Comment contactez-vous.com veut disrupter l’immobilier

Christophe Faure, Contactez-nous.com

Il n’a pas froid aux yeux l’entrepreneur lyonnais Christophe Faure, créateur de contactez-vous.com qui annonce ses ambitions pour devenir le n°2 français de la vente immobilière entre particuliers. Après deux levées de fonds axées sur la notoriété de la plateforme, la société ouvre une prise de participation à hauteur de 20% du capital.     

En premier lieu, Christophe Faure, qui êtes-vous ?

Christophe Faure : Je suis issu d’une formation commerciale, à la suite de laquelle j’ai passé six ans et demi à différents postes dans des groupes leaders de la bière. À 29 ans, j’étais célibataire sans enfants, un moment idéal pour se lancer et j’avais la sensation qu’il fallait changer de vie professionnelle. J’ai donc décidé de démissionner pour créer mon agence immobilière et je suis à présent dans ce secteur depuis 16 ans. Il y a eu la création d’une agence, puis deux que j’ai revendues, pour en ouvrir une autre à Lyon. Vers 2017, j’ai eu envie d’investir le marché des particuliers qui représente 30% des transactions.

Et finalement, le temps est passé et je ne l’ai pas fait. C’est l’obligation d’arrêter mon activité avec le confinement de 2020 qui m’a permis de revenir sur cette idée et à m’y consacrer vraiment pendant environ deux ans. La concrétisation s’est faite avec « Contactez-vous », le développement du site, qui est aujourd’hui opérationnel. Nous avons commencé la communication depuis quelques mois et les premiers contacts nous parviennent de la part de personnes qui voient que la proposition est différente et va bien plus loin que le simple dépôt d’annonces.


PAP, de Particulier à Particulier, est le leader historique du marché auquel vous vous attaquez en priorité. Quel est le concept avec lequel vous comptez séduire cette nouvelle clientèle ?

C.F. : Notre plateforme immobilière permet de choisir un forfait approprié pour chaque client, de 39 euros à 599 euros, cette dernière proposition allant jusqu’à la quasi-totalité de l’agence immobilière. Nous avons mis sur pied trois propositions de forfaits, le « One », le forfait « Avantage » et le « Power » dont les détails sont disponibles sur notre site.

Considérez-vous que ce concept n’est pas concurrent des agences classiques ?

C.F. : Non, cela n’a rien à voir avec mon agence immobilière par exemple. D’ailleurs les deux entités sont séparées juridiquement et physiquement et leurs offres respectives très différentiées. Notre but est de prendre de la part de marché et d’aller chasser sur les terres de deux grandes cibles. La première est évidemment celle des ventes de particulier à particulier (PAP.com, Entreparticuliers.com), et la seconde est celle des agences immobilières « low-cost ».

Les professionnels le savent, ces low-cost prennent moins de commissions pour attirer le chaland, mais toujours beaucoup trop par rapport aux services qu’ils proposent. Par exemple, chez l’enseigne « Agence de Papa », les honoraires sont d’environ 3000 euros, mais avec « Contactez-vous », nous proposons autant de services pour 599 euros. Mon avis personnel est que l’agence low-cost est dans un no man’s land, et que ce segment est appelé à disparaître, car il est dans le ventre mou du marché. Le fait de vouloir attirer des personnes qui ont la sensation qu’ils économisent sur la commission n’est pas une valeur suffisante dans le temps. Bien entendu, je ne parle pas des annonces le Bon Coin, car là nous sommes sur une offre quasiment gratuite et non qualifiée, où le particulier se débrouille, mais paie quand même indirectement via des remontées d’annonces.

Avec « Contactez-vous », nous ciblons les personnes qui sont dans la tendance du Do it Yourself. Ces clients potentiels de la plateforme ont plusieurs types de motivation. Ils veulent réaliser des économies, choisir leur prix de vente, le moment des visites. Il y a aussi eu parfois une mauvaise expérience passée. Sans oublier que l’on est en droit d’éprouver une certaine fierté à avoir vendu soi-même. « Contactez-vous » permet d’agir sans intermédiaire, tout en étant accompagné.

Quels sont vos objectifs chiffrés ?

C.F. : L’objectif est de devenir le numéro 2 du secteur de la vente au particulier. Pap. fr réalise environ 20 millions d’euros de chiffre d’affaires, le second acteur d’envergure est entreparticuliers.com. Il n’y a ensuite que de petits acteurs si l’on ex- pas sur le même segment en tant que généraliste. Nous souhaitons parvenir sur la seconde marche du podium d’ici deux à trois ans.

Pour quelle raison vous être lancé une nouvelle fois sur un marché qui reste cyclique, voire aléatoire ?

C.F. : Lorsque je me suis lancée à 29 ans, les planètes étaient alignées, je suis du signe du bélier et dragon de feu ! Pour ceux qui se lancent, il faut bien comprendre que l’immobilier est un bien très spécial. Il s’agit d’une question émotionnelle dans le cœur des Français, le logement a une place particulière, qui doit dégager un sentiment de sécurité pour la famille, se transformer en cocon, surtout en France. Cette valeur refuge est tout aussi importante que l’on soit propriétaire ou locataire. C’est un bien assez spécial dont il faut prendre en compte toutes ses dimensions. À présent, cela fait donc 16 ans que je suis familiarisé aux problématiques des clients et de mes commerciaux, et je trouvais dommage de ne pas interagir sur le marché des particuliers, chaque fois que je vois une annonce mal libellée, j’ai envie d’intervenir. Avec « Contactez-vous », je peux proposer un accélérateur de ventes adapté à cette cible.

Vous avez doté Contactez-vous d’un volet particulièrement innovant, celui de la RSE, quasiment absent dans le monde des transactions immobilières, dites-nous en plus ?

C.F. : Lors du développement de la plate-forme, j’ai cherché à intégrer une solution RSE dans le concept, pour introduire un facteur véritablement différenciant. J’ai travaillé avec un ami, Christophe Labare, le dirigeant de « Generous Connect », spécialiste reconnu de la RSE. Il a mis sur pied un programme qui permet une démarche RSE dont 35 associations vont bénéficier. Seize objectifs précis de développement durable ont été définis sur différentes causes. Cela a été difficile au départ de trouver un système adapté et je n’y serai pas arrivé seul. Il est essentiel de donner de l’épaisseur, une dimension humaine et sociétale à ce projet, il ne s’agit pas simplement de vente et location, il faut aller plus loin. Concrètement, chaque client abonné et donc facturé permet un don défiscalisable entre 6 et 10 euros au bénéfice des associations.

Quelle est votre dernière actualité ?

C.F. : Après la création, nous avons mis en place deux premières levées de fonds de 220 000 euros qui nous ont permis de procéder au lancement de la campagne de notoriété nationale auprès de la presse depuis quelques mois. Nous lançons également la seconde vague, celle de la conquête des abonnements. Sur ce point, nous avons la chance d’être directement épaulés et accompagnés par Google France. En effet, notre projet a été sélectionné pour six mois depuis mi-juin et jusqu’à la fin de l’année. Nous allons bénéficier d’une visibilité web très forte à partir de cet été. Enfin, nous entamons en parallèle la conquête d’une troisième et dernière levée de fonds à hauteur de 200 000 euros en mettant en avant une prise de participation de 20% maximum de notre capital.

Propos recueillis par Anne Florin

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