Notre politique énergétique va-t-elle tuer dans l’œuf notre réindustrialisation ? Pour pallier au surcoût, les PGE devraient être transformés en quasi-fonds propres.

Convoquer à l’Élysée les plus gros industriels consommateurs d’énergie, comme l’a fait Emmanuel Macron dès son retour de la COP 27, pour leur demander d’investir dans la transition est certes un bel appel à témoins. Encore faut-Il que ce ne soit pas une nouvelle échappatoire pour diluer les responsabilités du gouvernement en matière de politique énergétique. Il incombe au Chef de l’État et à sa première ministre Élisabeth Borne de placer la France dans un environnement énergétique garantissant à nos industriels des prix d’électricité bas et compétitifs. Comme c’était le cas encore du temps de Nicolas Sarkozy avant que François Hollande ne commence à l’amoindrir.

Au lieu de convoquer des commissions impuissantes sur le sujet, Emmanuel Macron devrait urgemment décider d’accélérer le programme de réouverture de nos réacteurs nucléaires. Rappelons que 25 d’entre eux sont encore à l’arrêt à ce jour. Raison pour laquelle il doit décider de lancer au plus vite une deuxième tranche d’ouverture de centrales en France propres à garantir notre souveraineté électrique et notre avantage compétitif. Rappelons que le coût de l’électricité dans nos centrales nucléaires ne dépasse pas en effet les 60 euros le MWh, une véritable aubaine.

Notre appareil industriel ne peut pas attendre l’hypothétique réforme du marché de gros de l’électricité, qui nous pénalise grandement, annoncée par la Commission européenne pour le printemps 2023.

Au lieu de palabrer à l’Élysée, le Chef d’État doit prendre la décision, quitte à se mettre à dos une partie de sa majorité, d’un nouveau plan d’investissement massif dans le nucléaire et certaines industries renouvelables. La survie et la relance de notre appareil industriel est à ce prix. Le Medef évalue d’ores et déjà la hausse de la facture énergétique pour les entreprises à plus de 50 milliards d’euros.

Un prélèvement massif opéré sur le tissu économique national qui ne peut faire que d’énormes dégâts comme le rappelle à juste titre la présidente de l’IFRAP, et également chroniqueuse à Entreprendre, l’excellente Agnès Verdier Molinié : une entreprise comme Duralex a vu ainsi son coût énergétique passer en un an de 3 à 13 millions d’euros et l’aide financière qu’elle peut toucher ne dépasse pas 800 000 euros.

Ce n’est qu’un exemple. Il y a tant d’autres entreprises en grosse difficulté. Au lieu de tancer nos gros industriels énergivores, le pouvoir en place doit lancer de toute urgence un plan d’envergure de relance du programme nucléaire français.

En même temps et pour pallier aux surcharges exceptionnelles de cet incroyable renchérissement de l’énergie, la bonne mesure devrait être de transformer les PGE octroyés lors de la crise sanitaire en quasi fonds propres pour toutes nos entreprises. C’est ce que devrait demander immédiatement Geoffroy Roux de Bezieux !

Robert Lafont

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