L’inquiétant délabrement des armées françaises

Tribune. Le délabrement des armées françaises indique hélas trop bien les priorités retenues par l’exécutif pour la direction  des affaires publiques.

Quelles sont les dernières guerres que la France a gagnées?

Indiscutablement la guerre de 1914/1919, au prix de sacrifices inimaginables qui ont affaibli le pays durablement au début du 20 ème siècle. Encore cette guerre n’a-t-elle été finalement  victorieuse que grâce à l’énergie surhumaine de Georges Clemenceau, Président du Conseil et ministre de la guerre à compter de 1917.

Ce vieillard de 78 ans mena le combat en galvanisant le moral de la troupe, n’hésitant pas à se rendre par « gros temps » sur le faîte des tranchées, ce qui lui valu le surnom de « Tigre ». Animé d’un réel  et physique amour de la France, il en épousait les querelles et l’histoire en « bloc »,  comme il disait de la Révolution.

La guerre d’Algérie aussi, qui fut gagnée par Massu, c’est à dire par De Gaulle, ce qui nous vaut la brouille historique qui continue à diviser les deux pays.

Quoiqu’on en dise ou qu’on en pense, De Gaulle n’est pas Mendes-France, et le départ d’Algérie pour douloureux qu’il fut, et même catastrophique au regard des populations triportées d’une rive à l’autre de la Méditerranée, a épargné la honte d’un nouveau Diên Biên Phu, raclée mémorable comme les aimait la IV ème République qui constata la perte de l’Indochine française.

Pour retrouver des victoires, sans De Gaulle et Clemenceau, il faut se tourner vers Napoleon III, avant le désastre de Sedan, à Solférino ou en Crimée à Sebastopol. Tiens, la Crimée ! « J’y suis, j’y reste » avait lâché le maréchal de Mac-Mahon en ces lieux. Ça laisse à penser…

De Gaulle restitua à la France une armée ultra moderne en bon état, dotée en outre de l’arme atomique. Où en sommes nous 50 ans plus tard ?

Une armée en capilotade sur le plan intérieur, dont les forces de projection dépendent de ses alliés et voisins, pour effectuer les tâches de maintien de l’ordre en Afrique. Henri Béraud, mémorable auteur du « Martyre de l’obèse », prix Goncourt 1922, avait parlé de l’ancien propriétaire de son hôtel particulier devenu son concierge, après des revers de fortune. N’est-ce pas un peu ce qui est arrivé dans la circonstance, la France nettoyant à la « cubaine », comme à l’époque de l’URSS les reliefs de son ex empire ?

Et encore ! De budgets grignotés en dotations razimutées, au besoin de l’incommensurable gâchis des transferts dits sociaux des errants tribulés de passage sur nos  contrées, l’armée est la grande sacrifiée du bonheur édénique voulu par des générations d’imposteurs, en charge du destin de ce qui fut la 4 ème puissance mondiale. Au fou !

La guerre d’Ukraine est un révélateur, non pas de qui a raison ou qui a tort, l’histoire le dira plus tard, mais de ce que nous ne sommes plus. Tel Jeannot lapin, le pouvoir cherche un terrier où se cacher et dissimuler sa honte. C’est l’Europe. Mais le terrier ne protège pas contre un bon chien ratier, tout le monde le sait. Si l’on n’avait pas proscrit du champ la race altière des chasseurs, autrefois orgueil de la nation, (Ah les chasses  du Roi-Soleil !) les français s’en seraient rendus compte. Mais voilà, les verbeux ont tenu dragée haute, et tous les porte-beaux se sont pavanés dans les palais d’Etat, tandis que la poussière conspuait Colbert et insultait Napoléon. L’état des armées révèle et annonce ce qui va advenir du reste de la nation. 

Les idiots qui ont détruit Paris en veulent évidemment à la France d’être dans l’éternité l’image de ce qu’ils ne seront jamais, un modèle et un exemple.  Ah, relire Notre Dame de Paris, de Victor Hugo  ! Imaginer la fange humaine crapotant aux abords de la cathédrale et respirer malgré soi l’odeur fétide du renoncement. 

Que dire de plus en cette circonstance qu’Hamlet dans son amer soliloque : 

Mourir, dormir: dormir, peut-être rêver! Ah, voilà le mal !
Car, dans ce sommeil de la mort, quels rêves aura-t-on
Quand on a dépouillé cette enveloppe mortelle ? 
C’est toute la question qui va se poser aux élections législatives prochaines.

Jean-François Marchi

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