Riyad, capitale de l'Arabie Saoudite

L’exposition universelle 2020, démarrée le 1er octobre 2021 à Dubaï aux Émirats arabes unies et qui vient de fermer ses portes le 31 mars, a mis en lumière un certain nombre de pays qui ont illuminé cette édition. L’Arabie saoudite s’y est particulièrement illustrée cette année avec un pavillon magistral et des ambitions durables, qui laissent penser qu’elle a de fortes chances d’être retenue pour accueillir l’Exposition universelle de 2030.

Une exposition universelle à portée internationale

Alors que le conflit russo-ukrainien capte l’attention de la communauté internationale, un autre événement, à quelques milliers de kilomètres de là, a donné l’occasion aux États, loin du tumulte d’un conflit armé, de se rencontrer pacifiquement en exprimant chacun leur soft power et, pourquoi pas, une vision idéale du futur de l’humanité, mêlant progrès et prospérité partagés.

Et l’exposition universelle de 2020 fut à bien des égards une édition inédite qui annonce un changement d’époque : repoussée d’un an du fait de la crise sanitaire, elle s’est tenue pour la première fois, depuis son édition inaugurale en 1851 à Londres, dans la région Moyen-Orient, Afrique et Asie du Sud (MEASA), célébrant au passage le 50ème anniversaire de la fondation des Émirats arabes unis. L’événement a rassemblé pas loin de 190 pays, sur un site de 4,4 km² construit ex nihilo dans un désert de sable, le tout pour un budget pharaonique de 7 milliards de dollars.

Des pavillons nationaux rivalisant d’audace et d’ingéniosité

Centre du monde pendant six mois d’affilée, cette édition de Dubaï restera aussi dans les mémoires car elle a fait de cette plateforme un événement résolument international : « C’est une exposition atypique en ce sens qu’elle est encore plus internationale que les autres expos universelles, qui accueillent une majorité de public local » explique Erik Linquier, commissaire général de la France pour l’événement. Et pour cause : plusieurs ouvrages ont frappé l’imagination des visiteurs, de par leur gigantisme ou leur caractère innovant et durable. Conçu à partir des principes de l’architecture bioclimatique, le pavillon français, avec sa façade intérieure spectaculaire de 1800 m², ses tuiles solaires intégrées et sa terrasse panoramique offrant une vue imprenable sur le site, peut par exemple être réutilisé après l’exposition. Le pavillon américain dévoilait de son côté une réplique de la fusée Falcon 9 de la société SpaceX, un prototype du fameux Mars Rover conçu pour voyager sur la planète rouge, ainsi que des roches lunaires.

Éblouissant et comme en apesanteur, le pavillon d’Arabie saoudite – le plus visité de l’exposition et qui a remporté le prix du « Meilleur pavillon » -, a forcé également l’admiration, s’étalant sur une superficie de 13 059 mètres carrés. Chef d’œuvre architectural en forme de rectangle incliné et constituant l’un des bâtiments les plus durables au monde avec ses 650 panneaux solaires et sa certification LEED Platine, le pavillon saoudien a illuminé Dubaï de ses 7 798 lumières, son sol lumineux, son jeu d’eau et son immense écran miroir LED de 1 302 m². L’intérieur du bâtiment révélant d’autres splendeurs encore, une sphère virtuelle flottante de 30 mètres de diamètre, une fontaine numérique, un escalier roulant multi-sensoriel, un voyage immersif au sein des sites historiques du pays et une projection de l’Arabie saoudite en 2030. A l’arrivée, le pavillon saoudien a accueilli près de 5 millions de visiteurs, plus de 230 programmes, un Business Park regroupant des investisseurs du monde entier et un Discovery Center pour découvrir l’économie saoudienne, sa compétitivité et les réformes qui ont eu lieu dans le Royaume. « Les millions de personnes qui ont visité le pavillon saoudien primé ont eu un aperçu de l’avenir que le Royaume et sa capitale sont en train de construire. Aujourd’hui n’est que le début de la présentation de ce que Riyad a à offrir pour l’EXPO 2030 », a déclaré de son côté Fahd al-Rasheed, président de la Commission royale pour la ville de Riyad.

Arabie saoudite : Objectif 2030

A l’occasion de la cérémonie de clôture du lundi 28 mars, Riyad a en effet réaffirmé son désir d’accueillir l’Exposition universelle en 2030 afin de défendre son programme: « L’ère du changement : Conduire le monde vers des lendemains clairvoyants ». D’autres États ont annoncé leur candidature, parmi lesquels la Corée du Sud (Busan), l’Italie (Rome), l’Ukraine (Odessa) et encore la Russie (Moscou). De son côté, l’Arabie saoudite œuvre d’arrache-pied pour prouver à la communauté internationale qu’elle réalise des avancées ambitieuses et durables. Première économie de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) avec un PIB de 700 milliards de dollars en 2020, Riyad peut se targuer d’être déjà un hub économique de premier plan dans le monde arabe, ainsi qu’un centre politique et culturel.

Membre permanent du forum intergouvernemental du G20 et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO avec son quartier historique At-Turaif, Riyad est par ailleurs l’une des villes les plus sûres du monde et connait depuis plusieurs années une expansion spectaculaire grâce à un grand nombre de projets redessinant le paysage urbain. Le gouvernement saoudien entend aussi renforcer la diversification économique du pays, consolider les secteurs du service public et créer une ville futuriste (« Neom ») qui accueillera des industries de pointe, alimentée par des énergies renouvelables ( « Zéro voiture, zéro route, zéro émission carbone ») et qui pourrait bien devenir à terme la nouvelle Silicon Valley. « L’Arabie saoudite est un pays jeune et le renouveau de Riyad est alimenté par l’énergie et l’ambition incessante de sa jeunesse, précise Fahd al-Rasheed. Le monde a plus que jamais besoin de ce genre d’optimisme pour l’avenir ».

En attendant, les cinq pays concourant devront patienter jusqu’en 2023 pour que l’Assemblée Générale du Bureau international des expositions (BIE) élise la ville lauréate et la prochaine édition de l’Exposition universelle se tiendra du 13 avril au 13 octobre 2025 à Osaka au Japon autour du thème « Concevoir la société du futur, Imaginer notre vie de demain ».

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