Pour des solutions et réformes autour des lois de la communication politique en France

Se tiennent les élections régionales et départementales, et pourtant quel silence assourdissant sur ces rendez-vous civiques de la France. 47 millions de Français ont été appelés à voter. Or, près de 40 % de Français ne sont pas au courant de la tenue de ces élections et ne se sentent pas vraiment concernés.

Cette année, la communication a été très défaillante : 80 % des Français n’ont même pas reçu les professions de foi, j’en fais partie.

Dimanche dernier, 20 juin 2021 , près de 68 .%  d’abstentionnistes se sont fait entendre, chiffre impressionnant et inédit.
87% des 18 -24 ans n’ont pas jugé bon d’aller voter ce dimanche.

A cette heure des choix, il ne s’agit pas d’ignorer ou de polémiquer, il s’agit en premier lieu, de placer les Français devant leurs responsabilités citoyennes, face à un nécessaire réveil démocratique. De pousser un coup de gueule, comme on dit : Votez, c’est un ardente obligation.
Il s’agit en second lieu de proposer des réponses .
Première solution :
des efforts purement pédagogiques doivent  être repensés, renouvelés et largement diffusés.
En effet, pour ce qui est des Conseils généraux, devenus Conseils départementaux, des réformes complexes ont déjà eu lieu mais ces instances restent ignorées.
Le vote de dimanche dernier montre que les compétences des régions et des départements sont très mal connues des Françaises et des Français. Cette abstention démontre aussi que leur rôle essentiel dans le fonctionnement démocratique décentralisé, est également méconnu. Combien de Français connaissent le rôle des régions ? Qui l’a expliqué ?

Deuxième solution :
Après la place nécessaire à l’information et à la pédagogie,  la deuxième piste à concrétiser d’urgence, c’est un changement dans les règles désuètes et obsolètes de la communication politique. Dans une société aujourd’hui trop désorientée, il est nécessaire de faire place à la motivation et place à la communication politique.

En 2021, où en sont les minima d’informations et des campagnes de communication autorisées par la loi?
Alors qu’en Europe ont eu lieu de nombreux assouplissements des règles de communication politique, en France les règles sont toujours drastiques. Nous sommes les seuls à toujours museler la communication politique.

La communication politique n’est pas une science abstraite. Elle est en prise directe avec la réalité. Elle s’affiche. Elle interpelle. Elle interroge. Elle a vocation à anticiper, à alerter, à faire comprendre, et surtout à rappeler les rendez-vous électoraux.

On vote aujourd’hui ? Qui en parle ? A quoi servent ces élections ? Quels en sont les enjeux? Quel impact sur la vie de nos concitoyens?

En France, nous sommes passés d’une extrême à l’autre, en termes de législation, pour tout ce qui concerne la publicité politique.
On en mesure à chaque scrutin les désastres.

La communication politique a un rôle majeur à jouer. Elle peut répondre aussi à l’indifférence. Elle peut contrecarrer les propos de « café du commerce »: « à quoi bon aller voter en pleine crise économique, d’autant plus grave que la Covid-19 a été une période douloureuse psychologiquement et économiquement parlant ? »

C’est pourquoi il est impératif d’alerter sur la carence informationnelle et communicationnelle des élections cantonales ou régionales et présidentielles .
Les interdits de communication politique sont trop excessifs et pénalisants.

En conclusion, les résultats du 20 juin signent une inconscience démocratique des Français, certes mais aussi un rejet ample du politique dans son ensemble.

Si on laisse la place à cette désaffection du peuple de France pour sa démocratie, alors il ne faudra pas s’étonner que n’importe quelle solution extrémiste puisse s’installer dans le pays.

J’appelle à une vaste campagne de sensibilisation à la chose publique, campagne de comportement civique, pour que survive la démocratie, pour inscrire la France dans l’avenir d’une meilleure cohésion sociale.
J’appelle à changer les lois de communication politique.
J’appelle à les moderniser pour vivre avec son temps.
J’appelle à ce que les 68 % d’abstentionnistes soient entendus.

Ghyslaine Pierrat
Spin doctor
Docteur en communication politique et politique
Auteur de 3 ouvrages dont
« La communication n’est pas un jeu » ,
« Macron et les autres »,
« Quels sont les acteurs et les influenceurs de la vie politique française « ,
Aux éditions de l’Harmattan -Paris

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