Le constructeur allemand cherchait une usine pour produire les boîtes de vitesse de ses futurs véhicules hybrides et électriques. C’est finalement le site Valeo d’Amiens qui a été sélectionné par Mercedes.

En cette période de marasme économique, les projets industriels d’envergure sont rares. Valeo fait donc un peu figure d’exception. Faisant l’objet de discussions depuis plusieurs mois, ce contrat massif avec Mercedes permet au sous-traitant français de sauver son site picard en lui assurant un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros sur dix ans.

Les 900 salariés qui travaillent dans l’usine (sur les 15 500 personnes employés de Valeo en France) voient leur horizon s’éclaircir. D’autant que ce contrat, qui porte sur les boîtes de vitesse des modèles électriques de Mercedes, va permettre à l’usine d’opérer sa transition vers les véhicules propres en accueillant une nouvelle chaîne de montage. « On est tranquille pour une bonne dizaine d’années », explique Rachid Guelfat, délégué CGT de Valeo à Amiens.

Mercedes envisageait de délocaliser en Europe de l’Est

Du côté du président d’Amiens Métropole, Alain Gest, le partenariat avec Mercedes est une bénédiction. « C’est un site industriel historique de la ville et, ce qui fait leur force, c’est leur centre de recherche extrêmement performant. On n’en a pas des tonnes à Amiens, donc on n’hésite pas à soutenir. » L’élu a de quoi pavoiser car la collectivité a été à la manœuvre en finançant la modernisation de l’usine à hauteur d’un million d’euros. Selon France 3, la région et l’État ont participé au financement à hauteur de 7 millions d’euros.

Il y avait urgence, car le site de Valeo, qui a redressé la barre depuis deux ans, commence seulement « à trouver l’équilibre », selon Rachid Guelfat. Sans ce contrat avec Mercedes, Valeo envisageait la fermeture de l’usine d’Amiens. Dans le même temps, le constructeur allemand penchait au départ pour une délocalisation en Europe de l’Est via un sous-traitant allemand qui bénéficie de subventions de l’Union européenne… Dans un tel contexte, comment expliquer le choix de Mercedes ?

Outre son savoir-faire unique, Valeo a empoché le gros lot en profitant d’une « exception ». Le mot est d’Alain Gest. Le président d’Amiens Métropole a en effet reconnu avoir accordé une aide financière sans imposer de conditions au constructeur allemand, notamment en matière d’emploi. Une décision qui a sans doute pesé lourd dans la balance.

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