Contrairement à une idée ancrée dans l’opinion, ce sont les pays qui se seront les plus robotisés qui à l’avenir seront les plus compétitifs.

C’est surtout vrai pour l’industrie et moins pour les services. On le voit dans des pays en pointe comme l’Allemagne où la course à la robotisation est déjà une priorité pour beaucoup de fabricants. Ils savent que c’est le sésame pour rester dans la course mondiale surtout avec des salaires élevés.


En France, à condition de n’être pas trop freiné par notre péché mignon national, une certaine idéologie passéiste, l’urgence d’accélérer la robotisation de nos usines se fait sentir. J’insiste en parlant de robotisation d’usines ou d’entrepôts. Car pour le reste, services ou commerces, ce peut être l’inverse. L’accueil, la convivialité, l’échange direct, le service clients vont primer et de plus en plus. Et attention à ne pas déshumaniser et transférer trop vite à des centres d’appels automatisés comme l’ont fait un peu trop les banques ou assurances par exemple. Il peut y avoir des retours de bâton de la part de la clientèle, même si la banque et l’assurance en ligne poursuivent leur developpement.


Puisque l’on parle de robotisation accrue, soyons conscients aussi des opportunités industrielles que recèle une telle mutation. Qui dit robotisation, dit bien sûr essor des fabricants de robots. Ne manquons pas cette marche. Ce peut être une activité d’avenir très porteuse pour nos nouveaux industriels. Certains l’ont déjà compris heureusement.
Dans les Hauts-de-France, Exotec, le spécialiste des robots logistiques vient de doubler ses ventes en un an. La PMI de Croix, près de Lille (59) s’appuie sur le succès de Skypod, un système de robotisation logistique particulièrement innovant. L’usine d’assemblage d’Exotec vient de produire son 2000 éme robot made in France très prisé des grandes chaînes de distribution comme Gap, Décathlon, Gemo ou Uniqlo. Le PDG Romain Moulin se frotte
les mains. Après avoir levé en septembre 100 millions d’euros, Exotec dépassera les 50 millions d’euros de ventes à la fin de l’année. Après l’Europe et les États-Unis, la PMI part à l’assaut du Japon.

Autre exemple de réussite tricolore, celle de Poralu Marine qui après être devenu le leader mondial des pontons nautiques en aluminium, s’attaque au marché prometteur des robots nettoyants de plage. La PMI de l’Ain ( 40 millions d’euros de chiffre d’affaires, 155 salariés ) compte sur sa gamme de robots électroniques silencieux BeBot pour séduire les stations du littoral. À 42000 euros l’unité, le robot 100 % électrique ramasse tout seul bouteilles, mégots ou papiers sales. Idéal pour retrouver des plages propres. Un marché énorme pour cette PMI dynamique située à Port, au bord du lac de Nantua ( Ain) où elle fabrique et assemble ses robots télécommandés conçus en partenariat avec l’italien Niketo. Produire des robots n’empêche pas de se montrer intelligent et humain !
« Il n’est de richesse que d’homme !“. Jean Bodin

Robert Lafont

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