Bizarrement, aucun candidat déclaré ou probable à la prochaine élection présidentielle n’a fait du sujet un axe essentiel de son programme. Pire, certains à l’instar de Jean-Luc Mélenchon font de notre appareil d’État, tel qu’il fonctionne aujourd’hui, un pilier de notre gestion.

La politique du « toujours plus », comme dirait Francois de Closets, n’a pas fini de faire des ravages. Certes, au fil de notre histoire, la France a toujours, dans sa culture, pu ou voulu s’appuyer sur une politique d’investissement national propre à recouvrer sa souveraineté économique ou susceptible de relancer des industries que le secteur privé avait délaissées ou n’était pas à même de soutenir. L’industrie du bois du temps de Colbert ou l’aéronautique et le spatial (de Gaulle), sans oublier le nucléaire (Pompidou) ou les télécoms (Giscard) font partie de la tradition française qu’il n’est pas question de sous-estimer.

L’État doit faire des économies pour pouvoir mieux exercer ses fonctions régaliennes

Nicolas Sarkozy s’y est essayé avec un certain succès lors du lancement de son grand emprunt, mobilisant quelques 35 milliards d‘euros dans des investissements d‘avenir. Les réussites de l’IHU Méditerranée du célèbre professeur Didier Raoult ou l’essor de l’université Paris-Saclay sont à mettre à son crédit. Ne faisons pas la fine bouche !

Sauf qu’aujourd’hui, les temps changent et l’état calamiteux de nos finances publiques font obstacle, par le poids des charges fiscales et sociales, à l’essor de nos industries privées. Rappelons qu’avec l’épidémie, le déficit atteindra 11,5 % du PIB d’ici la fin de l’année et la dette publique dépassera les 120 % du PIB d’ici janvier. Un endettement aux proportions jamais atteintes jusque-là et qui place notre pays en vassal de ses créanciers internationaux. Comme le rappelle avec justesse des économistes responsables comme Christian Saint-Etienne ou Nicolas Baverez, notre dette va vite s’avérer être insoutenable dès que la BCE arrêtera de nous acheter la totalité des titres émis comme c’est le cas en ce moment. Et ne parlons pas du scénario noir d’une possible remontée des taux d’intérêt…

Agnès Verdier-Molinié évalue à 11% la perte du PIB en 2020, contre 6% en Allemagne

Nos dirigeants en acceptant une telle fuite en avant des finances publiques ont mis aux enchères le principe même de notre souveraineté. Celle que la génération d’avant, celle des Trente Glorieuses, a mis un point d’honneur dans les années 60 à vouloir reconstruire sous la férule magistrale de Charles de Gaulle. Au moment où nous célébrons l’anniversaire du cinquantième anniversaire de sa mort, jamais notre pays n’a semblé aussi désarmé. Menace terroriste, immigration ouverte à tous les vents, délinquance urbaine, désertification, État surendetté. Traditionnellement, notre atout qui devient notre point de faiblesse. Faute d’avoir été réformé et dirigé, placé sous la coupe de syndicats politisés, ce sont au final tous les citoyens qui payent les pots cassés ! Comme à la SNCF, cela coûte de plus en plus cher au contribuable et le service est de moins en moins opérant. Nous aurions pu évoquer aussi la situation du système hospitalier mais la décence, par ces temps de crise sanitaire, conduit à ne pas aborder le sujet. Il devra l’être après sans tarder !

Comme le rappelle Nicolas Baverez : « Notre État doit être profondément réformé : objectif de hausse de qualité plutôt que de gratuité généralisée pour l’éducation et la santé ; décentralisation de l’organisation, frugalité et maitrise des dépenses ; réorientation des budgets vers l’investissement et la formation… »

Bizarrement, aucun candidat à la présidence n’aborde de tels sujets essentiels ! Il n’est pas encore trop tard… Les citoyens doivent y veiller. Les médias aussi !

Robert Lafont

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