Je n’ai pas le plaisir de connaître Xavier Bertrand ! Une chose est sûre : il a du répondant, l’ancien maire de Saint-Quentin (Aisne). Dans les débats et les émissions, il apparaît même comme l’un des plus redoutables à droite de l’échiquier. Rapide et toujours prêt à contre-attaquer, il donne l’impression d’avoir réponse à tout avec un sens de la formule aiguisé que ne renierait sans doute pas son mentor en politique, Nicolas Sarkozy.

S’opposer à Macron n’est pas un programme

Certes, quand on lit ses interviews dans la presse, c’est plus faiblard. Cela paraît plus banal, moins naturel. Mais dans le contexte actuel, cela semble suffire pour faire de l’actuel président de la région Hauts-de-France l’un des plus sûrs candidats de ce on appelle la droite, d’autant plus que l’autre favori, Francois Baroin, se fait de plus en plus prié pour annoncer son éventuelle candidature. Un attentisme qui tranche avec le volontarisme affiché par l’ancien ministre de la santé et qui commence à sérieusement agacer.

Luc Ferry, par exemple, le philosophe égaré en politique, ne manque pas une occasion pour régler son compte au maire de Troyes en se demandant tout haut ce qu’avait réussi jusque-là en politique l’ancien ministre du budget ?

On pourrait rétorquer la même chose à l’encontre de « son ami Xavier », actuel président du mouvement la Manufacture. Il a certes beau avoir occupé bien des postes dans des ministères (en tout 6 ans, de la santé au travail) ou avoir réussi à se faire élire dans une région difficile, Xavier Bertrand, l’ancien petit agent d’assurance, apparait, pour l’instant, davantage comme un formidable bretteur plutôt qu’en véritable homme d’Etat. Mais ce n’est peut être qu’une apparence.

Certes, notre homme aux formules ciselées sait toucher juste, notamment quand il s’adresse aux Français les plus défavorisés, et c’est une bonne chose. Même si lorsque il évoque le Rassemblement National, Xavier Bertrand semble éprouver du mal à formuler concrètement ses critiques, ce qui reste problématique quand on voit qu’un électeur français sur quatre est prêt à donner sa voix au parti de Madame Le Pen. En outre, ses propositions concrètes pour remettre le pays sur la voie de la prospérité et de la sécurité paraissent quelque peu générales.

Nicolas Sarkozy, un candidat sans égal pour 2022 ?

Que propose-t-il, par exemple, en matière de baisse des dépenses publiques ? de réduction des impôts et des charges ? en matière de contrôle de l’immigration ou en matière de lutte contre l’islamisme radical ? Ce sont des questions importantes sur lesquelles on attend le prochain président. De ce point de vue, Xavier Bertrand a encore le temps de peaufiner son programme.

Qu’il se dépêche néanmoins, car en matière de belles formules et de savoir-faire oratoire, la droite a déjà donné. Et il est difficile par les temps qui courent de trouver mieux qu’un certain Nicolas Sarkozy. D’autant plus que désormais, l’ancien président de la République peut se prévaloir d’une authentique expérience tant au plan intérieur que pour les affaires du monde ! Ce qui n’est pas le cas de Xavier Bernard. Ce n’est donc pas gagné pour notre ambitieux des Hauts-de-France ! À suivre…

Robert Lafont

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