Les étoiles du sport sont devenues des valeurs sûres pour les pros du marketing avec le sponsoring. Mais ces ambassadeurs ne sont pas que des images, ils sont aussi séduits par des projets et changent de rôle en devenant investisseurs dans des start-ups et PME pleines d’avenir.

Le sport et l’entreprise sont deux mondes qui se sont apprivoisés au fil du temps, tant et si bien que les deux semblent parfois indissolublement liés. Que l’on parle basket, golf, football, tennis, un sportif emblématique a soudainement bénéficié d’une telle aura, et d’un solide sens des affaires, qu’il a mis sa réputation au service d’entreprises et de marques, moyennant finances.

Les 4 mousquetaires et le crocodile Lacoste, Michael Jordan et ses multiples sponsors et actions caritatives, David Beckam dont le meilleur produit est lui-même et sa famille, Tiger Woods, le petit garçon surdoué qui a fait exploser tous les compteurs du sponsoring dans le milieu feutré du golf, ces quelques exemples permettent de comprendre que bénéficier de l’image de ces athlètes admirés constitue un véritable atout sur des cibles plus ou moins larges.

Une image et/ou un actionnaire potentiel

Ces sportifs surdoués ont réussi à créer des business lucratifs sur leur image et prêtent une grande attention aux partenaires avec qui ils travaillent. Ceci est encore plus vrai lorsqu’ils décident d’investir eux-mêmes dans des start-ups.

Les jeunes sociétés sont souvent attirantes. Brevets, nouvelles technologies séduisent largement, mais trouver des investisseurs peut être très compliqué, car les risques sont élevés. Avoir l’opportunité de créer un partenariat avec un athlète apprécié du public est un vrai plus, et lorsqu’il ou elle décide d’aller plus loin, la chance est au rendez-vous.

Les célébrités à ne pas négliger

De 2007 à 2017, 75 célébrités américaines ont investi dans l’économie à hauteur de 4,6 milliards de dollars ! Les stars françaises sont nettement plus timides dans le secteur des affaires. Tout le monde ne peut égaler Ashton Kutcher ou Jared Leto.

Quelques-uns ont quand même franchi le pas, dont Tony Parker et Teddy Riner (voir ci-dessous), Patrick Bruel, le rugbyman Fréderic Michalak ou encore Fabrice Eboué.

Un point commun pour ces investisseurs : ils apprécient de collaborer à des entreprises qui, la plupart du temps, sont proches de leur univers ou de leurs hobbies, sport, cinéma, jeux en ligne… A méditer pour les start-ups qui souhaitent les approcher.

Deux start-ups qui attirent les stars

Tony Parker chez Vogo

La start-up Vogo a lancé un concept innovant, lié au monde du sport. Cette jeune pousse de la sportech, née en 2013, propose un tout nouveau service de diffusion numérique dans les stades et autres lieux de compétitions sportives.

Le client spectateur peut apprécier en direct ou en rediffusion, en vitesse normale ou au ralenti, voire en gros plan, des contenus audiovisuels, pendant l’événement, permettant de voir par exemple une action en cours sous différents aspects grâce aux caméras présentes dans le stade ou sur le parcours.

Quant aux professionnels (arbitre, médecin, journaliste…), ils disposent d’un outil particulier développé spécifiquement pour l’aide à la décision. Pas moins de quatre brevets protègent cette trouvaille et un partenariat vient d’être signé avec Panasonic.

La solution est pour l’instant gratuite pour les spectateurs et les professionnels dans l’enceinte sportive, mais elle est louée aux organisateurs ou clubs pour un événement, plusieurs ou une saison complète.

La rentabilité se doit d’être prochainement au rendez-vous grâce à la toute récente entrée en Bourse qui permettra de se lancer sur de nouveaux marchés, tels que la mode ou les loisirs, sans oublier l’expansion géographique.

Vogo s’est en effet lancé dans une nouvelle aventure, assez fréquente chez ces jeunes sociétés en pleine croissance : l’entrée en Bourse, sur Euronext Growth. En novembre dernier, l’espoir était de lever un peu plus de 11 millions d’euros par augmentation de capital.

Avant même la fin de la souscription, plus de la moitié avait déjà séduit des investisseurs classiques, ainsi qu’une société un peu particulière : Infinity Nine Promotion, ou autrement dit… Tony Parker. Le sportif n’en est pas à son coup d’essai, car il s’intéresse déjà depuis plusieurs années au monde de l’informatique liée au sport.

Pouvoir miser sur un partenaire de ce gabarit, qui n’investit pas par hasard, mais dans un monde proche du sien, est un atout important pour une société, jeune, en demande de visibilité. Ce sportif est apprécié, tant aux Etats-Unis qu’en Europe, et pouvoir tabler sur sa confiance est une carte qui peut s’avérer maîtresse.

Le résultat a dépassé les espérances des deux créateurs de Vogo, Christophe Carniel et Pierre Keiflin, avec 14,2 millions d’euros Teddy Riner, qui, outre ses contrats avec Maroc Telecom et Ford, est un atout de poids pour Stephan Français, à la tête de Thomson Computing.

Christophe Carniel, co-fondateur et Pdg a déclaré « Nous sommes maintenant en ordre de marche pour bâtir un leader mondial des solutions de diffusion live de contenus audiovisuels ». Avec un chiffre d’affaires de 739 000 euros en 2017, déjà doublé en 2018, les dirigeants tablent aujourd’hui sur un objectif de 10 millions en 2020 et 50 millions d’euros en 2023.

• Teddy Riner chez Thomson Computing

La marque Thomson est très connue, mais a bien failli disparaître corps et bien, sans l’intervention de Stéphan Français qui l’a relancée en 2013. Une aventure exigeant courage et détermination, et des business plans bien étudiés. A ce jour, le pari semble très près d’être gagné.

En effet, les notebooks Thomson sont les plus vendus du marché français (chiffres 2017), ils représentent le tiers du marché Notebook sur la gamme de moins de 200 euros. Le lancement actuel d’un produit à moins de 100 euros signe la stratégie de l’entreprise qui table sur des volumes élevés à faible marge.

Un produit idéal pour les étudiants et les micro-entrepreneurs qui peuvent s’équiper ainsi à moindre coût avec un outil efficace. Nouveaux produits, développement international et levée de fonds, voici le trio gagnant de Thomson Consulting.

260% de progression de chiffre d’affaires en 2017, voici qui peut impressionner, tout comme une distribution devenue internationale (Royaume-Uni, Espagne, Portugal, Chine et… les USA). Tous les Français, y compris ceux qui ne s’intéressent pas au judo, connaissent Teddy Riner.

Stéphan Français a rencontré le champion à l’occasion de la levée de fonds de Thomson Computing et l’a séduit jusqu’à le faire participer à l’aventure du « petit Gaulois face aux géants américains et asiatiques ». Ce combat homérique qui ne pouvait que séduire le sportif, lui qui a lutté et remporté des victoires face aux champions japonais.

Il a donc signé un contrat de droit à l’image, mais a tenu à également devenir un investisseur (à hauteur de 8%) afin de participer au futur de l’entreprise. Cerise sur le gâteau, l’entrepreneur est lui-même judoka et Teddy Riner s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, deux personnalités faites pour s’entendre donc.

L’entrepreneuriat est le nouveau tatami du champion qui se passionne pour cette marque française et la relance de la marque. Un atout de poids pour l’entreprise et un nouveau produit qui passionne les deux hommes : le smartphone à 69 euros en 2019.

Ce surnom est souvent accolé au challenger français, avec des ambitions fortement affirmées qui s’appuient sur une belle progression du chiffre d’affaires : 12 millions d’euros en 2015, 60 millions fin 2018, une ambition d’aller jusqu’à… 800 millions d’euros d’ici cinq ans.

Pour y parvenir, une nouvelle levée de fonds sera nécessaire, tout comme l’appui de Teddy Riner.

Changer de regard sur l’entreprise

Qu’il s’agisse du sport ou du domaine artistique, il est pourtant assez rare que les stars françaises s’intéressent au monde des start-ups. Les créateurs d’entreprise à succès attirent plutôt des business angels qui ont déjà une expérience d’entrepreneur.

Lorsque l’on évoque une levée de fonds, les noms de Xavier Niel, Marc Simoncini ou Jacques-Antoine Granjon émergent plutôt que ceux d’artistes connus. Pourtant, aller vers ce type de personnalités est très clairement un avantage pour peu qu’elles désirent investir et s’investir dans le projet.

Et le désir est provoqué par la séduction, en affaires aussi. Il arrive parfois que la chance soit présente. Chanel n’avait ainsi rien demandé à Marilyn Monroe avant qu’elle ne déclare dormir « vêtue » de son seul Chanel n°5.

Idem pour la jeune entreprise Vita Coco qui, lançant son produit eau de coco, voit les ventes s’envoler après que Madonna se soit laissée photographiée buvant cette boisson, devenue l’une de ses favorites.

Sportif ou pas, avoir un partenaire connu, familiarisé à l’esprit de compétition, si proche de celui de la concurrence, est un avantage dont il serait dommage de se priver. Provoquer le contact si le domaine s’y prête est une stratégie parmi d’autres.

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