3 entreprises sur 4
ont une visibilité de moins de 6 mois sur leur carnet de commandes
9 entreprises sur 10
vont améliorer ou stabiliser leur trésorerie1 entreprise sur 3
envisage d’augmenter ses dépenses d’investissements en 2015Un déficit d'investissement inquiétant
La croissance française devrait accélérer en 2015 à +1,2% et atteindre +1,5% en 2016, après +0,2% en 2014. Le rebond de la consommation des ménages en sera le principal moteur, contribuant à hauteur de 1 point à la croissance du PIB cette année.
Cette demande additionnelle devrait finalement soutenir la croissance des chiffres d’affaires des entreprises : ceux-ci sont attendus en hausse de 2,5% dans l’industrie cette année.
Les entreprises en profitent pour reconstituer leurs marges. Entre la baisse du prix du baril (+0,4 points de marge), le CICE (+0,5points) et le rebond de l’activité, le taux de marge des entreprises non-financières devrait atteindre 31,5% en 2015 ; celui-ci reste en dessous de son pic de 2007 à 33,5% mais pourrait revenir vers sa moyenne de long-terme à 32,7% d’ici 2017.
Malgré une légère hausse des défaillances sur un an à fin avril (+0,5%), certains secteurs comme le commerce de détail connaissent une amélioration (-5,4%). Euler Hermes estime que le nombre de défaillances d’entreprises devrait continuer de se résorber en 2015 (-1%) et 2016 (-3%), toujours à un rythme extrêmement faible (-0,4% en 2014). De plus, ce repli masque la turbulence record en France : la sinistralité resterait au-dessus des 60 000 défaillances jusque fin 2016.
« Après un deuxième semestre 2014 inquiétant pour l’investissement des entreprises (+0%), celui-ci augmenterait de +1% cette année, pour accélérer à +2,6% en 2016, » analyse Ludovic Subran, chef économiste d’Euler Hermes. « Dans un environnement de financement porteur, l’amélioration des chiffres d’affaires et des marges donne ainsi le signe d’un retour de l’investissement. Celui-ci était plus qu’attendu puisque le déficit d’investissement gonflerait à 83 milliards d’euros cette année1. »
La demande reste le problème majeur
La concurrence accrue (33% des entreprises interrogées) et l’absence de débouchés (33%) sont en 2015 les principales difficultés rencontrées par les entreprises françaises, devançant le niveau de marges (23%). La concurrence se fait plus sentir dans les services où 44% des entreprises interrogées la classe comme première difficulté. C’est dans le BTP que le manque de débouchés est le plus prégnant : il est l’obstacle le plus important pour 39% des entreprises interrogées.
En 2015, 46% des entreprises interrogées identifient la pression sur les prix comme le risque principal sur leurs marges ; soit deux fois plus que lors du dernier baromètre investissement, en 2013. Le manque d’activité arrive en deuxième position avec 23% des sondées.
La visibilité s’est dégradée : 76% des entreprises
déclarent avoir moins de 6 mois de visibilité sur leur carnet de commandes, contre 58% dans le baromètre précédent. Pourtant, pour 3 entreprises sur 4 les perspectives de demande domestique ou à l’export sont un déterminant important (ou très important) de l’évolution des dépenses d’investissement, juste derrière le retour sur investissement (86%) et devant le besoin de renouveler les capacités de production (73%), les conditions de financement (47%) ou les aides publiques (19%).Pour les entreprises interrogées, les fondamentaux financiers se sont renforcés, témoignant d’une trésorerie globalement assainie : elles sont 92% en 2015 à déclarer avoir pu stabiliser ou améliorer leur trésorerie cette année, contre 75% en 2013. Elles n’évoquent pas de problèmes de financement particuliers, en ligne avec le faible coût actuel du financement bancaire, et témoignent de délais de paiement plutôt contenus pour 2 entreprises sur 3. Euler Hermes estime que la trésorerie cumulée, disponible dans les trésoreries des grandes entreprises non financières, avoisinerait 250 milliards d’euros en 2015.
Une entreprise sur 3 envisage d'augmenter ses investissements en 2015
Malgré une demande toujours aussi complexe à saisir, les entreprises françaises anticipent un retournement de conjoncture et en témoignent dans leurs velléités d’investissement.
« En 2015, 8 entreprises sur 10 continueront d’investir. Les ETI seront même plus audacieuses : elles investiront pour 93% d’entre-elles, contre 75% pour les PME. Au final, 31% des entreprises envisagent d’augmenter leurs efforts d’investissements par rapport à 2014 », décrypte Frédéric Andrès, économiste France pour Euler Hermes. « Un progrès par rapport à notre dernier baromètre où elles étaient seulement 20% à envisager d’investir davantage. »
Toutefois, la frilosité demeure importante à l’export : 90% des entreprises n’augmenteront pas leurs investissements à l’export cette année. Les 20 milliards d’euros additionnels à capter pour les entreprises françaises à l’export en 2015, dont 9 milliards dus à un euro plus faible, ne seraient donc pas un signal suffisant pour une démarche d’investissement et de conquête de ces marchés à moyen-terme.
Les entreprises privilégiaient en 2013 un investissement plutôt défensif, tourné à 60% vers le renouvellement et la modernisation de leur outil de production. En 2015, 1 entreprise sur 2 cherchera un investissement productif (augmentation des capacités de production, lancement d’une nouvelle activité, et dépenses de R&D). Les secteurs de l’automobile (65% d’investissement offensif) et des services (67%) semblent plus offensifs. A noter, en 2015, les dépenses de R&D ne représenteront toutefois que 0,4% des chiffres d’affaires.
« Beaucoup d’entreprises françaises ne tournent pas à plein et sont capables de répondre à un supplément de demande avec leurs outils existants avant d’enclencher une stratégie plus offensive d’investissement », complète Hubert Leman, membre du comité exécutif d’Euler Hermes France et Directeur des risques. « 3 entreprises sur 4 enregistrent un taux d’utilisation de leurs capacités inférieur à 80%. Une situation qui s’est même dégradée par rapport à notre dernier baromètre, témoignant d’une demande à l’arrêt et d’un véritable enjeu de surcapacités. »
Source : http://www.eulerhermes.fr/mediacenter/actualites/Pages/barometre-investissement-et-tresorerie-2015.aspx