Amazon et Leclerc grands gagnants et les petits magasins mis sous l‘éteignoir !

La révolte des petits commerces qui se manifeste dans de nombreuses communes n‘est pas à prendre à la légère. Elle marque une incompréhension : celle de la fermeture administrative de petits magasins déjà exsangues alors que, dans le même temps, les grandes surfaces et les plateformes internet ( Amazon, Mano Mano, Cdiscount,…) peuvent s‘en mettre plein les poches.
Que veut-on ? En venir à asphyxier définitivement toute une partie de notre économie, celle des petits indépendants et commerçants, pour n’avoir plus à faire qu’ aux géants de la distribution et aux chaînes du commerce intégré ? On aurait pu faire preuve d’un peu plus de doigté ou de souplesse. Pensons à la vie dans les villages au passage. Imaginons celle de ceux qui ne disposent pas de voiture !

Au plan plus global , réfléchissons au poids encore accru que vont prendre les centrales d‘achat dans la vie économique ! Un véritable droit de vie et de mort pour de nombreuses Pme, celles qui fournissent ces grandes enseignes et qui n‘auront guère d‘autre choix que de passer sous les fourches caudines de leurs exigences. On a déjà vu les dégâts que ce type de relations commerciales à pu produire dans le secteur agroalimentaire.

Cela n‘est guère raisonnable. Ne vaut-il pas mieux s’évertuer à tout faire pour favoriser la diversité et la pluralité de toutes les formes de distribution. Certains invoquent la proximité trop marquée des gens dans nos rues commerçantes. Ce n’est pas faux, mais est-on sûr qu‘il ne soit pas préférable d‘un point de vue sanitaire aux files même contenues des hypermarchés. Et si tout le monde est d’accord pour vouloir préserver la vie de tout un chacun, Encore faut il que cela ne se fasse au détriment d‘autres catégories, celles des petits commerçants qu‘on est en train d’assassiner. Le journaliste Pascal Praud (RTL et CNEWS) n‘a pas tort de rappeler que ceux qui, sur les plateaux télé, en appellent au confinement généralisé, sont souvent ceux qui peuvent se prévaloir de salaires assurés. L‘argument est facile sauf qu‘ il touche juste !

Certains maires courageux, proches de leurs concitoyens, l‘ont bien compris de leurs côtés. A Fresnay-sur-sarthe, Migennes (89),Béziers (34), Maison-Lafitte (92) ou Yerres (91) , les édiles ont osé braver dès le premier jour du confinement la mesure générale en prenant des arrêtés municipaux autorisant l’ouverture de petits commerces non alimentaires dans leurs communes. A Deauville (14), un magasin d’articles touristiques bravait l’interdiction. Quant à François Hollande, une fois n’est pas coutume, il était même prêt à contenir sa légendaire couardise pour venir soutenir les magasins indépendants, mais à condition qu‘ils soient libraires ! Pourquoi pas, c’est un début… Toutes ces tentatives d’affranchissement sont , on s’en doute , accueillis à bras ouvert par les intéressés. Même s‘il est probable que les préfets n’auront pas trop de mai à faire revenir dans le droit chemin les commerçants récalcitrants.

Le ministre des PME, Alain Griset, en est conscient ! Il n‘est pas trop tard pour le gouvernement de revenir sur l‘interdiction générale et d‘aller vers des autorisations à la carte, par exemple pour les commerces dans toutes les villes de moins de 5000 habitants. Là où il n‘y a pas foule. Ce serait un premier geste. Dans les autres, il serait parfaitement possible d’autoriser en alternance l’ouverture des différentes boutiques, sous la responsabilité des maires, afin de ne pas favoriser les regroupements de population…

Bien entendu, certains magasins comme les librairies ou magasins de mode doivent pouvoir également rouvrir.
Bruno Le Maire s‘est battu pour ces exceptions, pour l’instant en vain même si il en appelle « nos compatriotes à favoriser le commerce de proximité via le clic et collecte « ( sic), ayant du battre en retraite devant l’impératif sanitaire défendu bec et ongles par un Olivier Véran impérieux ! Le ministre de la santé qui n‘a que peu goûté d ’avoir été perquisitionné à son domicile par un juge la semaine précédente. La menace judiciaire qui pèse sur nos politiques n‘est pas propre à leur faire prendre les décisions courageuses…

Alors tout n‘est pas négatif pour autant, Bruno Le Maire, décidément sur tous les fronts, vient d’obtenir que que le remboursement des prêts garantis pas l‘État soient reportés à 2022. Une bonne nouvelle même si, rappelons ici,que les entreprises en difficulté n‘avaient pas accès justement à ces PGE.
Gouverner, c‘est prévoir ! Pas besoin d’être grand clerc pour annoncer que même si la courbe des hospitalisations liées au Covid se met à baisser, celle de ceux qui vont mordre la poussière, déposer le bilan et se mettre à se décourager va, elle, sacrément se développer. Et cela est à prendre en compte !

Il est plus que temps de rétablir l’équilibre en faveur de nos petits commerçants et indépendants. Surtout quand on voit l’américain Amazon continuer à faire ses choux gras sans payer quasi d’impôts ! En attendant, les vins français sont encore taxés aux USA…Défendons d’avantage nos entreprises et nos produits surtout par ces temps de tempête !


Robert Lafont

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