Dans la petite ville d’Ancenis, 8 000 habitants en Loire-Atlantique à 50 km de Nantes : heureusement qu’il y a Manitou. L’entreprise familiale devenue championne du matériel de manutention dans le monde fait vivre quelques 4 400 salariés.

Heureusement qu’en 1958, un certain Marcel Braud, le fondateur de l’entreprise, s’est mis en tête de concevoir et commercialiser le premier chariot élévateur. Bien lui en a pris, 64 ans après, la petite affaire restée dans la famille est devenue un géant mondial du matériel de manutention, leader mondial du chariot élévateur, avec un chiffre d’affaires de 1,7 milliards d’euros dont, c’est assez remarquable, 80 % réalisé à l’international. Une ETI modèle dirigée par Michel Denis, le prototype même de ces affaires industrielles familiales dont nous avions tant besoin dans nos territoires et que notre fiscalité (impôts de production, impôts de succession, ou ISF) s’évertue à massacrer ces trente dernières d’années. Où sont passées à ce sujet les Moulinex , Poclain, Berliet ou les fameuses bennes Marrel ?

Dans cette bataille industrielle sans merci où l’esprit de conquête est essentiel, Manitou pourrait servir de porte-étendard avec quelques autres comme Radiall, Gys, Latécoère, Parrot, Altrad, Groupe Muller, Eno ou Haemmerlin, le roi des brouettes made in France. En 2008, Manitou a été obligé de négocier un plan de 329 départs volontaires pour pouvoir mieux rebondir ensuite avec un ambitieux plan d’investissement de 465 millions d’euros dont près de 86 millions d’euros consacrés à la modernisation des cinq sites industriels situés dans l’Hexagone.

Les nouveaux modèles connectés électriques et hybrides font actuellement un tabac et Manitou bat son record historique de prises de commandes sur un trimestre. L’industrie a de l’avenir dans notre pays. Et Manitou est l’exemple type de ces entreprises familiales restées indépendantes (toujours détenue a 64,5% par la famille Braud-Himsworth) sur lesquelles il faut désormais s’appuyer si l’on veut maintenir la vitalité de nos territoires et aussi redresser notre balance commerciale. Il n’y a pas que les start-up. Vive l’industrie !

Robert Lafont

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