Si Emmanuel Macron s‘est trompé sur un point important de sa politique, c’est bien sur celle du « en même temps“. Notre jeune président aurait mieux fait de chercher à viser un certain esprit de conciliation pour faire passer ses réformes. (La caricature de démocratie avec la « convention citoyenne pour le climat  » en est une parfaite caricature). On aurait peut être ainsi éviter les Gilets jaunes, ou les manifestations actuelles contre le passe sanitaire.


Arriver à faire progresser les esprits dans la bonne direction ; n’est-ce pas ce qu’on attend en premier de nos dirigeants ? C‘est cette démarche que Xavier Fontanet, l’homme qui a fait d’Essilor un géant mondial du verre optique ( avant d’être avalé par l’italien Luxottica parce que nous négligeons de favoriser l’émergence de propriétaires capitalistes d’entreprises ) rappelle comme étant la première mission du manager.


Cet esprit de compromis que notre maire de Paris, Anne Hidalgo, serait bien inspirée de mettre en pratique au lieu de suivre au pied levé les oukases d‘une minorité écologiste idéologue qui veut imposer ses vues à tout le monde.
Dans un monde divers, ouvert et responsable, la notion de conciliation redevient essentielle. Les Suisses l‘ont mis en pratique avec leurs référendums locaux permanents. C‘est la voie à suivre pour la France.


Il y a deux siècles, Talleyrand, qu‘on appelle aussi le « diable boiteux“, en a fait le maître mot de sa politique. L‘homme qui a servi pendant 60 ans tous les régimes successifs, depuis Louis XVI jusqu’à Louis Philippe en passant par la Révolution et Napoléon aura su en faire le principe de tout son pragmatisme. Comme le rappelle le meilleur de ses biographes, l’historien Emmanuel de Waresquiel dans « Tout est calme, seules les imaginations travaillent  » (paru chez Tallandier) , je cite :  » on n‘a pas compris que Talleyrand, qu‘on désignait comme le traître tout trouvé, a essayé de faire en sorte que la machine de l‘État verse le plus doucement possible.

Qu‘il a oeuvré pour sa grandeur une fois passées les crises, mais avec des méthodes et un état d‘esprit hérités de l‘Ancien Régime, parfaitement étrangers aux hommes du XIX e siècle et, ce faisant du XX e siècle. La modération, le compromis, la négociation en lieu et place de l‘affrontement, la temporisation et, au bout du compte, si cela se révèle vraiment nécessaire, le double jeu.“


Une pratique consensuelle de compromis comme nos amis allemands nous en fournissent une illustration permanente en politique comme en négociation sociale. Mais cela ne peut se faire qu’avec des représentants représentatifs, ce qui n‘est ni le cas de nos syndicats, ni de nos partis voire de nos médias. Il faut s‘en doute moins les subventionner et d‘avantage évaluer les réels poids de chacun.


À l‘aube d‘une présidentielle qui s’annonce plus ouverte que jamais, la question est de savoir qui nous fera aller vers une pratique du pouvoir ferme mais ouverte, juste mais représentative, ambitieuse mais équilibrée. Emmanuel Macron, Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, Nicolas Dupont-Aignant, ou un autre ?
On ne réussira rien si on n‘arrive pas à mobiliser une majorité de Français. Cela ne peut se faire que sur des objectifs ambitieux.

Robert Lafont

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