Les groupes français ne sont pas en reste. Avec un marché en légère progression, les groupes rivalisent d’innovations produits et marketing. Une consommation repartie à la hausse et de nouveaux projets en direction du bio et des sucres dits naturels.

Nielsen l’a annoncé, le marché du sucre a augmenté de presque 10% en volume en 2020 ! Un phénomène presque aussi inattendu que la crise sanitaire. En effet, le marché était en berne depuis une dizaine d’années, le sucre, et notamment les sucres cachés, étant accusés de tous les maux. La pandémie aura donc eu un effet salutaire pour les fabricants qui ont vu les ventes s’envoler suite à la redécouverte par les foyers de la pâtisserie maison.

Un trio de choc

Tereos, Cristalco et Saint-Louis, voici les grands sucriers français auxquels il faut ajouter le challenger Merisant pour avoir un tableau complet des parties prenantes à la bataille qui est en train de se mener. En 2020, les parts des 3 grands sont significatives d’un marché concentré et équilibré. Selon Nielsen, Tereos dispose de 22,6% de part de marché, suivi de Cristalco à 21,8% et de Saint-Louis à 17,1%. Pour compléter le tableau, il ne faut pas oublier les marques de distribution et les premiers prix qui représentent à eux deux 23,2% du marché.

Les mains dans la terre

S’il est une chose à ne pas oublier lorsque l’on se penche sur le marché du sucre en France et ailleurs, c’est que l’on est avant tout sur un produit agricole qui fait vivre 25 000 planteurs. Des milliards d’euros, des millions de tonnes, mais avant tout de la betterave cultivée sur le sol français. Le modèle économique du marché reste d’ailleurs celui de la coopérative agricole dans sa majeure partie. Cet élément stratégique explique la politique assez protectionniste menée par les différents pays. Le sucre de canne, produit dans l’hémisphère sud, est en croissance mais encore loin de la source betteravière. Ce produit importé est également cultivé par les agriculteurs des îles françaises d’outremer.

De nouveaux défis

Si la bataille fait rage dans le domaine sucrier, c’est que le marché est plutôt juteux et qu’il a connu un nouveau regain depuis la pandémie. Mais la guerre ne date pas d’hier. Ceux qui s’intéressent au marché savent que le trio de tête s’affronte depuis bien longtemps entre l’ancien Beghin Say et Cristal Union. Il faut dire que les rapprochements sont dangereux, car les soupçons d’ententes sont prompts à surgir. Aujourd’hui, si la concurrence se poursuit, ce sont d’autres défis qui font avancer les sucriers : des emballages moins ou peu polluants, une diversification sur des produits naturels.

L’enjeu est évidemment de répondre aux préoccupations de plus en plus prégnantes des consommateurs sur l’alimentation, notamment les excès de sucre et leurs effets nocifs sur la santé. Le challenge est compliqué : vendre du sucre en sucrant moins ! Les acteurs trouvent des solutions. Ainsi, de nouveaux sucres gélifiants ont vu le jour permettant de moins sucrer les confitures.

Innovations à gogo

Deux segments, celui du sucre de canne et du biologique, ont le vent en poupe et récemment conquis des millions de foyers. Côté RSE, les fabricants font preuve d’innovation en adoptant des emballages éco conçus plus vertueux que le plastique (Daddy passe du sachet plastique à un emballage recyclable composé majoritairement de papier kraft). Le groupe Cristal Union a d’ailleurs annoncé sa résolution de devenir un leader de la décarbonation. Les marques mettent également en avant le travail des agriculteurs français, l’aspect local du produit et son importance dans les zones de culture françaises. Récemment les circuits du e-commerce tout comme ceux du drive ont également connu une belle croissance sur le marché du sucre. Quant aux édulcorants, ils sont loin d’avoir dit leur dernier mot, en particulier les « sucres nutritionnels naturels » comme la Stevia ou de nouveaux venus comme le sucre de fleur de coco bio.

La voie des biocarburants

Les sucriers ont compris l’intérêt à investir dans la production de biocarburants. Face au problème de la jaunisse de la betterave, non résolu pour l’instant, tous les acteurs du marché travaillent à trouver des voies de développement dans d’autres produits et d’autres cultures. La bataille autour du sucre est donc loin d’être terminée !

A.F.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Tapez votre commentaire
Entrez votre nom ici

4 + dix =