Le 22 février dernier, le premier réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim a été arrêté. Toute une ville se retrouve désormais à devoir pallier aux problèmes économiques et écologiques que cette fermeture devrait engendrer.

Dans la nuit du 21 au 22 février 2020, le premier réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim a été arrêté. En service depuis 1977, cette centrale était au centre des débats depuis l’explosion nucléaire de Fukushima le 11 mars 2011. Sa fermeture est une décision de longue date puisque l’ancien Président François Hollande s’y était engagé lors de sa campagne électorale de 2012. Promesse réitérée par Emmanuel Macron, qui souhaite réduire de 75 à 50% le poids du nucléaire dans le mix énergétique à l’horizon 2025.

Victoire pour les anti-nucléaires mais véritable hérésie pour les habitants de Fessenheim, la fermeture de la centrale nucléaire soulève plusieurs questions d’ordre économique et écologique.

Plus vieille centrale de France, Fessenheim génère 2000 emplois directs et indirects. Elle produit 90% de l’électricité alsacienne et emploie 800 agents d’EDF. La fermeture de chaque unité de production, c’est-à-dire de chaque réacteur, coûtera entre 250 et 500 millions d’euros.

Une économie locale dépendante de la centrale nucléaire

Les entreprises locales et les commerçants risquent d’être les premiers à être impactés par cette fermeture. C’est par exemple le cas du supermarché de la ville, deuxième plus gros employeur, qui risque de perdre 30% de ses clients, mais aussi ses salariés, dont les conjoints travaillent à la centrale. L’entreprise Graphirhin, spécialisé dans les impressions d’étiquettes pour la centrale, perdra 10% de son chiffre d’affaire du fait de l’arrêt des réacteurs. Au total, la perte des revenus des commerces situés autour de la centrale est estimée à cinq millions d’euros. Sans oublier la médiathèque, les musées qui était financés en partie par EDF.

Les collectivités locales réfléchissent à des solutions pour remplacer l’attrait de la centrale. Une aide financière de l’État pourrait être versée durant le démantèlement de la centrale qui devrait s’étendre sur une dizaine d’années. EDF affirme que ses 800 agents seront reclassés.

Conséquences écologiques

Aux conséquences économiques s’ajoutent les conséquences écologiques. La fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim va générer des émissions importantes de gaz à effet de serre.

Selon la Revue générale nucléaire  « Si une centrale nucléaire est arrêtée, l’électricité qu’elle ne produit plus sera fournie par les capacités arrivant ensuite dans l’ordre du mérite, donc des centrales à gaz et charbon » Autrement dit, l’énergie nucléaire bas-carbone produite par Fessenheim devrait être remplacée par celle de centrales à gaz et à charbon. Selon la revue, « le surcroît d’émission de gaz à effet de serre lié à la fermeture des réacteurs de Fessenheim sera donc compris entre 6 et 10 millions de tonnes équivalent CO2 par an ». Des centrales à charbon seront donc construites en France ? Devrons-nous importer notre électricité d’Allemagne dont les centrales à charbon sont pointées du doigt par toutes les organisations écologistes ? A ces questions, le Gouvernement n’apporte que des non réponses qui trahissent un embarras certain.

Pour échapper à un recul écologique, la France devrait tripler voire quadrupler sa production éolienne et solaire d’ici à dix ans.

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