Qui veut investir dans Aguasmart, un système écologique qui peut fournir en eau potable toute la planète ?

Attention aux idées reçues : notre avenir économique ne repose pas seulement sur la seule génération de jeunes diplômés, les créateurs de start-up que l’on appelle communément French Tech. Prenez Jean-Philliipe Compain. Lui, c’est apparement l’économie de grand-papa. Héritier d‘un entrepreneur touche-à-tout et commercial de choc avec les réussites de Washmatic ou Washcar dans les années 70, ce baroudeur au long cours (IDHEC et licence de lettres), a préféré vivre sa vie à 27 ans. Et écumer tous les continents, de l’Afrique à l’Amérique du Sud, Éternel insatisfait, il a fini par devenir un spécialiste de la distribution de l’eau potable. L’enjeu est majeur pour le continent africain mais pas seulement. Avec à peine 2% d’eau au total réellement potable (celle des glaciers ou des sources), tout le reste de l’eau est polluée. D‘ou l’idée d’Aguasmart. Un concept génial à base d’énergie photovoltaïque alimentant une pompe allant chercher l’eau dans le sol, voire dans la mer. Et cela marche. L’idée est dans l’air du temps et peut fournir en eau potable des zones ou des territoires où les géants français de l’eau comme Veolia ou Suez ne vont pas, ou pire ne cherchent même pas à aller.

L’incroyable projet de Jean-Philippe Compain

Selon Compain lui-même, « ces compagnies ne s’intéressent qu’aux gros projets avec des usines à 500 millions d’euros jusqu’à 2 milliards. L’international d’accord mais pas n‘importe où, qu’il ne fasse pas trop chaud. Et puis l’Afrique ou l’Amerique du Sud, c‘est loin. » C’est le constat grinçant que fait ce baroudeur qui n‘a pas sa langue dans sa poche.

Cela en dit long sur notre dynamisme à l’export. Cela devrait intéresser Franck Riester. Mais l’entrepreneur bordelais se veut plus prosaïque. A l’écouter, chacune de ses machines coûte à peine 700 000 euros, mais peut réaliser quelques 2,7 millions d‘euros par an de chiffre d’affaires avec une rentabilité nette de 18%. Qui dit mieux ? Rien qu‘au Kenya, où Compain se rend régulièrement, il peut installer cent machines à Kinshasa, la capitale, une agglomération de 15 millions d’habitants. Ce qui représente un chiffre d’affaires annuel potentiel de 60 millions d’euros avec une  progression de 25% par an à lui seul… Inutile de saisir l’immensité des débouchés alors que de nombreux pays de par le monde s’inquiètent aujourd’hui pour leur approvisionnements en eau potable.

Et que croyez vous qu’il arrivât ? La France malgré son maelström d’organismes de financements n‘a toujours pas trouvé le moyen de lui tendre la main. Pourtant, Aguasmart a bien reçu le label Innovation BPI. Mais on ne vit pas que d’amour et d‘eau fraîche. Ce n’est toujours pas suffisant et Compain, à 71 ans, attend toujours un premier investisseur à 700 000 euros pour pouvoir financer sa première installation. Quelque chose me dit que cela ne devrait plus tarder, surtout après cet article. C’est beau la vie quand on entreprend à cet âge-là sur un projet qui peut sauver la vie d’une part non négligeable de l’humanité, surtout avec la perspective du réchauffement climatique. Je vous le dis : il n’y a pas que les jeunes pousses qui changent le monde. Maintenant, il va y avoir aussi Aguasmart qui va jaillir. Cela coule de source.

Robert LAFONT

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