Tribune. La contestation du réel poursuit son cheminement en hordes dispersées. Après Napoleon, Colbert, de Gaulle, l’Archange Saint-Michel, le langage, dont les verbes et les noms communs, vient le tour des pronoms devenus adjectifs et maintenant prénoms.

Ainsi le pronom-prénom « Iel ». Il fallait y penser. Il ne suffit donc pas d’être un  idiot, il importe aussi de le faire savoir.

Oh Iel ! Et il y a des journalistes pour s’intéresser à ces foutaises, des rédacteurs de dictionnaires pour entériner ces Ubuteries (Père Ubu, I presume. Oh Iel!) , des locuteurs pour loqueter, et donc des loqueteux pour locuter, des clochards pour clocher, des imbéciles baissant les cils devant la splendeur de ces bêtises! Bah, tant qu’on y est, Madame Yade ne fait pas pire qu’ Hollande ou que Micron : elle détruit. Marguerite Duras avait écrit un opuscule ridicule pour groupuscule nommé : « Détruire dit-elle! ».

Il n’y a même plus besoin de le dire tant la cruche à l’eau va sans maudire, et sans verbe mais vite, saccager tout ce qui tient encore debout. Le verbe est dans le fruit, sans aucun doute, et nos hardis pionniers du rien qui purifie feraient bien de s’apercevoir qu’à ce compte là, le conte va s’achever d’un pays qui fut grand et d’une civilisation qui s’éteint. Oh Iel !  A qui profite ce crime ? 

Le seul scandale prétendu dont s’émeuvent nos hypocrites pleureurs, c’est le soi-disant populisme des Zemmour, Marine Le Pen et autres diseurs de vérité, si seuls, si méprisés par l’arrogance des beaux quartiers de la gauche dévastée ! Quant à elle, ses cris mensongers emplissent l’air du parfum répugnant de son imposture répétée. 

Les anti-fascistes auto-proclamés, membres de l’AAAAA, association amicale des andouilles authentiques à l’ancienne, battant le pavé de leurs pieds sales, au nom de leur réprobation de toute vérité utile, n’y pouvant rien changer, derrière le tohu-bohu de leurs clameurs indignées, ces contrefacteurs assistent impuissants mais bruyants au retour fatidique de la vérité : le peuple ne croit donc plus à leur discours. Désemparés, ils appellent « populisme » tout ce qui les démasque aux yeux des électeurs. Ah l’électeur, ce crucifié de leur verbiage insane, cruciverbié en somme !

Une des satisfactions (rares) que l’on peut trouver cependant au spectacle rabat-joie que nous offrent avec obstination ces donneurs de leçons et faiseurs de morale, tenants institutionnels des partis officiels, gauche chic et fausse droite unies, adeptes de la soupe à toute heure, c’est que l’un après l’autre leurs vedettes sont rattrapées par leurs manies déshonnêtes. La fausseté de leur morale est révélée au grand jour. Ô tartuffes pris la main dans le sac, tel celui qui jugeait du monde et de la constitutionnalité des comportements des « populistes » précisément, avec la moue dédaigneuse de qui se croit supérieur par essence et par pensée, et se voit convaincu de sodomie pédérastique sur la personne d’un neveu à peine pubère ! A trop dire la morale, celle-ci peut se retourner contre celui qui la manie.

Dans un petit livre révélateur et sagace, « Edition et sédition », l’historien américain Robert Darnton a mis en relief que c’est la révélation (vraie ou fausse) de ses moeurs débridées qui entraîna la disgrâce de l’Ancien Régime, plus que la lecture des encyclopédistes.

Modérez vos anathèmes et évitez de donner des leçons, la campagne sera longue…

Le « Paradoxe du comédien », tel que l’a décrit avec précision et malice Denis Diderot, tient moins au fait qu’il s’identifie au personnage qu’il incarne, qu’il est capable aussi d’en ressentir les passions avec sincérité comme si c’étaient les siennes. C’est peut-être ce qui arrive à nos censeurs. Imbus d’eux-mêmes, comme enivrés par la tisane de leurs mensonges, ainsi que le derviche hachichin (d’où nous vient le mot assassin), encore nommé tourneur ou toupie humaine, les tenants stipendiés du politiquement correct s’apprêtent une nouvelle fois à prononcer leurs oracles pour tenter de disqualifier  tel candidat (ou candidate) qui n’a pas leur faveur. 

Que dire d’une telle pitrerie sachant d’où elle provient ! Sans doute rien… Rire peut-être. Oh Iel !

Jean-François Marchi

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