Photo : Ammar Abd Rabbo/ABACAPRESS.COM

Qu’il n’hésite pas à faire un gouvernement d’union nationale pour engager les grands chantiers du pays !

Ce dimanche 24 avril au soir, sur le Champ-de-Mars, en face de la Tour Eiffel, là où Johnny aimait tant se produire, là où bien sûr fut célébrée, en présence de Louis XVI, la Fête de la Fédération un 14 juillet 1790 avec un Talleyrand en évêque défroqué pour célébrer la messe et accessoirement le premier anniversaire de la prise de la Bastille, flottait dans l’air une drôle d’ambiance plutôt surjouée.

Emmanuel Macron réélu à 44 ans, avec 58,5 % des votes, apparaissait virevoltant telle une idole de la chanson, presque groggy par sa victoire. Après une belle arrivée en compagnie de son épouse Brigitte et de nombreux enfants, mise en scène savamment imaginée par son ami, le producteur Jean- Marc Dumontet, propriétaire de nombreux théâtres à Paris, celui- la même qui produit l’émission « On est en direct », l’émission du samedi soir de France 2, coanimée par Laurent Ruquier et Lea Salamé, qui a tant contribué à sa victoire. À la limite, on a trouvé Macron presque plus guilleret à Strasbourg ou à Figeac quelques jours auparavant, alors qu’il n’était pas certain encore de remporter l’élection. A-t ‘il pris d‘un coup conscience de la charge qui allait peser sur sa personne ? Devant lui, un parterre de sympathisants soigneusement triés sur le volet étrennait de sympathiques drapeaux tricolores et européens. Alors que la construction européenne est à réimaginer de fond en comble. Mais c’est un autre sujet. Au pied de la tribune blanche, les ministres Bruno Le Maire, Jean Castex, Gabriel Attal ou Jean-Yves Le Drian se faisaient du coude pour mieux se montrer sans même savoir s’ils resteraient à leurs postes la semaine suivante. D’autres figures, plutôt de gauche, Manuel Valls, Marisol Touraine, Elisabeth Guigou, voire le député alsacien, mon ami Bruno Fuchs (transfuge sarkoziste) prenaient bien soin de montrer qu’ils aimeraient bien en être du gouvernement. Rachida Dati, elle, préféra carrément fait son offre de service en direct sur les plateaux télé. C’est plus sûr mais moins habile qu’Éric Woerth, qui avait pris soin de se rallier au panache blanc du macronisme bien avant le premier tour.

Le pays n‘est certes pas en bon état. Fractionné de tous bords, rien ne semble marcher dans la « start-up Nation ». Administration pléthorique et déresponsabilisée, hôpitaux sous- investis, universités sans sélection, écoles sans discipline ni examens , impôts démesurés, charges sociales sans équivalent dans le monde, système démocratique atrophié, immigration hors-de- contrôle (plus de deux millions de nouveaux immigrés sous le dernier quinquennat), violences en fort accroissement (seul le Garde des Sceaux, le stoïque Éric Dupont-Moretti feint de croire qu’il ne s’agit encore que d’un sentiment ; celui de l’insécurité), régions sans pouvoir, démocratie non représentative, médias sans diversité (n’ont-ils pas, tel un seul homme, appelé tous à voter pour le même candidat ?), syndicats et partis subventionnés et peu représentatifs, endettement public massif, déficit du commerce extérieur, poids des prélèvements obligatoires… Bon, arrêtons la litanie. On n’est pas masochiste. Et que voit-on à l’horizon, pas une seule mesure d’économies sur le budget de l’État ni de plan audacieux, malgré François Bayrou, de reconquête industrielle telle que préconisée par Éric Zemmour.

La seule candidate qui proposait de faire des économies a été laminée. Il est vrai aussi que Valérie Pécresse, comme le pressentait Nicolas Sarkozy (qui la connaît mieux que personne), a sans doute oublié que l’élection présidentielle reste d’abord affaire d’incarnation humaine et non de mesures techniques et partielles. On repassera. Le Gaullisme n’est pas simple affaire d’intendance mais d’abord vision ambitieuse et souveraine à long terme pour son pays.

La tâche apparaît lourde pour le deuxième mandat du président. Il va falloir des mesures courageuses et d’envergure pour sortir le pays de l’ornière dans lequel 40 ans de technocratie l’ont placée. Le président Macron a pour lui la verve, la jeunesse, l’entrain ou la vision. Qu’il ne gâche pas ses chances ; il ferait perdre cinq ans de plus au pays qui n’en a pas besoin. Qu’il ne réitère pas à ce propos l’erreur funeste de Jacques Chirac lors de son deuxième mandat. Un président accusé d’immobilisme sauf, on s’en souvient, pour son action diplomatique face aux Américains contre la guerre d’Irak.

Et si pour ce faire, Macron devait encore élargir ses soutiens et constituer un gouvernement d’union nationale, qu’il le fasse sans hésiter. Védrine, Valls, Montebourg ou Ciotti. Peu importe, qu’il le fasse. C’est la France qui en a besoin et c’est urgent.

Robert Lafont

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