Tous les jours, on nous annonce la fermeture sans lendemain d’un grand site industriel. On ne parle pas d’ailleurs des petits sites qui ferment également.

Un pays qui se prétend cinquième puissance économique mondiale ne survivra pas sans industrie. Tous les discours courts termistes visant à faire survivre des sites économiquement condamnés n’ont pour objectif que de calmer la désespérance des personnes auxquelles on a menti sur leur avenir pendant des années.

Il eût été plus responsable de la part des dirigeants politiques et des dirigeants de ces groupes industriels d’anticiper les évolutions économiques et de créer des activités alternatives permettant d’assurer une transition souple d’un modèle industriel au suivant. La dictature du court terme et la pression des marchés empêchent le plus souvent d’adopter cette attitude.

Alors, tout est fichu ?

Pas vraiment, nous sommes à l’orée d’une période exceptionnelle où tout est possible : la troisième révolution industrielle, celle du numérique, s’ouvre devant nous avec l’espoir pour la France d’y jouer un rôle déterminant.

Deux raisons essentielles à cet optimisme : l’exceptionnelle compétence du tissu économique français sur ces thèmes numériques alliée à l’enthousiasme novateur des nouvelles générations.

Plusieurs éléments sont susceptibles d’engendrer une vague d’investissements exceptionnels dans les prochaines années : nos infrastructures dans le domaine du transport, de l’énergie et des télécommunications doivent rapidement être renouvelées avec des plans d’investissement dont l’ampleur est sans commune mesure avec ce qui est envisagé aujourd’hui.

Ces investissements engendreront un volume d’emplois suffisants pour « inverser la courbe du chômage » et formeront  le berceau indispensable au développement futur de l’économie numérique de notre pays et de nos voisins européens. Ceci suppose bien sûr que l’on demande aux régulateurs de bien vouloir analyser les conséquences économiques et sociales de leurs décisions.

Investir dans l’industrie

Des investissements majeurs doivent également être consentis dans notre appareil productif trop longtemps oublié pour qu’il s’adapte aux dernières technologies numériques et en particulier à la robotisation.

Cependant, il ne faut pas se tromper sur ce qu’est la révolution numérique ; elle ne saurait se résumer à une simple modernisation de l’outil de production et de gestion.

Le changement complet de la relation entre les fournisseurs de produits et de services et leur client final, individuel ou collectif, modifie profondément tous les modèles commerciaux, dans tous les secteurs économiques ; c’est la migration vers ces nouveaux modèles qu’il faut anticiper en tirant avantage des connaissances accumulées depuis des siècles sur chacun de ces secteurs, en les croisant  avec l’intelligence profonde des mutations d’une société complètement connectée, ceci afin d’éviter de laisser le champ libre aux nouveaux prédateurs prêts à s’emparer de ces marchés.

La culture de notre jeunesse a beaucoup évolué ces derniers temps ; un nombre croissant de jeunes diplômés s’oriente vers la création de « starts ups » sur des sujets nouveaux.

Place à la génération start-up

Le tissu de nos PME se montre très réactif par rapport à cette nouvelle économie. Nos grands groupes qui vivent ces migrations économiques sur tous les continents sont bien sûrs prêts à s’impliquer dans des projets ambitieux dans ce domaine. À ce point de leur histoire, ils se rappellent que toute entité économique importante a un lieu de naissance et ne fonctionne pas sur un modèle apatride.

Tous les éléments sont donc réunis pour réussir cette migration économique. L’enjeu est tellement important pour notre pays qu’il devrait faciliter l’abandon de certains dogmes qui paralysent les politiques, l’administration et l’industrie. Tous au service d’une même cause : tout organiser pour faire de notre pays dans les cinq ans qui viennent un acteur majeur de l’économie numérique mondiale.

Didier Lombard

vient de publier Nouvelle économie, nouvelle industrie, chez Odile Jacob.

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