Par Xavier Fontanet

Si on tente de caractériser les trois décisions qui ont créé l’endettement de notre pays sur une période de 40 ans on trouvera probablement un consensus pour dire :

1) La retraite par répartition à 60 ans ;
2) les 35 heures;
3) l’ISF. Ce dernier qui a créé démotivation, désindustrialisation et exil a été supprimé. C’est une excellente chose, on a d’ailleurs commencé à voir les effets positifs de sa suppression sur l’activité avant qu’arrive le Covid.

La façon la plus élégante de corriger les deux premières erreurs serait de s’inspirer de l’Allemagne et du concept de CDI à horaire variable qui a commencé à s’implanter dans les entreprises sous l’impulsion de Gerard Schroeder et de Peter Hartz dans les années 2004/2005. On parle là d’un CDI donc d’un emploi ferme, dont  la durée de travail hebdomadaire peut varier chaque année en fonction de la charge de l’entreprise. Cette flexibilité est à l’œuvre en ce moment, comme elle l’a été pendant la crise des subprimes, en permettant aux entreprises allemandes de bien encaisser le choc. Si on adoptait en France ce concept novateur, la compensation à donner pour ce changement du contrat de travail serait un accès significatif à l’actionnariat salarié.

Il permettrait de régler le problème des retraites. Si on fait des calculs, soi-même, sur son tableur, on se rend compte très vite qu’une épargne de 5 % du salaire abondée à 50 % par l’entreprise, investie sur le long terme dans un véhicule constitué d’actions de son entreprise et d’un portefeuille diversifié permet pour une rentabilité de 5 % par an (inférieure à ce que fait la Bourse)  d’augmenter la retraite légale  de plus de 50% après 45 ans de vie active.

On ferait d’une pierre deux coups ; on pourrait reprendre les discussions sur la retraite qui s’appuierait sur un deuxième pied et on réduirait les dépenses chômage. Cerise sur le gâteau, notre pays ouvrirait une piste féconde pour tous ceux qui réfléchissent aux évolutions des économies de marché.

Xavier Fontanet a dirigé de 1991 à 2010 le groupe Essilor, qui connaît sous sa direction une croissance sans précédent. Depuis 2012, il est professeur associé de stratégie à HEC Paris et auteur de plusieurs essais où il partage son expérience et sa passion de l’entreprise.

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