Maison Martin-Pouret, un savoir-faire français ancestral

Il arrive que de belles marques françaises ancestrales disparaissent. Ce ne sera heureusement pas le cas de la Maison Martin-Pouret, spécialiste du vinaigre d’Orléans. David Matheron et Paul-Olivier Claudepierre ont décidé de reprendre le flambeau avec de belles ambitions.

75 000 entreprises sont mises en vente chaque année en France, dont 45 000 sont des TPE. La Maison Martin-Pouret est l’une de ces dernières. Jean-François Martin a certainement eu le cœur serré en mettant en vente une entreprise qui était dans sa famille depuis 1797. Mais la nouvelle génération a choisi d’autres voies d’épanouissement professionnel et le sexagénaire s’est donc mis en quête de repreneurs qui puissent se passionner pour la marque et le savoir-faire unique de la société.

Un cas d’école en matière de succession

30 000 entreprises disparaissent chaque année, faute de trouver un ou des acheteurs, entraînant de fait la destruction de 37 000 emplois selon les chiffres officiels du ministère de l’Economie. La douzaine d’employés de Martin-Pouret ne sera pas dans ce cas. A 62 ans, Jean-François Martin n’était pas dans l’urgence de la vente, mais en matière de succession, lorsque des repreneurs sérieux se présentent, il convient de ne pas trop tergiverser. 

Un produit moyenâgeux

On ne connaît pas la date exacte de la création du vinaigre d’Orléans, mais on en trouve des mentions dès les années 1400. Et c’est en 1594 que les échevins d’Orléans rédigent une charte de 18 articles afin de protéger son process et sa qualité. A la fin du XIXe siècle, on comptait plus de 70 vinaigriers dans cette bonne ville, qui ont peu à peu tous disparu. 

Une reprise promptement menée

Les premiers contacts lui ont permis de s’assurer que David Matheron et Paul Olivier Claudepierre, les deux associés candidats à la reprise, étaient tous deux des passionnés de gastronomie, condition sine qua non (leur nouvelle société se nomme d’ailleurs « Compagnie des Gourmets »). Ils présentaient également des garanties de par leur expérience et un dossier solidement construit. Lors de leur démarche, ils se sont faits accompagner par une société de conseil, Transversale Conseil qui a identifié pour eux un certain nombre d’entreprises et suivi les négociations jusqu’à la finalisation du rachat.

La moutarde aussi

La marque propose également des moutardes d’Orléans, faites à partir de graines françaises du Val-de-Loire broyées à la meule de pierre, du sel et du vinaigre d’Orléans. Le métier de vinaigrier-moutardier fut homologué en 1580. A noter que cette culture de graines de moutarde avait disparu en France.

La concrétisation d’un désir d’indépendance

Aucun des deux repreneurs ne gérait d’entreprise auparavant, les deux hommes étaient salariés. Leur expérience est cependant idéale pour une TPE telle que Martin-Pouret. David Matheron est un expert de la gestion et de l’audit, passé par plusieurs entreprises, PSA et DCNS entre autres. Paul-Olivier Claudepierre est un spécialiste du commerce international et du marketing dans le secteur de l’agro-alimentaire. Tous deux sont diplômés de l’ESSEC et réalisent ainsi un rêve. Orléans devient donc leur nouvelle destination après les régions parisienne et nancéenne. 

Un produit unique en son genre

Si la marque est connue des gastronomes et des bonnes tables, c’est parce qu’elle dispose d’un type de fabrication artisanale en fût de chêne typique, selon la tradition du procédé d’Orléans. Ce vinaigre de vin (français) est fermenté de façon naturelle, sans brassage ni rajout de ferments pendant trois semaines. Enfermé dans des fûts de 240 litres, il va rester à une température constante de 30°C avec un vieillissement d’au moins d’un an. La Maison Martin-Pouret est d’ailleurs la dernière vinaigrerie française à fabriquer selon ce procédé. Historiquement, on retrouvait cette méthode dans le Loiret, mais elle était également utilisée dans la Meuse.

French Cornichon

Les cornichons français ont subi des pertes énormes face à la concurrence internationale, notamment en provenance des Pays de l’Est. Là encore, l’entreprise Martin-Pouret a joué un rôle important en relançant la production locale. Une audace qui paie, car de plus en plus de clients sont intéressés par cette démarche, y compris en grande distribution.

De grandes ambitions

La société Martin-Pouret est désormais en croissance : +10 % en 2018. Les nouveaux dirigeants, David Matheron, président et Paul-Olivier Claudepierre, directeur général, souhaitent non seulement mieux faire connaître ce produit en France, mais aussi développer fortement l’international. L’élargissement de la gamme est également au programme, toujours en gardant l’authenticité qui règne en maître dans l’entreprise. Si tout cela fonctionne selon leur business plan, les résultats devraient doubler d’ici 2025.

A.F.

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