Un créneau où la France a bien des atouts à mobiliser.

Si Emmanuel Macron et Bruno Le Maire ne savent pas comment utiliser la manne financière avancée par Bruxelles pour investir de nouveaux secteurs. Il y a un créneau d’avenir qui devrait attirer toute leur attention et vite. Il s’agit de l’ingénierie du vivant ou de la biologie de synthèse comme on voudra. Une activité prometteuse qui permet de générer à partir du vivant de nouvelles molécules et matériaux très utiles dans les activités de l’énergie, du recyclage, de l’agriculture ou de l’industrie.

Selon un rapport du cabinet Mc Kinsey, le domaine pourrait générer dans les 20 ans un chiffre d’affaires incommensurable de quelques 4 trilliards de dollars ! On ne sait plus où donner de la tête. Plus prosaïquement, aux États-Unis, le précurseur de la biologie de synthèse, la jeune pousse Ginkgo vient d’être valorisée par les marchés boursiers à 17 milliards de dollars. C’est un signe qui ne trompe pas.

Au-delà de ces formidables perspectives économiques, l’ingénierie du vivant présente l’immense intérêt pour l’humanité toute entière de pouvoir venir à bout de maladies ou problèmes jusque-là insolvables ou inguérissables. À commencer par les thérapies géniques ou cellulaires contre le cancer, ou la synthèse de l’ADN., l’ingénierie des protéines et outillage (instrumentation…), la robotique ou la bio-informatique. Les débouchés sont insoupçonnés.

L’enjeu pour l’homme est lui phénoménal. Nous disposons en outre, dans l’hexagone, des meilleures compétences en la matière. En 2020, la française Emmanuelle Charpentier associée à l’américaine Jennifer Doudna ont reçu le prix Nobel de chimie pour avoir découvert le système CRISPR qui permet de couper l’ADN à un endroit précis du génome. Ce n’est qu’un exemple.

Reste simplement à ne pas se les faire « piquer » ! La façon d’un Stéphane Bancel avec le vaccin ARN – Messager, obligé de rejoindre l’américain Moderna, devrait nous ouvrir les yeux. Oui, il est encore temps de mobiliser moyens et énergies pour faire de notre pays un leader de l’ingénierie du vivant. Ne tardons pas, la Chine a lancé dès 2012 un plan de 260 milliards d’euros sur la biologie de synthèse, programme que Joe Biden aux USA est en train d’imiter.

« La France à la capacité de ne pas décrocher dans ce domaine si stratégique »; c’est exactement le sens de l’appel que viennent de lancer chez notre confrère Les Échos 7 personnalités de la Recherche et des Biosciences : Aude Bernheim (Inserm). David Bikard (Institut Pasteur), André Choulika (Cellectis), Xavier Duportet (Eligo Bioscience), Justin Eyquem (UCSF), Emily Leproust (Twist Bioscience) et Thomas Ybert (DNA Script). Écoutons-les ! Et surtout, que nos nouveaux entrepreneurs sachent qu’il n’y a pas que le numérique, l’intelligence artificielle, le recyclage, le quantique, l’informatique, l’énergie à hydrogène ou la cyber sécurité ou l’on peut entreprendre aujourd’hui des réussites planétaires, et que l’ingénierie du vivant peut être aussi au centre de leur stratégie d’entrepreneur à vocation mondiale ! Chiche…

Robert Lafont


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