De grands groupes se sont installés sur le secteur de l’hydrogène, donnant un coup d’accélérateur à un marché sur lequel de nombreuses startups ont décidé également de se lancer, en misant sur l’avenir.

Air Liquide, Michelin, Plastic Omnium et bien d’autres grands groupes français se sont lancés dans le développement d’innovations pour tester et disposer dans un futur proche de nouvelles technologies liées à l’hydrogène. Mais les startups ont aussi et plus que jamais leur mot à dire. Il faut dire que ce gaz coche bien des cases. Il peut ainsi être fabriqué par électrolyse de l’eau, à partir d’éoliennes ou de fermes solaires et éventuellement être stocké avant son utilisation dans des piles à combustible. Les poids-lourds, navires et avions sont déjà en développement et en test, bref tout les feux sont au vert. Sauf qu’il faut parvenir à produire à des coûts compétitifs, et massifier la production pour que la filière puisse enfin s’épanouir.

« Make our planet great again »

Le gouvernement a déjà chiffré son objectif : parvenir en 2030 à une part de marché de la production d’énergie renouvelable de 32%, un objectif inscrit dans la loi. Soit doubler la part de 2016. De nombreuses startups ont décidé de s’engouffrer dans cette brèche verte, elles éclosent dans tous les domaines, souvent grâce à des créateurs d’entreprises convaincus qui se lancent dans des aventures entrepreneuriales telles que Flying whales, Sea Bubbles, Hydrogène de France ou Sylfen.

L’équipementier Symbio mise sur la rapidité

Cette startup part avec des atouts non négligeables puisqu’elle bénéficie de deux associés de prestige, les équipementiers Michelin et Faurecia. Elle fabrique des piles à combustibles intégrées dans des véhicules électriques ou thermiques. Une toute nouvelle usine doit ouvrir cette année, le planning est serré pour faire de Symbio un grand du secteur, les multinationales françaises actionnaires ne sont pas là pour perdre du temps : l’objectif est de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaire d’ici à 2030. Symbio se doit de devenir un équipementier du futur, un leader mondial dans le cadre de la mobilité hydrogène.

L’entreprise a déjà une belle expérience derrière elle, ses produits ayant été intégrés dans des utilitaires, des Kangoo, dans des flottes de camions de la Poste et même dans des pelleteuses pour le BTP. Philippe Rosier est le PDG de Symbio depuis le départ du fondateur Fabio Ferrari il y a un an. Ce dernier a intégré Michelin pour accélérer le développement du secteur hydrogène dans le groupe. Le défi est de parvenir à industrialiser les systèmes hydrogène développés par Symbio pour parvenir à changer de dimension économique. L’homme est un professionnel de l’énergie et des entreprises en croissance. Tout semble pouvoir aller vite et loin pour cette entreprise qui bénéficie d’actionnaires solides.

Changement de dimension pour McPhy

Connaissez-vous Motte-Fanjas ? Sans doute que non, à moins que vous n’ayez déjà arpenté le département de la Drôme du nord au sud. Les pros du marché de l’hydrogène savent en revanche qui est McPhy, un « ancien » de l’hydrogène depuis 2008 et déjà côté en bourse à Paris. Sa centaine de collaborateurs est basée en France, ainsi qu’en Allemagne et en Italie. Son cœur de métier est la fabrication d’électrolyseurs et de stations d’hydrogène pour la mobilité. La production est jusqu’à présent assurée par deux sites (dans la Drôme et en Toscane), mais la demande a modifié les projets : la mode est aux giga-factories, que l’on parle de batteries électriques ou d’hydrogène.

Le grand projet de McPhy est une toute nouvelle usine qui permettra à McPhy d’accompagner ses grands clients industriels dans leurs processus de décarbonation. Cette nouvelle unité d’électrolyseurs devrait être installée à Belfort et va permettre d’obtenir suffisamment d’économies d’échelle pour proposer une offre compétitive en hydrogène vert, condition indispensable pour réellement pousser à la croissance du marché. Le chiffre d’affaire actuel est de 13,7 millions d’euros, mais la progression est rapide, notamment grâce à la récente augmentation de capital qui a créé un matelas de 198 millions d’euros de trésorerie.

Luc Poyer est à la tête du Conseil d’Administration depuis fin juin, en remplacement de Pascal Mauberger devenu Président d’honneur.

Lhyfe, pour un hydrogène propre

Matthieu Guesné n’a pas peur. Le fondateur de la startup nantaise Lhyfe connaît la musique. Ancien directeur du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, le secteur de l’énergie et de l’hydrogène n’ont plus de mystères pour lui. C’est en 2017 qu’il franchit le pas de l’entrepreneuriat car il s’est fixé une mission : rendre l’hydrogène disponible partout, à un prix compétitif et à condition qu’il soit produit de façon écologique. Or chez Lhyfe, l’hydrogène provient de l’énergie éolienne.

Intégrée dans le mouvement French Tech Green 20, la startup est également accompagnée par BpiFrance grâce à l’aspect innovant de la technologie adoptée. Matthieu Guesné est optimiste pour le futur et pense que si seuls les grands groupes pouvaient auparavant avoir suffisamment de moyens pour investir dans ce type d’aventure énergétique, aujourd’hui, les financements existent pour tous et le marché vert et écolo progresse rapidement. L’énergie sera pour lui totalement décentralisée dans les années qui viennent, c’est sa conviction.

Si les projets foisonnent dans la filière hydrogène, encore faudra-t-il passer un cap et savoir quelles sont les filières vraiment intéressantes pour ce type d’énergie. Il semble assez clair aujourd’hui que l’automobile individuelle ne soit pas une option d’avenir contrairement à des transports de type collectif. De même, pour être cohérente, la filière se doit d’être basée sur des énergies propres et non pas fossiles.

E.S.

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