Tribune. Souffler n’est pas jouer, balbutier n’est pas parler, ni écrire. Malgré les pressions que l’écolier français subit de l’autorité postiche (pastiche aussi peut-être) de l’inéducation nationale pour devenir un « élément » binaire smartphono-compatible, réductible à la seule alternative input/output, yes/no, et donc au style  Aï Tarzan /You Jane, il reste des poches de résistance tel le goût de lire des journaux et des livres.

En bref, il est clair que l’expression de l’idée pâtit du réductionnisme significatif qu’entraîne l’usage des machines hypnotiques, téléphone, ordinateur et autres écrans transformant l’humaine engeance en mécanique appliquée. La mesure en a été faite : 0,33 % de Q.I. en moins par classe d’âge et par an sur les dix dernières années. Quelle réussite !

Et ce n’est pas tout. L’une des récréations de l’esprit les plus délectables que la  civilisation a inventée, le plaisir du texte, disparait quasiment devant l’assujettissement des individus aux jeux électroniques et aux spectacles pornographiques  in vivo , pitoyable exercice auquel s’adonnent aussi des ministres à l’instar des singes du jardin des plantes. Cette activité est recommandée semble-t-il par la Couronne actuelle. (Une couronne çà ? Un bonnet d’âne oui !)

Le plaisir de la lecture, la joie du texte, la piste du sens et la beauté des phrases qu’enveloppe et développe l’idée autour du paysage narratif,  la description  des situations et des caractères. Le plaisir du texte, le goût du style par lequel le dire s’enjolive comme de la peinture et de la sculpture réunies. Le plaisir du texte. Comment ne pas citer Maurice Barrès, ce styliste hors pair, héritier de  Chateaubriand et de ses amples périodes, maître incontesté de Charles de Gaulle, d’ Henry de Montherlant, de Louis Aragon et même d’André Malraux pour restituer son importance dans la « République des Lettres », la seule qui vaille en somme. Foutu tout çà ? Oublié La Colline Inspirée, comme la messe de notre enfance, les festivités de Noël et la naissance de l’Enfant-roi du Monde. 

Les temps reviennent au vrai. Barrès au rendez vous des lendemains d’un peuple qui retrouve ses racines. Le Roman de l’Énergie Nationale, Amori et dolori sacrum sur la mort de Venise, et tant d’autres chefs d’oeuvre, mesquinement oubliés par la collection La Pléiade, ce censeur qui encense à tort et à travers dans les couloirs de la gauche bien pensante. 

Mais tout ça s’achève, l’imposture est à son terme et les bourreaux des lettres, auteurs inclusifs, critiques elgebetesques et  leurs valets ignaro-dépendants s’apprêtent à quitter les lieux. Le style revient, la langue aussi et enfin et surtout le rire qui pourchasse les éclopés de la pensée. Que viennent les motos des anges de la mort du prophétique Jean Cocteau dans le génial film Orphée aux Enfers, car les temps sont propices au renouvellement Apollinien et à ses Lupercales. Que César se méfie des Ides de Mars, elles lui sont destinées.

Disons le tout net, la perte de la culture littéraire en France est un dessein voulu par les bonnes âmes socialistes, guenilles  qui voudraient obtenir  l’égalité sociale par la méconnaissance, et l’insertion, sinon l’intégration de personnes (et même de populations entières) au profil hostile à toute culture émanant du modèle greco -romain. Ils égorgent la langue française, il faut la sauver en refusant l’usage du charabia. Voulant rendre illisibles les grands textes classiques qui sont le fondement de l’identité française, ces gens là commandent d’oublier la parole articulée et de japper pour être à l’unisson de la meute. Maurice Barrès, auteur du livre « Sous l’oeil des barbares » réjouira les coeurs de ceux que cette descente aux enfers révolte. J’ai parlé d’ Orphée aux Enfers

Que le fil d’Ariane nous sauve des démons de la nuit et qu’elle utilise ses charmes au dessein de perdre les monstres déguisés et grimés par  la bonne conscience des hypocrites, qui voient comme madame Hidalgo des fascistes et des nazis derrière de simples braves gens voulant rester maîtres chez eux. Le risque n’est-t-il pas de séparer ainsi, si l’on poursuit cette reconquête culturelle, de couper la société entre ceux qui savent, ceux qui croient savoir et ceux qui ne savent rien ? Il faut prendre ce risque. Il régénère le tissu. A force de dire des sottises on finit par leur ressembler, comme L’âne de Lucien, c’est la revanche des Dieux.

« La bêtise n’est pas mon fort » fait dire Paul Valery à son personnage Monsieur Teste.

Puisse-t-il être imité par qui voudrait encore commander le Royaume.

Alors, foin de langue de bois, Joyeux Noël à tous, (et certainement pas ce vague  « Bonnes fêtes de fin d’année » qui sent trop la repentance et l’excuse).

Debout et tête haute!

Il y a pire en fait que le Covid, c’est la lâcheté de ne pas oser être soi-même.

Jean-François Marchi

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