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Le gouvernement va-t-il lâcher la Société Générale ?

La petite phrase lâchée le 13 mai dernier par Emmanuel Macron, en marge du sommet Choose France à Versailles, sur la possibilité d’un éventuel rachat de la banque française par un concurrent européen a fait l’effet d’une bombe.

Le nouveau président de la Société Générale, Slawomir Krupa, installé depuis un an, et dont les résultats tardent à se faire sentir, a pris la suite de Frédéric Oudéa.

En appelant les banques européennes à se marier entre elles, le président a relancé les rumeurs de spéculation sur le mouvement de concentration en cours. Il n’a pas manqué aussi d’émouvoir les partisans du made in France en matière financière.

Alors que notre pays s’enorgueillit de disposer des groupes bancaires les plus puissants du continent européen avec plus de 5 établissements (BNP-Paribas, Crédit Agricole, BPCE, SG, et le Crédit Mutuel) dans le Top 10 européen; voir le président être prêt de facto à lâcher du leste sur la majorité de contrôle de notre troisième groupe bancaire, a de quoi surprendre.

La SG est un actif stratégique qui accompagne une grande partie de notre tissu économique, grandes entreprises, PME ou TPE y compris à l’export. Pour la Place de Paris, que Bruno Le Maire veut à juste titre continuer de développer, elle reste un outil d’attractivité de premier plan avec 34 000 collaborateurs en France et 117 000 dans le monde, présents dans 166 pays.

Précisons aussi que la guerre en Ukraine n’a pas été sans conséquence sur les comptes de la Société Générale qui était, jusque-là, l’un des principaux établissements de crédit européens présents au-delà de l’Oural. Et qui a été forcée de vendre sa filiale Rosbank malgré de belles perspectives. C’est à prendre en compte aussi.

Le nouveau président de la Société Générale, Slawomir Krupa, installé depuis un an, et dont les résultats tardent à se faire sentir, a pris la suite de Frédéric Oudéa (devenu président de Sanofi) et mari de l’actuelle ministre des sports, Amélie Oudéa-Castéra.

Un tel scénario noir de perte prochaine de contrôle de la SG n’est pas à exclure. Sa capitalisation boursière de 22 milliards d’euros la situe bien loin des 80 milliards de BNP-Paribas ou des 47 milliards de capitalisation du Crédit Agricole. Les investisseurs boursiers devinent déjà l’ombre de l’acheteur potentiel; il pourrait s’agir du groupe italien UniCrédit (61 milliards de capitalisation). Le scénario est bien huilé. La prime offerte pourrait atteindre les 50 %, soit une valorisation du cours de bourse de 0,42 fois! L’espagnol Santander (76 milliards de capitalisation) serait également en embuscade. Il est vrai qu’à l’exception du britannique HSBC, aucune banque européenne ne figure encore dans le Top 15 mondial. C’est à prendre en compte aussi!

Pour la souveraineté française, dont on nous rebat les oreilles, on aimerait tellement que ce soit le scénario inverse qui se produise: avec une SG qui passerait à l’offensive en Europe ou dans le monde. Ou pourquoi pas, avec une consolidation au plan intérieur avec une alliance bancassurance telle Axa-SG qui damerait le pion à pas mal de monde. Si rien n’est encore acté, demeurons vigilants sur ce dossier stratégique. Notre pays ne dispose pas de tant de fleurons que cela. Comme le disait Antoine Riboud, le fondateur de Danone : « Nos grands groupes sont nos dernières cathédrales ! »


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