudiants d’avoir un salaire entre 1000 et 2000 euros, et qui constitue une véritable opportunité d’acquisition d’expérience, afin de garantir l’employabilité future. En réalité, mon job, c’est de leur trouver un job.

Quelle stratégie pour y parvenir ?

A.LdC. : Pour y parvenir, nous avons créé une équipe relations entreprises, tous de grands professionnels qui accompagnent les étudiants reçus au concours. Nous avons également une phase de courte remise à niveau immédiate pour ceux dont la différence est liée à l’origine sociale, car la finance est un milieu où les codes restent importants, il convient de les connaître pour s’y intégrer. Nous sommes sur des postes d’encadrement, il faut être à l’aise, que l’on soit invité à une rencontre dans un hôtel haut de gamme, ou pour partager un repas dans un restaurant gastronomique. Idem pour les vêtements, nous avons un partenariat pour que les étudiants puissent les acheter à de bons prix.

Nous prenons également des photos professionnelles, insistons sur les rédactions de mail, le respect de la hiérarchie, afin de maximiser la réussite de leur entretien pour leur alternance. Notre volonté est qu’il n’y ait aucune discrimination, pour donner sa chance à tout le monde.

A.LdC. : Le projet a été monté grâce à une quarantaine de personnes des milieux financiers. En gros, cela a coûté 4 millions d’euros et c’était un défi pour un projet à long terme. Ils m’ont aidé financièrement mais pas seulement, il s’agit d’une vraie équipe de gens de métier qui sont derrière nous et savent que nous sommes sur une rentabilité que je peux qualifier de raisonnable. Financia n’est ni caritatif, ni associatif, nous visons l’équilibre des comptes et le meilleur résultat possible tout en disposant du meilleur corps professoral. Nos partenaires y gagnent en fierté et en facilité de recrutements.

A.LdC. : Oui, car aujourd’hui, les grandes écoles sont devenues des business. Rien que pour passer les concours, il faut payer entre 200 et 400 euros, souvent plusieurs fois, ce qui constitue une première barrière à l’entrée. Financia a choisi le parti pris de n’avoir aucun frais de candidature, même si le concours reste difficile, avec un dossier, des tests écrits et si cela s’est bien passé, un oral. Toutes ces démarches sont gratuites. Les entreprises paient les étudiants pour qui l’école est gratuite, elles cotisent également à un OPCO, qui nous rémunère lorsque l’un de nos étudiants décroche une alternance. C’est un contrat tripartite. L’entreprise est au cœur du système pour nous. Nous atteignons une employabilité de quasiment 100%. La France est d’ailleurs connue pour la qualité de sa formation en finance.

Le succès a été rapidement au rendez-vous ?

A.LdC. : Oui, grâce à nos grands partenaires, notamment les banques qui proposent des alternances de haut niveau, dans le secteur de la haute finance, avec des postes de traders par exemple, de front office. Au départ, il y avait beaucoup de résistance sur l’alternance, vue comme une formation de second niveau pour des métiers honorables, mais pas pour le premium, la salle de marché par exemple. Nous avons été des pionniers, il y a encore du travail, mais les progrès sont là, les difficultés de recrutement ont également aidé à favoriser le mouvement.

Tout comme les dernières lois Macron subventionnant les contrats d’alternance, qui ont rencontré un vrai succès, tout simplement parce que cela correspondait à un besoin. Autre élément primordial qui a participé à notre essor, nous avons un corps professoral d’exception, le premier professeur fut Christian de Boissieu qui était à la Sorbonne et nous accompagne depuis les débuts. Grâce à lui, nous avons pu recruter des professeurs de très haut niveau qui interviennent dans toutes les grandes écoles parisiennes.

Pourquoi devenir une entreprise à mission ?

A.LdC. : Cela fait partie de notre ADN, nous sommes proches de nos étudiants et de nos salariés, toujours en recherche de bourses et de partenariats. Depuis mi-2020, nous avons la certification ISO 26 000 et sommes en période de modification de nos statuts, nous avons 2 salariés dédiés pour les études RSE nécessaires, notre but est d’aller vers la certification la plus reconnue, B. Corp. En matière d’égalité homme-femme et de salaires, nous frôlons les 50/50 que ce soit chez les étudiants ou les salariés. Nous avons aussi un autre volet avec les cours d’éthique des métiers de la finance. Nous avons lancé un programme totalement dédié à la RSE en entreprise et en finance, ainsi qu’un cours de finance islamique, un secteur en forte croissance, en partenariat avec la grande Mosquée de Paris.

L’enseignement à distance a dû être complexe pendant les confinements ?

A.LdC. : Cela s’est bien passé car nous sommes très agiles, notamment en matière administrative. L’étudiant est pour nous un client, s’il envoie un mail, on s’engage à répondre dans les 24 heures, par exemple. L’investissement a été massif pour avoir la qualité de travail à distance, en matière de caméra, barres de sons, grands écrans, la technologie a été utilisée pour compenser l’absence. Nous avons aussi formé les professeurs pour communiquer différemment, utiliser les différents logiciels, faire participer les étudiants, etc. En revanche, nous perdons en proximité, ce qui est complexe pour des cours très techniques, mais aussi pour la création de réseau, amical ou professionnel.

Il a fallu mettre un place un suivi psychologique, des cours de rattrapage pour certains. Depuis, nous avons gardé 10 à 20% des cours à distance le soir ou quelques samedis à la demande des étudiants, pour ne pas utiliser les transports, dans des matières où ils ont déjà dépassé le stade de l’introduction.

Vous-même, venez-vous d’un milieu privilégié ?

A.LdC. : Je viens d’une famille très modeste et j’ai dû me battre constamment, je me suis endetté pour étudier, une école a même envoyé des huissiers de justice chez moi pour 5 jours de retard. Pour les stages, à l’époque, ce fut très compliqué car il y avait beaucoup de discrimination, il fallait être « pistonné ». Mais je suis arrivé dans la haute finance où l’on m’avait dit que je n’avais pas ma place, ce qui a été un bon facteur de motivation !

Enfant, j’avais vu un reportage sur les « golden boys » à New York, j’avais trouvé cela extraordinaire. Cela m’a donné la « gnaque », une forme d’agressivité positive que j’ai mise à profit dans mon travail. C’est peut-être le plus qu’il y a chez les étudiants de Financia, il y a aussi souvent cette forme d’énergie, cette agressivité qu’il apprennent à canaliser de façon positive pour la mettre dans le travail. Avec eux, on ne se pose pas la question de savoir s’ils arriveront à l’heure au bureau. Financia Business School, ce n’est pas qu’une école, c’est une faiseuse de rêves !

Propos recueillis par Anne Florin

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