Elisabeth Borne a pour mission de gouverner un pays désormais ingouvernable...(Xinhua/Gao Jing) |

Tribune. Le Jupiter impérator, triomphator, ne l’a été en 2017 que par chance et à cause d’un manque de candidats sérieux. 2022 même manque de candidats dignes de la fonction, les Français qui espéraient voir la vie en rose, broient désormais du noir (54% d’abstention).

Aussi, l’optimus maximus a dû descendre de l’Olympe et se trouve confronté à une nation démobilisée, un gouvernement figé dans un pétrin qui ne pétrit plus, une chambre ingérable, une crise profonde qui traverse, par ailleurs, toutes les démocratie occidentales, un vide sidéral pour ce qui concerne les projets, un manque d’élan, des gens qui voudraient changer de système sans avoir la moindre idée de celui qu’il faudrait mettre en place.

Résultat des Législatives : une chambre introuvable, ingérable, incapable de proposer et de mener à bien un quelconque projet. Une politique des compromis va être tentée, risquant d’aboutir sur des compromissions.

Bien sûr, quelques partis sont heureux, l’un se réjouit d’obtenir un financement qui lui permettra de rembourser ses dettes, un autre d’avoir placé des Troskistes qu’il a peint en vert et pour le reste des adeptes du wokisme, qui remplacent le « Il est interdit d’interdire ». Quant au financement public des partis, il est « sport incontournable »

Abstentions record, oui mais n’aurait-il pas été plus judicieux de poser les bonnes questions ? Comment financer vos promesses alors que la France est endettée au-delà du raisonnable ? Comment entendez-vous rétablir la situation ? Rien de tout cela, à la place, des promesses intenables pour attirer le chaland.

Alors, il faut changer de route :

Dans la France de 1969, l’industrie représentait 26% du PIB. En 2021, moins de 10%. Nous perdons ainsi 400 milliards de PIB chaque année et voyons que l’agriculture suit le même chemin

Pourquoi cette descente ? Simple : nous sommes passés du monde de la production et des ingénieurs à celui de la financiarisation des activités industrielles. Nous sommes devenus dépendants de politiques monétaires qui ne nous appartiennent plus, nous avons jeté aux orties nos outils : création monétaire, politique budgétaire et monétaire . Nous avons accepté le système des changes flottants, celui de la libéralisation de tout et de n’importe quoi.

Le flottement des monnaies a été une erreur monstrueuse, l’augmentation des prélèvements obligatoires, une autre erreur. La politique du Franc fort (1988) a été l’exact contraire ce qu’il aurait fallu faire. Nous avions une monnaie forte alors que l’Allemagne avait une monnaie sous évaluée. Quelle erreur. L’indépendance accordée à la BDF (1993) fut un crime, mais bien sûr elle préparait la BCE.

Depuis 2008, c’est la création monétaire qui dirige la manœuvre, résultat : le taux de croissance du crédit a été 2 fois supérieur au taux de croissance de l’économie réelle. Pendant ce temps, le bilan global du monde a triplé, pour représenter 18 fois le PIB mondial alors que l’investissement productif baissait, chaque année et que la hausse du prix des actifs spéculatifs représentait prés de 80% de l’augmentation du bilan global.

Pourvu que çà dure aurait dit Madame Mère, malheureusement cela ne dure déjà plus. Avons-nous investi ? Non, nous avons uniquement financé les déficits, ainsi que la spéculation augmentant de façon inconsidérée la fossé qui sépare les ultras riches des autres et ce sont les classes moyennes qui subissent le plus gros de cette tempête.

Au lieu de promettre à tort et à travers, promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent, il est nécessaire de redonner vie à l’investissement productif

Il est nécessaire d’établir plus de justice sociale, faute de quoi le système va exploser.

Il est obligatoire de renégocier certains traités : les nations en général et la France en particulier, ont besoin de protections à leurs frontières.

Nos productions coûtent trop chères ? Installons la TVA sociale – toute production entrante devra ainsi financer la protection sociale

L’industrie et l’agriculture doivent redevenir les deux mamelles de la France. La puissance agricole est une notion de survie, la puissance industrielle celle de la force. Il ne peut y avoir de grand pays sans une industrie forte et une balance des paiements pour le moins équilibrée. Il n’y peu y avoir de grande puissance sans une auto suffisance alimentaire.

Pour que la France n’entre pas dans le mur, il faut nous retrousser les manches et nous mettre au travail. Il faut aussi convaincre le monde politique pour qu’il cesse cette recherche de clientèle qu’il ne peut plus trouver. Qu’il évoque la sueur et les larmes qui seules peuvent éviter le sang.

Henri Fouquereau

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