Tribune. Le désordre dans la rue n’est pas autre chose que la transposition dans le monde réel du désordre dans l’esprit. Quand on apprend à l’enfant qu’il lui faut ranger sa chambre, ce n’est pas non plus autre chose qu’un complément qu’il reçoit, ou devrait recevoir, à l’école de l’effort de construction de son individu à venir, avec la politesse, la grammaire et l’orthographe.

Nous avons l’air de nous éloigner de cet effort proprement napoléonien qui consiste à ordonner l’espace social, en le bâtissant harmonieusement sur la base des vertus de l’équilibre et de la symétrie. Il n’est que de voir la ville de Paris ornée d’arbres et traversée de larges avenues traversant de vastes places publiques, elles-mêmes ornées de bâtiments utiles et beaux pour comprendre la finalité d’une telle architecture militaire. L’armée est aimée des français, plus que la police. Elle figure dans l’imaginaire collectif un univers rassurant et harmonieux, comme la musique classique dont elle illustre la nécessité céleste. Les sondages effectués à l’issue de la tribune contreversée qui a secoué l’opinion les semaines passées l’attestent.

En revanche, les sauvages bacchanales des blacksbloks s’attaquant au service d’ordre des syndicats ou détruisant à coups de barres de fer les devantures des magasins rappellent avec insistance la laideur intrinsèque de ce qu’est le désordre, au regard de la civilisation. Il y a des haleines  répugnantes  a force de bêtise et ce n’est pas forcement l’alcool la cause de ce remugle, mais la rancoeur et l’envie qui déchirent le foie plus sûrement que le vautour de Prométhée. Tandis que trottine la petite foule des petits serfs oreillette dans l’oreille, les yeux braqués sur leur écran claviculaire à recevoir des ordres, l’homme libre se promène  en se riant des injonctions, comme le flâneur inné qu’il est in partibus, à l’écoute de son seul vouloir. Scire nefas? A d’autres !

Devra t-on continuer à recevoir des ordres de faux maitres usurpant leurs fonctions, dont la vraie nature se lit aux traces des vestiges des rayures oubliées sur leur gilet ?

La remise en ordre du pays après le saccage du Directoire a commencé avec l’arraisonnement des émeutiers de la place Saint Roch à Paris le 13 vendémiaire an IV (1795) par le général Bonaparte, oeuvre de précurseur qui sera reprise par son neveu le futur Napoleon III qu’animait la même foi dans le même idéal, le 2 décembre 1851. Il n’est que voir la beauté que son règne rendra à la ville de Paris pour en mesurer la qualité et la hauteur! La langue de bois, ça fatigue à la fin. Sachons chanter celle des Dieux en étant fiers de l’oeuvre accomplie par nos pères, au lieu de nous en excuser à tout bout de champ.

Avons-nous pris l’exacte mesure de la leçon que nous donnent les britanniques avec l’extraordinaire beauté de leurs célébrations monarchiques, tandis que leurs institutions non écrites assurent aujourd’hui encore la plus sûre des protections de l’exigence démocratique que fonde le respect de l’individu et de ses droits, dont la liberté d’opinion. A l’époque des écoutes téléphoniques des avocats par les juges de leurs clients, c’est une sacrée différence.

Il est de mode d’attaquer la beauté!Voyez le déguenillé s’installer et se parer de toutes les grâces dans la rue, cheveux sales, ongles noirs, jeans troués, etc… je n’ose imaginer ce qu’il en est des pieds et du reste! Et oui, ça commence avec les accords, les accents et les barres sur les « t »! Loulou, petit prince mort au Zoulouland dans une charge héroïque illustre le prix que le service de l’ordre exige de l’humanité. Le triomphe d’Apollon est à ce prix. Il n’est pas vain de rappeler que le petit neveu  du captif de Sainte Hélène est mort sous l’uniforme anglais, et que sans Churchill il n’y eut pas eu de Gaulle comme de Résistance sans les commandos des SAS.

Ces quelques réflexions valent bien quelques grognements et saouleries de manifestants  en  colère en somme.

Alors il va falloir voter. Comment dit-on dans ce cas là? A vos jeux?

Good sport ?

Jean-François Marchi

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