Accueil Éco La chronique de Robert Lafont Pourquoi Anne Hidalgo devra son élection à la faiblesse du duo Dati-Buzyn

Pourquoi Anne Hidalgo devra son élection à la faiblesse du duo Dati-Buzyn

Les enjeux de l’élection municipale de Paris n’ont pas été posés

Il y a un an, ils étaient peu nombreux à pouvoir prédire sa réélection. Aujourd’hui, sa défaite serait considérée comme une énorme surprise. Malgré nombre de problèmes non résolus (hausse des impôts, endettement, saleté, désorganisation routière, décisions à l’emporte-pièce, départ des classes moyennes, échec d’Autolib, peu d’installation de sièges sociaux., drogue, insécurité, camps de migrants, HLM vétustes et sans isolation….), Madame Hidalgo (qui a récupéré sa double nationalité franco espagnole en 2003) caracole en tête des sondages.

Signe des Dieux, notre confrère de Challenges, Airy Routier, qui avait consacré un livre incendiaire à l’ancienne inspectrice du travail intitulé „Notre-Drame de Paris“ ne s’en est pas remis et n’aura survécu à l’élection. Il est parti juste avant le premier tour. Il faut dire que l’ancienne première adjointe de Bertrand Delanoë (de 2001 à 2014) a progressé en communication et en assurance oratoire. Avec un air distant, réfléchi et faussement souriant, elle donne l’impression, à 61 ans, d’avoir réponse à tout. Une arrogance qui ne n’empêche pas l’autorité. Portée par la vague verte, la démagogie des certaines propositions (comme la priorité d’attribution du logement social aux employés municipaux, ou l’installation, par idéologie, de logements pour SDF en face d’immeubles bourgeois aux confins du bois de Boulogne, et aussi la création de pistes cyclables la veille des élections devant) ne semble n’avoir d’égal que le caractère et le pouvoir de conviction dont elle semble désormais pourvue.

En face d’elle, l’électron libre de Nicolas Sarkozy, Rachida Dati semble n’avoir guère appris, à 54 ans, du passé récent et des déconvenues de son camp. Donnant l’impression d’être toujours à la recherche de polémiques, elle ne semble pas avoir saisi que les électeurs étaient rassasiés de querelles politiques et d’avantage en recherche d’efficacité plus que de débats stériles. Le fait pour cette dernière d’avoir visité personnellement de nombreux quartiers déshérités et cages d’escaliers ne vaut pas programme. Même si c’est à mettre à son actif, cela ne suffit pas à conférer légitimité ou compétence. On aurait aimé des propositions fortes et audacieuses, en liaison avec celles de la présidente de la région, Valérie Pécresse, pour rompre avec le social à tous crins et pouvoir ramener Paris vers plus de sécurité et de prospérité.

Disposer d’une police municipale armée et de voisinage est une bonne chose mais n’est pas suffisant. Le nouveau look, sérieux, cheveux courts et lunettes de l’ex-Garde sceaux ne trompe personne. Disposer d’ un tempérament ne suffit pas à transformer en femme politique d’envergure. Toujours clivante, nombre des électeurs ne comprennent pas qu’ elle n’a pas réussi, même in extremis, à s’accorder avec sa rivale Agnès Buzyn, la candidate LREM semblant partager une grande partie de son programme. Cette absence d’accord entre elles pour le second tour devrait faire le lit de leurs ambitions municipales sauf énorme surprise dimanche. À moins que ne soit le président lui-même, Emmanuel Macron qui n’ait pas voulu d’une telle alliance.

Ce dernier préférant sans doute laisser faire réélire la maire sortante. Retrouver le fauteuil de prestigieux premier magistrat de la capitale de la France et de l’Europe, aurait l’avantage de mettre fin à toute velléité de candidature aux prochaines élections présidentielles. Allez savoir… C’est en tous cas ce que pensent nombre de stratèges électoraux…

Agnes Buzyn a beau martelé : « On est en train de transformer le centre de Paris en parc d’attraction », rien n’y fait. La messe semble dite. Le rouleau compresseur Hidalgo est lancé et rien ne semble pouvoir l’arrêter en chemin. Il faut dire qu’être maire de la capitale vous fournit des moyens et des prébendes
considérables. Demandez à un certain Jacques Chirac. Il y a plus de 53 000 employés et agents municipaux pour administrer la plus belle ville du monde !

Robert Lafont

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