Tribune. Le Président Macron n’a eu de cesse de le répéter, « nous sommes en guerre ». Si certains peuvent contester le choix des mots, ceux-ci collent à la réalité qu’affrontent nos hôpitaux et personnels de santé.

Il y a fort longtemps que l’humanité n’a pas eu à affronter une telle crise sanitaire. Les progrès de la médecine et de l’hygiène, nous avaient amenés à penser que les épidémies appartenaient à l’Histoire et au Moyen-Age. C’était oublier un peu vite la grippe espagnole ou Ebola. La crise sanitaire liée au Covid-19 est, en outre, la première crise sanitaire de la mondialisation. On voit aujourd’hui que notre modèle de développement rend possible la rapide propagation d’une épidémie.

Le scientifique Edward Lorenz posait la question suivante lors d’une conférence scientifique en 1972 : « le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? ». Nous avons malheureusement aujourd’hui la réponse.

La crise est aujourd’hui mondiale.

DES PREMIERES MESURES … AUX EFFETS DIFFERES

Pour l’instant, la situation semble parfois mal maitrisée car difficilement prévisible dans son ampleur et les propos de l’ex-Ministre et candidate malheureuse à la Mairie de Paris, Agnès Buzyn, n’ont pas vocation à apaiser les choses.

L’Etat a cependant réagi à son plus haut sommet et a annoncé des mesures fortes : confinement, développement du télétravail et soutien aux entreprises en cette période, recours à l’armée, etc

Les effets ne se feront malheureusement pas sentir tout de suite et il convient d’être patient même si l’on peut fortement regretter le manque de préparation au niveau de nos hôpitaux qui manquent de respirateurs, de lits, de masques, et de gel hydro-alcoolique. Rendons ici hommage aux personnels de santés qui ne comptent pas leurs heures et qui font un travail formidable en étant en première ligne face au péril.

Les effets de ces premières mesures ne seront pas limités mais différés, car ils nécessitent du temps pour porter leurs fruits ainsi que l’acceptation de la population.

RESISTE !

Résister.

Résister puisque nous sommes en guerre.

La première des résistances sera dans l’obéissance aux consignes sanitaires et de confinement.

C’est ici que doit s’exprimer la concorde nationale. Nous devons faire preuve de discipline, en limitant strictement nos déplacements à une sortie par semaine pour un motif valable.

La propagation du virus ne sera enrayée que par notre aptitude à respecter les consignes de confinement. 15 jours, 30 jours, 45 jours, c’est à ce prix que nous pourrons revivre. Evidemment, c’est un sacrifice. Un déchirement pour celles et ceux qui sont loin de leur proche ou de l’être aimé, ou qui sont simplement seuls.

Dans le même temps, il convient de ne pas céder à la panique, ou au découragement, mais également de ne pas baisser la garde face à de possibles régressions sociales liées à cette crise sans précédent. Des régressions qui ne devront être que temporaires afin de ne pas détériorer le droit du travail (durée hebdomadaire, risques).

Résister, c’est également ne pas propager les hoax qui fleurissent en cette période.

Faux conseils, fausses nouvelles, fausse rumeur sur un traitement miracle, et j’en passe. Nos réseaux sociaux sont abreuvés de ces fake news qui minent notre moral et donnent de faux espoirs.

Privilégiez des sources fiables, faites appel à votre sens critique et à votre raison ! Avant tout chose, réfléchissez avant de propager une rumeur.

Les bonnes nouvelles, paradoxalement, ne manquent pas.

Politiquement, une union nationale se fait jour. Elle a permis de décaler l’installation des conseils municipaux qui devait avoir lieu en pleine période de confinement ! Le « Parti Radical de Gauche-Le centre gauche » s’est d’ailleurs fortement mobilisé afin de décaler cette installation des conseils municipaux particulièrement incompréhensible et dangereuse en cette période.

La démocratie s’est exprimée récemment à l’occasion d’élections municipales dont on peut certes s’interroger sur la nécessité du maintien compte-tenu des conditions, même si un report aurait posé d’autres questions et aurait exposé le gouvernement à des critiques. Cependant, certains français se sont déplacés, d’autres ont tenu des bureaux de vote dans ces circonstances particulières et l’annulation du scrutin aurait été une véritable gifle infligée à celles et ceux qui, en conscience, ont pris le risque d’exercer leur rôle de citoyen.

Au niveau médical, de possibles traitements sont testés et représentent un espoir réel même s’ils doivent être validés la communauté scientifique ce qui incite forcément à la prudence même si l’espoir est réel. Il en est de même en terme de vaccin. La découverte d’un traitement ou d’un vaccin sera forcément un atout en terme de leadership et de relations internationales, c’est pourquoi de nombreuses puissances travaillent sur la sujet. On imagine que Donald Trump, un course pour sa réélection, va tout faire pour que les USA soient le pemier pays à dégainer un traitement ou un vaccin.

Même s’il est impacté par la crise, c’est du monde économique que viennent également les bonnes nouvelles. Certaines entreprises françaises ont ainsi fait don de matières premières pour fabriquer du gel, d’autres ont réorienté leur production, certaines autres limitent leur activité afin de privilégier le transport de produits de première nécessité, etc, etc.

Même s’il est mis à mal par les circonstances, le monde économique résiste lui aussi et sait faire preuve d’altruisme en s’adaptant face à la crise. Il mérite évidemment un soutien accru de la part des pouvoirs publics qui doivent également veiller à la protection des salariés.

LE MONDE DE DEMAIN

L’ampleur de la crise sanitaire actuelle amène à penser qu’il y aura un avant, et un après. Même si l’on peut parfois s’interroger sur la nature profonde de l’Homme, cela serait éminemment souhaitable et des idées germent ici et là.

Voici quelques pistes pour nos dirigeants : relocalisation des productions, services publics garantis et dotés de véritables moyens, meilleur financement de la recherche publique, politique vaccinale mieux acceptée par la population, politique européenne plus aboutie et mieux concertée, nouvelles solidarités à inventer à l’heure du numérique, utilisation de l’argent collecté par les amendes pour non-respect du confinement sous forme de prime pour les soignants, personnels de santé, pompiers, policiers, hôtes de caisses.

Après la crise, l’Etat devra également mettre en œuvre une politique d’envergure pour aider les acteurs du Tourisme, de la restauration et les TPE/PME qui auront forcément été mise à mal par cette crise. Il conviendra de renforcer nos solidarités et de mettre de l’humain au cœur de nos politiques publiques.

La résistance, c’est finalement le respect, des consignes, de l’Etat, et des services publics.

La résistance, c’est également un état d’esprit positif face au danger.

La résistance, c’est aussi un destin commun qui repose sur l’acceptation et la mobilisation de l’ensemble du peuple.

La résistance, enfin, c’est la concorde nationale car nous sommes tous lié face au péril.

Un pour tous, tous pour un, c’est également cela l’universalisme républicain.

L’auteur : Yannick Boutot est Secrétaire National du Parti Radical de Gauche-Le centre gauche au Tourisme et à la Viticulture


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