Macron est-il très mal conseillé ?

Le problème de notre toujours jeune président, même avec cinq années de plus au compteur,  est qu’il multiplie les interventions pour finalement ne rien dire de fondamental ou d’opérationnel.

À force de dire tout et son contraire ou presque, on le voit sur le nucléaire ou l’immigration, les Français ont fini par comprendre. Et on ne leur la fait plus. Le chef de l’Etat peut s’agiter voire promettre, s’il ne tranche pas concrètement, rien ne se passe. Surtout avec la léthargie de notre administration qui n’a qu’une idée en tête : surtout ne rien changer et continuer d’administrer en coupes réglées. Comme le dit l’adage : « Les fonctionnaires, cela fonctionne. »

A ce sujet , Il est sidérant de voir notre brillant ministre de l’économie Bruno Le Maire vouloir obtenir des délais réduits pour les seules autorisations d’usines vertes. Il devrait le demander sans exception pour toutes les nouvelles ouvertures mêmes
d’hôtels. Rappelons qu’ Il faut pas moins d’ un an de délai administratif dans nôtre beau pays contre 3 mois en Allemagne. Ce n’est qu’un exemple.

C’est dommage. Ce président a beaucoup de qualités, l’énergie, l’intelligence, voire le courage. Il était bien placé pour tout bousculer. C’est pour cela que les Français l’avaient élu dès 2017 au delà des clans et des lobbys. Le seul problème, et on s’en est aperçu depuis, est qu’il ne ressent pas le pays dans ses profondeurs. Après tout, ce n’est pas de sa faute. Jamais élu local, cet esprit brillant, cartésien, épris de théâtre n’a vraiment jamais connu de « vie normale » comme le dirait François Hollande.

D’ailleurs qui le conseille ? On peut se le demander. Répondre à la télévision aux questions des journalistes autistes du Papotin sur France 2 (4,5 millions de téléspectateurs) est certes louable voire téméraire. Il s’en est d’ ailleurs remarquablement tiré. Sauf que ce n’est pas vraiment ce que nos compatriotes attendent dans cette période de grande incertitude marquée par de nombreux maux (guerre, inflation, insécurité, énergie, immigration, endettement, services publics, désindustrialisation…) pour ne parler que des plus visibles.

Comme Churchill, Macron serait paradoxalement plus crédible aujourd’hui en endossant le rôle de père de la nation nous promettant du sang, de la sueur, des larmes mais surtout des solutions. Au lieu de nous parler de sa grand-mère, il ferait mieux d’aller convaincre l’austère chancelier allemand Olaf Sholz de renégocier au plus vite un nouvel accord européen sur l’énergie découplant les prix de l’électricité à celui du gaz. Mieux que tous les chèques du « quoiqu’il en coûte » qui vont finir par nous envoyer dans le mur de la dette, la priorité des priorités pour le président n’est-elle pas de remettre le prix de l’électricité dans une épure raisonnable. Il y va de l’avenir à court terme de tous les ménages et aussi de toutes les entreprises de France.

Idem sur le retraites. Pourquoi n’a-t’il pas lui ou son gouvernement su enfourcher le discours de la simple réalité. À savoir que selon l’Ifrap : « Sans réforme, il y aura 500 milliards d’euros de dette supplémentaire sur vingt-cinq ans. En clair, c’est la réforme ou la faillite. » Pourquoi faut-il que ce soit seule ou presque la courageuse  Agnès Verdier-Molinié, occasionnelle chroniqueuse au magazine Entreprendre,  qui vienne nous rappeler ce que tout le monde pressent mais que personne n’ose dire à commencer par des syndicats qui, fustige-t-elle, « ne sont pas des accompagnateurs de réformes parce qu’ils n’ont pas compris l’urgence financière pour la France. »

Étonnez-vous après que nos concitoyens ne sachent plus où ils habitent. Il n’est pas trop tard pour notre président de forcer sa nature. Passer d’un Michel Drucker, lisse et complaisant à un Clémenceau, courageux et décisif. Au fait, vous savez, vous, qui le conseille le président ? Pour l’instant, c’est du gâchis …

Robert Lafont

1 COMMENTAIRE

  1. J’observe que c’est un vieux routier de la politique, un socialiste qui installa ce jeune banquier d’affaires à Bercy, pourquoi? D’un autre coté Churchill possédait un passé et fut l’homme d’une tragique circonstance. Certains esprits brillants m’ont enseigné qu’entre les deux guerres se fut un grand bazar, nous y sommes et savons comment cela c’est terminé.. Je pense que nos élus oublient que l’histoire est toujours terrible..

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