Tribune. Protégés par l’Etat, épaulés par un protectionnisme inscrit dans nos gènes par nos siècles d’histoire pendant lesquels : « l’Etat c’est moi », celui qui gouvernait, qui protégeait, mais aussi qui pouvait appauvrir, où partir à la conquête de la richesse des autres qu’il prenait à la pointe de l’épée, nous étions adeptes de l’Etat protecteur.

Seulement le monde change, de la tribu obligée de s’entendre pour se proteger, nous sommes allés vers un protectionnisme, qui a engendré la solidarité entre les membres de la tribu, puis le tout marché est arrivé favorisant le mondialisme qui détache des nations et qui a génèré un égoïsme pourtant habituellement éloigné et des inégalités.

Gaule, puis l’empire gallo-romain, les Francs qui se sont mélangés aux Gaulois plus qu’aux gallo-romains. A chaque stade, il a fallu s’adapter, avec toujours ce sentiment de se séparer de quelque chose d’essentiel et en traînant les pieds

Aprés les tribus et les territoires aléatoires, l’Etat nation est apparu au 17è siècle avec les traités de Westphalie. Ils ont établi un nouvel ordre mondial, qui mis un terme à la notion d’Empire. Un, système international est né.

Enorme mutation, l’Etat nation devient le socle du droit international, mettant, sur le papier, un terme à la loi du plus fort. Aucune autorité n’est désormais supérieure aux autres, chaque Etat est maître sur son territoire et ne doit s’immiscer dans les affaires des autres. Chaque Etat promeut sa religion au sein de son territoire et les Etats ont l’obligation de s’allier pour empêcher la montée en puissance d’un autre Etat – C’est la fin pour tout territoire  ambitieux de devenir LA superpuissance.

Ce monde façonné par Richelieu, puis Mazarin et d’autres perdurera jusqu’en 1944 date à laquelle les accords de Bretton-Woods feront des USA, à l’inverse de ce qu’avaient décidé le système Wesphalien, la super puissance mondiale. Sa monnaie nationale, gérée par des autorités nationales à des fins nationales devint contre toute justice, l’étalon monétaire international. Sa culture, s’impose au monde occidental. En face de cette puissance se tricotera un autre Empire : l’URSS, la montée en puissance de deux supers Etats pendant des décennies, donnera lieu à la guerre froide, émaillée de conflits armés entre Etats des deux blocs, jusqu’à la chute du mûr de Berlin.

Le libéralisme a gagné mais un état libéral sans concurrence n’est pas tenable, aussitôt une autre idéologie voit le jour : celle de la globalisation qui impose l’abaissement des frontières, la jouissance sans entrave, la concurrence libre et non faussée et qui efface peu à peu toutes les conquêtes sociales.

L’économie prend le pas dans tous domaines, se lie à la finance, et deviennent toutes deux spéculatives ; économie casino, finance en folie, la gouvernance d’entreprise prend le pas sur la gouvernance tout court, mais c’est l’actionnaire qui donne le La

Naissent alors des multinationales, des banques mondiales qui désormais exigent du monde politique, la baisse des impôts, des taxes, et autres frais de douane, laissant les Etats actuels s’endetter et aux générations à venir la charge de rembourser les dettes. Les Chefs d’Etat servent alors de représentants de commerce, sortes d’hommes sandwichs, et malgré ce qu’avait refusé le Général de Gaulle, les Etats sont désormais gouvernés à partir de la corbeille.

La France, une et indivisible, Etat qui a su, grâce au génie d’une Constitution, faire de son Président, un monarque reconnu et dominant, a malheureusement cassé sa constitution installant le Président au rang de Chef de parti.

Le perpétuel combat entre les différents groupes, n’a pas permis à la France de se préparer pour entrer dans cette nouvelle société au sein de laquelle concurrence libre et non faussée allait dominer et où le consommateur devait remplacer le citoyen.

Le commerce qui n’a jamais été notre valeur suprême domine alors que l’intendance qui suivait précède et que c’est l’Etat qui suit désormais.

Nous avions sublimé l’ENA, installé ses élèves aux plus hauts postes administratifs elle était sensée faire entrer l’Etat dans l’ère du Plan à la française, alors qu’elle était suite à sa nature oligarchique acquise au mondialisme.

A l’inverse nous n’avons JAMAIS ou presque installé d’écoles de vente, où le besoin et le désir devaient être enseignés. Nous oublions ainsi souvent la recherche de potentiel chez le prospects. La distribution de commissions n’est qu’un palliatif au manque de « savoir vendre » ce qui nous fait trop souvent condamner

Nous avons ainsi perdu la moitié de nos parts dans le marché mondial alors qu’il fallait innover, répondre aux besoins, aux désirs et être « placés » au point de vu des prix afin de conserver nos acquis, savoir faire, maîtrise des arts et la transmission de ces derniers à des jeunes. A cause de ces erreurs, les plus doués de nos jeunes partent aujourd’hui à l’étranger.

La France pourtant terre nourricière importe désormais 40% de ses fruits et légumes, son industrie est tombée de 24 à moins de 10% du PIB. Sa souveraineté a été délocalisée, un peu à la bourse de New-York, beaucoup à celle de Francfort sur le Main, une partie à Bruxelles, avec un regard vers la Chine et ses routes de la soie qu’on laisse nous encercler, pour mieux nous envahir avec ses productions

Le peuple souverain fait ses courses dans de grandes surfaces qui lui vendent des produits exotiques, l’argent coule à flot en direction de sociétés dont les comptes en, banque sont installés dans des paradis fiscaux, La nation n’appartient plus au peuple mais à des actionnaires apatrides.

L’épargne devenue non productive, est à des niveaux jamais atteints alors que plus de la moitié des Français ne peuvent joindre les deux bouts. Les inégalités dépassent le supportable, puisque ces dernières font aussi baisser le taux de la consommation

Plutôt que d’agir, nos compatriotes baissent les bras, s’abstiennent lors des votes, acceptent beaucoup trop et ne posent jamais la question de savoir pourquoi le principal a été bradé, c’est à dire la production pourtant essentielle au maintien du niveau de vie ; Sauf que ce peuple est terrible lorsqu’il se met en colère

France : le pays le plus taxé du monde- Pourquoi pas, mais à condition que ces prélèvements servent l’intérêt général : alors se pose la question : vers qui servent -elles ? celui qui décide la taxe, la déclaration des droits de l’homme et du citoyen impose que tous les citoyens ont le droit de constater par eux mêmes ou leurs représentants la nécessité de la dépense publique, il y a longtemps qu’il ne s’agit plus que d’un entre soi ou le Pouvoir décide seul, sans prévenir personne, sans demander à quiconque pour une seule raison : La recherche de clientèle, par le candidat pour se faire ré élire, fait que la vérité est dissimulée. Comment avouer  que la taxe ne sert jamais à l’investissement, mais à boucher les trous, que la recherche de clientèle génère. Qui a été averti du futur budget de l’Ue décidé et ratifié en catimini par NOTRE Parlement en décembre dernier ?

A force de nous en remettre à d’autres, la France a perdu sa place, une partie de sa puissance et aliéné une grande partie de sa souveraineté. Le résultat, inféodation et défense des intérêts des autres, la politique a laissé sa place à l’économie, qui souvent est l’économie des autres

Il y a donc nécessité d’inverser cette hiérarchie et de replacer le politique sur la plus haute marche du podium

Autre priorité : les prix. Sur les marchés internationaux, sur le marché européen, comme sur le marché interne, nos prix sont trop élevés de prés d’un tiers.

La faute en incombe d’abord à ceux qui ont mené une politique du Franc fort afin de faire plier le Deutsh mark, ensuite aux partisans de l’euro qui a sous évalué la monnaie allemande et surévalué la monnaie française : Nous avons perdu entre 25% d’un coté plus de 40% de l’autre. Pour échapper au massacre, nombre de nos productions se réalisent en zone dollar.

Pour le reste nous avons perdu l’essentiel de nos parts de marché dans la zone euro. Charges sociales, principes de précaution, non investissements, taxes, impôts, n’oublions pas que nos grosses entreprises installent souvent leurs sièges sociaux en territoire étrangers. Ces affaires entraînent un chômage de masse qu’il faut financer, d’où ce besoin de recettes supplémentaires alors que la politique mondialiste va dans le sens contraire.

Alors que faire : Traitons du coût de la protection sociale. Ne serait-il pas judicieux d’agir sur son mode de financement presque entièrement assumé par le monde du travail. Enorme charge qui augmente nos coûts de production.

L’affaire n’est pas facile à résoudre si nous ne prenons pas le temps de nous pencher sur elle, car il faut d’un coté absolument préserver notre protection sociale à la française qui a fait reculer les angoisses ancestrales, celles de la faim, de la soif, de la maladie non soignée et de la vieillesse non assurée. D’un autre coté nous devons protéger nos prix de production

C’est donc uniquement sur le mode de financement de la protection sociale que l’on peut agir : L’ancien mode de calcul est devenu contre productif : la retraites par ex, l’espérance de vie a augmenté de plus de 20 ans et le temps de travail a été divisé par plus de deux, ces changements font augmenter le coût du travail de 80% et celui des production de 25%.

Regardons les choses : le coût de la protection sociale pénalise l’entreprise alors qu’en définitive, c’est le consommateur qui reste le payeur en dernier ressort, par contre le chef d’entreprise doit inclus ces charges dans le prix de vente

Il serait donc raisonnable de supprimer un échelon, en faisant passer directement le financement de la protection sociale du monde du travail à celui de la consommation,

Un Chef d’entreprise aujourd’hui prête l’argent aux URSSAF puis le récolte auprès des consommateurs – cycle idiot, compliqué,  qui freine nos entreprises

De plus l’exportateur fait régler par le consommateur étranger une partie de la protection sociale des Français. Bien évidemment ce consommateur trouve la note trop salée et achète ailleurs. Par contre, la production étrangère étant moins chère, nous sommes envahis de produits exotiques qui, eux, ne participent pas au financement de notre protection sociale alors que soumis à la TVA, ils participent au bouchage des trous dans le budget.

La solution ? Elle est simple : remplacer la cotisation sociale par une TVA sociale

Déclarons le tout net : cela ne modifierait en rien le mode de perception, ni la répartition des prélèvements, il s’agit de débarrasser l’entreprise de cette ponction et d’élargir l’assiette des prélèvements à tout ce qui génère du chiffre d’affaires

D’abord l’application de ce suystème diminue le coût du travail de 70%, celui du coût de la production de 25%

L’entreprise ne verse rien d’avance et ne reverse la TVA sociale que lorsque l’acheteur a payé son acquisition

Notre système est appliqué à tous les produits en provenance de l’étranger

Nous entrons ainsi dans un système ou la concurrence est libre et nettement moins faussée

La TVA sociale n’est pas obligatoirement impoosée aux productions françaises à destination de l’étranger, qui deviennent ainsi nettement plus compétitives

Et puis nous « égalisons » la justice, en effet ACTUELLEMENT SEUL LE MONDE DU TRAVAIL REGLE LA PROTECTION SOCIALE (22 millions de personnes) alors que 66 millions de personnes sur le territoire en bénéficient

Un exemple pour les prix

On produit un cahier, fabriqué par des Français : le prix de revient est composé de 24% de charges sociales

Le même cahier fabriqué par un robot comprend 1% de charges sociales

Le même cahier fabriqué dans un pays en voie de développement ne comprend aucun pourcentage de charges sociales –

ON FAIT COMMENT POUR CONTINUER A FAIRE PRODUIRE PAR UN OUVRIER FRANCAIS ?

Effaçons tout de suite le problème européen : en effet si l’art 33 de la 6è directive communautaire énonçait que les droits et taxes ayant caractère de taxes dur le chiffre d’affaires sont interdits, le 27 novembre 1987 la cour de justice des communautés européennes de Luxembourg a rejeté cette objection

TVA Sociale et l’OMC

L’OMC ne s’étant jamais inquiètée du problème social, elle ne l’a donc jamais pris en compte

Dans un monde sans frontière, ce n’est plus au travail de financier la protection sociale mais au monde de la consommation

Autre sujet qui devra être abordé : ce capitalisme sans capital dénoncé par Loïc Le Floch Prigent dans le journal ENTREPRENDRE – il est impératif de remettre la « rente » au service du monde de la production

Henri Fouquereau

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