Avec sa nouvelle usine en construction à Fontenay-le-Comte en Vendée, Stéphane Garnier est en train de transformer Soriba pour la faire entrer dans la construction de demain.

La PMI vendéenne a été créée en 1974, et rachetée en 1996 par Stéphane et Annie Garnier. A cette époque, elle employait 47 salariés pour un chiffre d’affaires de 25 millions de francs, soit un peu moins de 5 millions d’euros.

Une PME agile

Spécialiste de produits préfabriqués béton, l’entreprise s’est développée au fil des années, notamment depuis 2018 avec une opération de croissance externe, le rachat de la société Naullet. Le produit n’est pas vraiment séduisant au premier coup d’œil, il est pourtant indispensable. Le béton, c’est l’affaire de Soriba, notamment les éléments de façades, mais définir l’entreprise ainsi serait vraiment très réducteur. Comme le dit son dirigeant, la société a fait évoluer son concept du fameux béton architectonique, à un béton à très forte valeur ajoutée qui correspond aux nouvelles normes. Pour obtenir ce produit « thermique, sismique, beau, et demain, très bas carbone », Soriba a dû beaucoup investir, comme en 2011 où 8 millions ont permis d’avoir une toute nouvelle usine.

Priorité à la R&D

Soriba vit dans l’avenir, et surtout dans le béton de demain. Pour maîtriser totalement ce matériau, l’entreprise a mis au point une petite révolution avec sa gamme de Bétomur. Sans entrer dans les détails techniques, il s’agit de murs permettant de construire des bâtiments moins énergivores, dotés d’une bonne étanchéité à l’air, à l’eau, au bruit et résistant aux différentes expositions, en particulier en zone sismique. Il est possible d’utiliser différents motifs ou de donner diverses textures que ce soit pour l’intérieur ou l’extérieur.

Un territoire comme fer de lance

L’entreprise dispose d’un site à Challans, où se trouve le siège social, pour les murs préfabriqués en béton, d’un autre à Fontenay-le-Comte pour les escaliers, et de celui de Naullet à la Roche-sur-Yon pour les éléments préfabriqués traditionnels. Les sites sont tous engagés dans une démarche environnementale, qui permet à l’entreprise de proposer du béton composé de ciment « bas carbone » en collaboration avec Hoffman Green Cement Technologies, et même du béton « très bas carbone ». Le département R&D est d’ailleurs spécifiquement chargé de travailler sur la réduction de l’empreinte carbone de Soriba, qui correspond à la nouvelle réglementation environnementale 2020 qui prend effet cette année. Objectif annoncé : avoir toujours une longueur d’avance.

20 millions d’euros en Vendée

C’est la somme qui sera investie à Fontenay-le-Comte pour la construction d’une nouvelle usine. Un investissement hors normes, la somme correspondant au chiffre d’affaires de la PME ! Cet argent sera dédié pour moitié à l’achat et la préparation du terrain, le reste étant consacré aux procédés industriels. 35 emplois seront créés dans les trois ans. Soriba a bénéficié d’une aide de 800 000 euros de l’Etat via le dispositif France Relance qui soutient l’investissement industriel en France. Le nouveau site produira des escaliers préfabriqués en béton bas carbone, disposera d’une solution géothermique pour l’apport de chaleur et d’une centrale photovoltaïque qui couvrira 1/3 des besoins électriques.

3ème sur le podium français

Soriba, troisième fabricant français sur le marché des escaliers, veut passer à la vitesse supérieure. Avec cet investissement, les dirigeants ont choisi de mettre en place une usine semi-automatisée de 6 500 m2, une quasi obligation face à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. D’autres produits sont également en cours de réflexion pour le futur.

Un couple mobilisé pour l’avenir

Stéphane et Anne Garnier sont les dirigeants de l’entreprise. Valentin, leur fils, est en charge du développement et référent bas carbone. Leurs objectifs sont très clairs, à tel point qu’ils sont chiffrés. Et en matière de bas carbone, la baisse escomptée se chiffre à 20%, et si possible 30% d’ici à 2022. Avec l’investissement colossal qui est prévu étant donné la dimension de la PMI, il n’y a plus de retour en arrière possible, mais un chemin vers un avenir plus écologique pour une industrie du bâtiment souvent montrée du doigt sur le sujet. C’est aussi une façon de protéger et pérenniser les 142 emplois de l’entreprise.

Préparer la croissance

Stéphane Garnier prépare l’avenir, il sait que les chantiers d’édifices publics, tout comme certains logements exigeront le respect des nouvelles normes réglementaires dès cette année, des perspectives d’affaires sont déjà en cours de concrétisation. En réalisant un tel investissement et en orientant résolument son entreprise vers le bas carbone, il prépare l’avenir et la croissance de Soriba. Mais cela ne s’est pas fait en un jour, les complications n’ont pas manqué, mais pour le dirigeant, il s’agissait de la survie de la société, qui si elle ne prenait pas à bras le corps ces nouvelles normes, devrait renoncer à toute croissance pérenne. Dès 2010, 5% du chiffre d’affaires étaient déjà consacrés à la R&D, phénomène assez rare dans ce type et cette taille d’entreprise.

Une question d’anticipation

La société a toujours su gérer une croissance rapide. En 2010, elle faisait 5 millions d’euros de chiffre d’affaires, en 2014, 12 millions. Passer d’un statut d’atelier industriel à celui de véritable industriel exige des efforts considérables et une transformation complète, y compris en termes de profils de salariés. Dans le bâtiment comme dans d’autres secteurs, la formation et les ressources humaines en général sont un point d’achoppement qui doit trouver sa solution. En bref, Soriba doit muter en permanence pour se construire « un avenir en béton ».

V.D.

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