Vigen Badalyan, le Co-Président de SoftConstruct poursuit son ascension

De g à d, en haut : Le siège social de SoftConstruct dans les hauteurs de Erevan ; Ani Atabekyan, DGA de SoftConstruct, et, Armand Pinarbasi, le CEO ; Vigen Badalyan et Bertrand Venard, le recteur de l’Université Française en Arménie (UFAR). En bas : Margarita Grigoryan et une partie de son équipe ; Armand Pinarbasi ; Margarita devant le décor de Paris, Final 2022, avec notre envoyé spécial.

Avec son frère Vahe, Vigen Badalyan dirige le groupe familial high-tech présent dans une vingtaine de pays, qui pèse plus du milliard d’euros. Il poursuit son ascension et vient de recruter son nouveau CEO, un Français, Armand Pinarbasi. Avec Vivaro Media et la talentueuse Margarita Grigoryan, il renforce sa présence dans les médias sportifs. Portraits.

Entre deux avions, deux voyages, deux salons internationaux et deux remises de prix, il prend le temps de recevoir dans son immense bureau, situé au dernier étage de son siège social, une ancienne filature de textile. Au rez-de-chaussée, une grande partie des anciens bureaux, qui abritaient ses salons de gaming, sont en pleine transformation. Une partie est dédiée, désormais, aux premières pièces du puzzle qu’il est en train de construire : celui de Vivaro Media.

Sa casquette ne le quitte pas d’un cheveu. Le Petit Prince avait son écharpe, lui, a sa casquette. S’il regarde derrière-lui, en 35 ans, avec son frère, Vahe, il a bâti un empire, qui s’étend, depuis quelques années, au-delà des frontières de l’Arménie. Et dire, qu’ils sont partis de zéro. Tout a commencé lors de l’effondrement général de l’ex-URSS. En chutant, le colosse au pied d’argile a fait se lever de terre une poussière noble et fine d’entrepreneurs en culotte courte. L’ancien satellite de Moscou, l’Arménie, n’y échappe pas et reçoit à la fin des années 80 le go de son épopée entrepreneuriale. Les talents des jeunes Arméniens – de certains, pas tous – se débrident et s’expriment à foison. Leur imagination douée d’une intelligence du terrain hors-du-commun se libère. Les petites graines poussent déjà dans cette terre volcanique très prometteuse. Tous les champs du possible sont cultivés. Leurs idées innovantes, à la seconde, se muent très vite en concepts économiques, en business-plan, en entreprises à succès.

« Avec mon frère et mon père, nous avons commencé à lancer des affaires en 1987. A cette époque, nous avons ouvert une coopérative agricole, Katoghiké. Puis, à 16 ans, mon frère en avait 21, nous vendions des yaourts à l’Université. C’est maman qui les faisait. Mon frère avait commencé ses études de médecine. Nos parents nous ont beaucoup aidé. Mon père nous a ouvert la voie de l’entrepreneuriat. Il nous a montré l’exemple. Il est décédé il y a deux ans. Ma mère vit toujours. Ils ont toujours encouragé nos entreprises. » Puis, ils passent du yaourt…au pétrole ! Comment ? Cela reste un mystère. « Tout est question d’opportunités et de capacités à transformer ces opportunités en business », explique en rigolant Vigen. Leur société s’appelait Petrol Station. Vigen s’en souvient, c’était il y a 31 ans : « Avant, tout était nationalisé, il n’y avait que les stations d’Etat. En 1991, tout s’est libéralisé, les monopoles sont tombés, et, nous avons été les premiers à créer notre société dans ce secteur. Nous avons arrêté les yaourts ».

La galaxie des 2 frères

Vigen serait plutôt le visionnaire-avant-gardiste, doublé d’une casquette de commercial hors-pair, et, Vahe le gestionnaire-financier par excellence, qui aime anticiper. Le 1er est l’homme des idées, du marketing, de la commercialisation, et, le second est celui qui calcule, évalue les risques et les opportunités pris par son frère. L’un serait vendeur-entrepreneur, quand l’autre serait banquier-investisseur. Tous les deux ont un point commun : ils aiment la vitesse, sont innovants et rêvent les yeux grands ouverts en regardant du haut de leur dernier étage et de leurs gigantesques bureaux le Mont Aragats, qui culmine à plus de 4 000 mètres. A son sommet les neiges sont presque toutes éternelles, elles n’ont pas encore fondu au mois de mai où la nature reprend ses droits.

Pour bien appréhendé l’histoire entrepreneuriale, qui pourrait ressembler à une légende, il faut plonger en eaux limpides et profondes de leurs 35 années de vie entrepreneuriale. Les deux frères ont multiplié leurs entreprises et ont sillonné les mers des secteurs d’activité les plus innovants. Tous les deux ont lancé des dizaines de start-ups, autofinancées la plupart du temps. Certaines ont disparu, comme Petrol Station. D’autres sont restées et se sont même renforcées au fil du temps, des investissements et des croissances principalement internes. Comme Fast Credit, cette société de crédit à la consommation, qui s’est ouverte, elle-aussi, après la chute de l’ex-URSS. « Nous l’avons lancé en avril 1994 », se souvient Vigen. A l’époque, les Arméniens manquaient cruellement de liquidités. C’étaient les années de disette en même temps que les années d’opportunités. Les coupures d’eau et d’électricité étaient quotidiennes.

Mais, les deux frères avancent. Ils avancent aux côtés de leurs parents, Romik et Anahit. Leur père est médecin. Et, leur maman est professeur. En 1987-1989, son père crée les fondations juridiques de ce qui deviendra la galaxie Badalyan. La holding familiale, Badalyan Brothers, regroupe, aujourd’hui, l’ensemble de leurs participations et des marques, des sociétés qu’ils détiennent (une trentaine).

Des jeux aux médias, en passant par le soft  

Après la distribution de carburant et l’accès au crédit, les frères lancent plusieurs entreprises dans le gaming, le jeu en ligne, l’édition de softwares et le développement d’applications métiers. Au même moment où explose la bulle internet, en 2000, ils se tournent vers les nouvelles technologies. Ils créent dans un premier temps, Vivaro, en 2003. C’est un opérateur de jeux en ligne, puis, ce sera BetConstruct, un fournisseur d’application web dans le secteur du jeu. Passionnés de sports, ils sponsorisent des clubs de foot, de hockey, etc., en Arménie et à l’étranger. Citons-en quelques-uns, comme le FC Noah, d’Erevan, le FC Paris, l’AS Monaco, l’Equipe Nationale Ukrainienne de Hockey, l’Equipe Nationale Féminine Ukrainienne de Football, etc.

En 2014, ils adressent le marché mondial, avec une nouvelle stratégie et un nouveau nom, celui de Vbet. Ils lancent leur plateforme internationale pour les paris sportifs, le casino en ligne, le casino en direct, le poker, l’e-sport et les autres jeux.

Ils entreprennent, aussi, dans la restauration, en ouvrant la chaîne de restaurant Caucasus Tavern. Puis, ce sera l’hôtellerie, avec Caucasus Hotel. En 2020, les deux frères se diversifient encore, dans l’agriculture. Ils reviennent à leur premier amour. « Nous aimons la terre, ses fruits. Avec Vahe, nous avons lancé ArLeAM, qui produit des abricots et des pommes. Le secteur est très prometteur. Et, il ne concerne pas que l’Arménie. » Vigen n’en dira pas plus. Il fourmille de projets. Avec son frère, ces entrepreneurs du 3.0 sont à la fois agiles, innovants, posés et solides. Ils aiment l’ancien et le nouveau monde. Ils aiment leur terre ancestrale. Ils ont la tête dans les étoiles.

Entré dans une phase de diversification, Vigen veut garder les pieds sur terre. La réussite et la croissance à deux chiffres ne l’ont pas éloigné de sa famille, son bien le plus précieux. Il faut dire qu’avec ses 5 enfants, dont quatre sont nés en France et un à Dubaï, il n’a pas le temps de s’ennuyer. Francophone et francophile, sa grande force, finalement, est de savoir s’entourer.

Margarita Grigoryan, la fée des médias

S’entourer des meilleurs ? C’est ce qu’il semble avoir fait avec Margarita Grigoryan. C’est en tout cas ce que dit sa jeune équipe présente sur le plateau de 500 m2. Un studio flambant neuf sorti de terre, il y a à peine un an. Comme l’explique Tigran Danielyan, « doté des dernières technologies, notre studio a été pensé dès le lancement de l’entreprise, le 25 décembre 2021. Pour ma part, j’avais rejoint l’entreprise en octobre, pour préparer son lancement officiel. » Chargé du marketing et des relations publics, il connaît bien son sujet. Vahe Khanamiryan, le Directeur de la Production, vient d’entrer dans le studio. A eux deux, ils ont près de 40 ans d’expériences dans le secteur des médias audiovisuels. Mais, c’est surtout Margarita, la CEO, qui est la principale locomotive de ce nouveau média consacré au sport. « Je peux dire, que j’ai co-fondé, en quelque sorte Vivaro Media. Car ce métier est tout nouveau pour le groupe. En 6 mois, avec mon équipe composée de près de 200 personnes, aujourd’hui, nous avons lancé nos 3 chaînes. Nous diffusons nos programmes sur nos 3 chaînes 24h/24, 7 jours/7. » Margarita alterne le Français et l’Anglais. Elle a démarré dans les médias il y a 29 ans. Elle en a, aujourd’hui, 46. Elle sait tout faire. « J’ai démarré à la télévision publique, comme journaliste politique », raconte-t-elle. A moins de 30 ans, elle en est devenue la CEO, la plus jeune depuis que la chaîne existe.

Pour autant, elle n’a pas hésité à rejoindre l’aventure médiatique que lui proposait Vigen. Auparavant, ils s’étaient croisés à plusieurs reprises dans le cadre professionnel. Ils se connaissaient assez bien. Pour Margarita, « Vigen a une capacité unique à voir l’avenir, offrant ainsi des solutions, des idées qui nous aident à devenir des leaders, à croire en ces idées et à être les pionniers dans leur mise en œuvre. »

L’ambiance dans ses bureaux est très simple, conviviale et en mode start-up. Les portes s’ouvrent et se ferment, comme dans une véritable ruche. Le studio ? C’est elle qui l’a pensé de A jusqu’à Z. Elle avait, déjà, eu une expérience similaire à la télévision nationale. « Après l’indépendance, il fallait tout faire. J’ai, donc, participé à la reconstruction des studios de la chaîne publique. » La vision reste la marque de fabrique de Vigen Badalyan et de son frère Vahe, qui ont une longueur d’avance. Vigen, le francophile, rêve de créer des partenariats avec Vivendi et le groupe audiovisuel Canal+. Pourquoi pas !

Armand Pinarbasi, le nouveau CEO

A quelques pas des bureaux de Margarita se trouve celui d’Armand Pinarbasi, qui entame son 2è mois en tant que nouveau CEO de SoftConstruct. En 2010, dans un souci de consolidation et de bonne gestion, les deux frères ont regroupé toutes leurs marques liées aux nouvelles technologies dans une société holding d’exploitation, SoftConstruct. Et, les activités se sont multipliées : dans la Blockchain, la Cryptomonnaie, l’IA (Intelligence Artificiel), la RA (Réalité Augmentée), et la RV (Réalité Virtuelle). Bref, la liste des activités de ce conglomérat s’allonge au fur-et-à-mesure que le groupe grandit.

Avant d’intégrer SoftConstruct, Armand était le Directeur-Régional-Associé de Grant-Thornton de Provence-Alpes-Côtes d’Azur en France. « Je suis expert-comptable et commissaire aux comptes, de formation et de métier », explique-t-il. « J’ai dirigé Grant-Thornton Arménie entre 1998 et 2013 ». Pendant 15 ans, il développe les activités de ce cabinet international. Il apprend l’arménien et rencontre à plusieurs reprises Vigen, dans le cadre professionnel. « J’ai intégré SoftConstruct le 2 mai, après 24 années passées dans ce cabinet. » Sa feuille de route ? « Le groupe doublant de taille tous les 4-5 ans, cette forte croissance, justifie ma présence. Les 2 frères fondateurs ont besoin de compléter leurs équipes managériales, avec des dirigeants comme moi. Car notre environnement devient de plus en plus international. Ma feuille de route est d’assurer que tout se passe le mieux du monde. » Son agenda et ses priorités ?

Il s’agit de gérer l’hypercroissance, l’interdépendance, le développement informatique, et, les nouvelles activités liées à la blockchain et à la cryptomonnaie. La galaxie Badalyan s’agrandit et tourne à plein régime. « Les deux frères ont vraiment l’entrepreneuriat dans leurs gènes. », répète Armand. Et, ils ne sont pas près de s’arrêter. « Oui, ça va vite. Oui, ça va très vite. Mais, il n’y a pas de précipitation. », rassure le nouveau CEO.

La tête dans les étoiles ?

C’est certain, les deux frères ont la tête dans les étoiles. Mais, ils ont, aussi, les pieds sur terre. Ils savent vraiment très bien s’entourer. Vigen qui est passionné par les jeux sportifs, la boxe, et, le football, a choisi des étoiles emblématiques comme ambassadeurs pour ses marques (celles de BetConstruct, de FeedConstruct,  Vbet). Il s’agit du champion du monde franco-arménien, Youri Djorkaeff, de l’artiste arménienne Iveta Mukuchyan, et du footballeur international portugais Nuno Gomes. La petite dernière à les rejoindre est la française Laure Boulleau. Elle a quitté le PSG en 2018, et, elle est devenue, cette année, la première ambassadrice de Vbet issue du football féminin français. Puisqu’elle collabore, activement, avec Canal+, elle facilitera, peut-être, l’alignement des planètes des deux galaxies : celle de Vivendi et celle de SoftConstruct. A suivre… Car Vbet est, de nouveau, en train de lancer une expansion globale de ses activités, à travers la franchise, et, la signature de nouvelles licences d’exploitation.

A l’heure où nous bouclons, les équipes de Vigen et de Vahe viennent de nous informer qu’une nouvelle société venait de se créer : FastEx.

Laissons le mot de la fin à Vigen Badalyan, lui-même : « Dans le monde des technologies, le futur s’écrit maintenant. Il y a plus de 15 ans, nous avons lancé avec succès SoftConstruct, l’une des plus grandes sociétés informatiques de la région du Caucase, qui est devenue une solide communauté de plus de 5000 salariés. Et, nous sommes en train de créer un nouvel écosystème à partir de la technologie blockchain. Il a tout le potentiel pour répondre aux besoins mondiaux, tout en restant simple et pratique. Cet écosystème s’appelle FastEx. Il se compose de diverses marques telles que FastToken, FastChain, ftNFT Marketplace, FastPay, FastMeta. Toutes ces marques ont dans leur agenda opérationnel, la crypto-monnaie, le métavers et les capacités de paiement multiples. Nous travaillons et créons avec la vision de mettre notre enthousiasme et notre énergie dans les nouvelles technologies qui visent à faciliter ce que la majorité des générations futures apprécieront le plus. Et, tout en travaillant pour cette vision, FastEx s’engage également à renforcer la transparence et les liens d’appartenance entre les entreprises et les communautés. »

Liens utiles :
www.softconstruct.com
www.vivaromedia.am

Reportage réalisé par notre envoyé spécial Antoine BORDIER

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