Pas de retraite pour le milliardaire breton, même s’il quittera bien ses responsabilités opérationnelles. Ne nous y trompons pas : à 69 ans, Vincent Bolloré, prendra bien effectivement du champ par rapport à la gestion opérationnelle du groupe qu’il a constitué au fil des années, comme il s’y est engagé et depuis longtemps.

Début 2022, le 17 février précisément (pas de changement à ce niveau-là), ses deux fils prendront bien le relais. Cyrille comme PDG du groupe industriel Bolloré (contrôlé à 64 % par Odet), et Yannick en tant que président du conseil de surveillance de Vivendi (détenu à 27,3 % par la famille).

Mais gare aux généralisation hâtives, la quatorzième fortune du pays, avec plus de 5 milliards d’euros de patrimoine, n’abandonnera pas pour autant toute responsabilité ou prise d’initiative dans le monde des affaires tricolores. Et c’est heureux car nous n’avons pas tant que cela dans l’établissement économique national de capitaines d’industrie audacieux et expérimentés de l’envergure de Vincent Bolloré. Ayant rencontré l’actuel président de Vivendi à son bureau de l’avenue Friedland à Paris il y a deux ans, je me souviens l’avoir entendu me dire : « J’ aimerais bien pour ma retraite pouvoir continuer à m’occuper de certaines affaires… »

Cette phrase n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Alors, aujourd’hui, quand on voit Vincent venir débaptiser le holding de tête Financière de l’Odet en Compagnie de l’Odet, comme il vient de le faire voter lors de la dernière assemblée générale du 26 mai de ce holding discret et décoté, dont le flottant sur Euronext ne dépasse pas les 7,45% du capital, c’est un signe qui ne trompe pas.

Un holding discret certes, mais puissant car portant les participations de la famille bretonne à la fois dans le groupe Bolloré (industrie, fret et distribution) et dans Vivendi. Sans compter la participation de 18% dans Universal Music Group (UMG) qui va être logée non plus dans Vivendi mais directement chez les actionnaires de Vivendi, donc Odet, comme cela vient d’être acté. On se dit que cette Compagnie de l’Odet pourrait jouer à l’avenir un rôle bien plus important que celui de simple holding financier gérant un portefeuille de participations.

On peut faire confiance à « Citizen Bolloré » pour ne pas rester inerte avec un tel outil financier à sa disposition pour pouvoir continuer à jouer les premiers rôles. Il ne sera certes plus opérationnel au niveau des structures. En revanche, rien ne l’empêche de se lancer dans des initiatives d’envergure. La participation dans UMG évaluée à plusieurs milliards, de l’ordre de 7 milliards d’euros, intéresse de nombreux opérateurs mondiaux.

Vincent Bolloré n’aura aucun problème à céder sa participation dans UMG s’il le souhaite, tant les candidats sont nombreux à ce niveau, à commencer par le financier américain, Bill Ackman qui vient déjà de mettre la main sur 10% du capital d’UMG pour quelques 3,5 milliards d’euros. Bolloré aura donc bien les moyens financiers s’il veut continuer à se lancer dans de nouvelles opérations financières d’envergure. Une excellente nouvelle pour le capitalisme et l’économie française qui ont plus que jamais besoin d’animateurs audacieux. Un signe qui ne trompe pas, au mois de mai, le milliardaire breton a continué à se renforcer au capital de Vivendi, comme il l’avait fait déjà les mois précédents, n’hésitant pas à acheter ce mois-ci quelques 56 millions d’euros de titres Vivendi. Cela promet donc pour la suite.

Robert Lafont 

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