Tribune. Nos sociétés se modifient radicalement après des siècle d’une relative, stabilité qui ont permis une chose essentielle : une amélioration de la vie

Elles ont, dans nos pays, fait reculer les angoisses ancestrales, celle de la faim, de la soif, de la maladie non soignée et de la vieillesse non assurée.

Tout n’est pas parfait, bien sûr, mais le chemin suivi était droit devant. Or, depuis quelques temps, nous changeons de société sans trop nous en apercevoir, avec son ubérisation, sorte de plateformisation qui met directement en relation, professionnels et clients en se servant de nouvelles technologies. En fait on éloigne pour mieux les séparer les acteurs économiques, pour provoquer la disparition de l’économie d’entreprise, pour remettre en cause les relations entre actionnaires et salariés qui eux sont voués à disparaître pour laisser la place à des auto entrepreneurs

La base de cette nouvelle société est une simple plate-forme, installée là où la main d’œuvre est taillable et corvéable à merci ; cette plate-forme se finance en prélevant une commission sur les transactions, en vendant des encarts publicitaires et en offrant d’autres services payants.

La recherche de ce type est la découverte du plus petit prix qui génère l’obligation pour les entreprises de se délocaliser. C’est la remise en cause du salariat avec le retour de l’incertitude, de l’insécurité, la fin des protections. Le tout est enveloppé d’un mensonge : le nouvel auto entrepreneur, dans ce cas, est un salarié déguisé, qui perd le bénéfice du salariat et ne trouve pas celui de l’entrepreneur

Ce système conduit à l’affaiblissement de l’Etat qui touche moins de recettes et à la disparition de la protection sociale à la française, privée de ses recettes. C’est aussi la dé responsabilité des vrais patrons. Avec cette armée sans officiers, c’est la déroute assurée et la nation envahie par des forces financières étrangères. Cette nouvelle société, qui n’est pas celle voulue par Chaban, veut privatiser le travail et surtout balayer des siècles de progrès sociaux. Les métiers deviennent précaires, le spécialiste disparaît par manque d’investissement dans l’apprentissage, d’où l’obligation d’aller chercher les spécialistes ailleurs. Le savoir faire disparaît lui aussi, ce que nous payons déjà très cher.

Mais bon sang, si un article est vendu peu cher, c’est que quelque part, quelqu’un est payé très peu cher, qu’il ne bénéficie d’aucune protection, c’est aussi moins de travail bien fait, moins de sécurité pour tous.

Avant de se lancer dans de telles aventures il faudrait , pour le moins, se poser les bonnes questions : qui va financer la protection sociale. Sinon il en sera terminé des congés payés, de la quasi gratuité des soins, du financement du chômage et du paiement d’une partie des retraites

Qui va apporter financer Etat ? Personne alors, il en sera terminé des infrastructures de qualité, des services régaliens que l’Etat ne pourra plus assumer. C’est la fin de l’Etat, c’est le règne des plus forts, des mafias et morts aux vaincus.

Prenons le cas d’un vaincu, donc condamné : le taxi.

Jusqu’à ce qu’arrivent les « UBER » ces VTC d’un autre monde, américain celui là, un « Taxi » après passage d’un examen, achetait une « licence » à la commune si elle en disposait, mais le plus souvent à un autre taxi, comme on achète un fond de commerce. Le taxi achetait une voiture correcte, remplissait sa tâche, payait redevances, taxes, charges sociales, comme tout bon commerçant et revendait sa licence lorsqu’il partait, s’assurant ainsi un petit capital, pour sa retraite

UBR s’est emparé de l’affaire, mais pas seulement, des livraisons de repas à domicile, des locations d’appartements, de la prise de rendez vous, enfin tout ce qui peut rapporter passe actuellement sous la gouverne de ces entreprises cannibales qui de plus, installent leurs comptes en banque aux îles Caïmans

Pour appâter le chaland par ses prix et détourner la loi qui leur interdit la « maraude » les UBR affirment faire du co-voiturage.

Ce n’est pas un rêve de songe creux dont il s’agit, UBER c’est dans le monde plus de 4 millions de chauffeurs de taxis, c’est en France, pour tous ses secteurs déjà 200 000 faux employés qui se retrouveront au tapis un jour où l’autre, (pas de contrats d’embauche, donc aucune sécurité de travail) AMAZON, dans le monde a employé 400 000 personnes en 1 an

Allons plus loin : UBR et les Etats ? Et bien le trimestre dernier, comme tous les trimestres, cette société a perdu quelques milliards et comme on ne peut pas imposer une société qui perd de l’argent, l’Etat devient le dindon de la farce et l’Etat : c’est nous

Plus grave encore, ces sociétés, car UBR n’est pas la seule, développent l’individualisme à outrance, l’égoïsme, les inégalités, elles ne permettent jamais ou presque des revenus suffisants, c’est un travail à la tâche qui demande énormément d’efforts pour peu de revenus et posons nous la question de savoir : en ce qui concerne l’auto entrepreneur taxi où livreur de repas à bicyclette : leurs risques professionnels : quelle couverture ?

Une personne qui se trouve dans les griffes des plate formes, ne peut s’en sortir. Et les Etats ? Il est vrai qu’en ce qui concerne le statut des employés, UBR perd nombre de procès : Californie, Pays Bas, France, mais ses cabinets d’avocats immenses et grassement payés, font durer le plaisir avec les recours nombreux qu’ils déposent

L’UBERISATION, les GAFA, ont lancé une confrontation avec les Etats , mais aussi avec les nations puisque c’est le fondement de nos sociétés qui est attaqué.

Attention prenons garde, une fois installées ces sociétés seront indélogeables, indestructibles.

Dernière question que nous devons nous poser : mais qui finance les pertes de ces sociétés inhumaines ? La réponse ne surprendra personne, les grosses, très grosses banques mondiales qui financent toujours l’idéologie mondialiste.

Henri Fouquereau

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