Ce lundi 15 novembre, il était exactement 22h29 quand le compteur des dons cumulés de la soirée a dépassé le million d’euros, pour atteindre exactement le montant de 1 020 781 euros. Cette somme d’argent a été levée au cours d’une soirée qui a duré près de 3 heures.

Devant un parterre feutré de 1 200 invités, 12 associations sont venues présenter leurs projets. Elles repartent avec un financement, qui a dépassé, pour la plupart, leurs objectifs. Retour sur une soirée haute en couleur dans le plus ancien music-hall de Paris.

Sur la célèbre façade de L’Olympia, alors que la nuit est en train de prendre ses quartiers, scintillent en rouge les lettres de l’évènement atypique qui s’annonce. C’est un pari risqué pour le trio, que certains appellent « les 3 mousquetaires du don ». Cette fois-ci, ce n’est pas le nom de Charles Aznavour qui s’écrit sur la façade, ni celui du prochain concert de Feu ! Chatterton, qui aura lieu le 29 novembre prochain. Non, ce sont tout simplement 18 lettres, 5 mots : LA NUIT DU BIEN COMMUN. Pour leur 5è édition, Thibault Farrenq, Stanislas Billot de Lochner, et, Pierre-Edouard Stérin, les co-fondateurs, ont décidé de frapper fort. Ils avaient l’habitude de réunir leurs 700 participants habituels au théâtre Mogador. Stanislas explique que « c’est L’Olympia qui nous a proposé de faire notre 5è édition dans ses murs. Nous n’avons pas hésité une seule seconde ! »

En tee-shirt et jean, à l’intérieur de la salle emblématique, il s’affaire et règle avec ses collègues les derniers préparatifs. Sur scène, tout est en place : les caméras, le grand-écran, les micros, le logo, le pupitre. Pour l’instant, les 1 200 sièges rouges sont vides. A partir de 19h00, ils vont rapidement se remplir. Dans les coulisses, les associations répètent leur présentation qui doit durer au maximum 4 petites minutes. Dans sa loge, la grande prêtresse de l’animation, Cécile de Ménibus, répète, elle-aussi, un peu avant d’attaquer ses trois heures de présentation non-stop. Visiblement, elle, que l’on avait l’habitude de voir avec Cauet, est à l’aise avec ce format évènementiel, qui est diffusé sur C8.

« Cela fait la 3è fois que je m’implique auprès des organisateurs et que je présente cet évènement hors-norme. Avec les émissions sur C8, c’est, en fait, la 5è fois. Ce qui me touche dans cette soirée, c’est qu’elle est consacrée à la générosité. Je n’oublie pas d’où je viens. Et, je dois ma réussite à la générosité des gens. Je ne pouvais pas ne pas passer à côté de cet évènement. Grâce à la gentillesse du public ma vie a été plus agréable. Je me devais de leur rendre tout ce bien, d’une manière ou d’une autre. Avec La Nuit du Bien Commun, je me mets au service de la bienveillance, du partage et de la solidarité. » Cécile de Ménibus est sereine : « tout va bien se passer ».

Elle qui se lève tous les jours à 3h00 pour la matinale de Sud-Radio, et, qui enchaîne sur une émission de télé Auto Plus, puis, sur Maison et travaux, a un agenda de ministre. Elle est une véritable chef d’entreprise, puisque cette passionnée de voitures de course, pilote, aussi, une société de décoration d’intérieur, tout en assumant ses engagements de réserviste au sein de la police et de la gendarmerie. Elle termine de se préparer, en relisant ses fiches. Avec ses bottines rouges, elle épouse les couleurs de la salle mythique.

L’Olympia au service des associations

Avant l’ouverture des portes au public, les co-fondateurs reçoivent leurs invités de marque, qui sont soit des bienfaiteurs, soit des membres du jury. Car les 12 associations ont été sélectionnées après un premier et second filtre. « Nous recevons des centaines de demandes chaque année », explique Thibault Farrenq.  La sélection dure près de trois mois. Ensuite, le grand oral devant le jury décide de la sélection finale.

Ce lundi soir, Thibault et Pierre-Edouard devancent leurs invités. Parmi eux, cette année, il y a du sang bleu. Comme s’il fallait répondre par un invité royal, aux lettres rouges de L’Olympia. Il s’agit du Prince Louis de Bourbon. Il est bien là avec la cinquantaine d’invités, qui se retrouvent dans une salle méconnue du grand public. Laurent de Cerner, le Directeur Général de L’Olympia, monte sur l’estrade et accueille en personne les convives : « Sans cette salle, L’Olympia serait sans nulle doute devenue un parking. On l’appelle la salle de billard. Elle est chargée d’histoire, et, c’est une véritable œuvre d’art, avec toutes ces faïences murales. Elle a été créée à la fin du 19è siècle, en hommage à Edouard 7, le futur roi d’Angleterre. Sa devise, ‶Dieu est mon roi″, y est inscrite. » Cette année, sans doute en raison de la pandémie, et, de la sinistrose ambiante, en lien avec sa maison-mère, Vivendi, Laurent a décidé d’ouvrir L’Olympia à des associations qui ont du sens et qui ont un engagement citoyen fort. Pour lui, le bien commun, « c’est quand on sort de son égoïsme, et, que l’on arrive à avoir une vision qui nous dépasse. Cette vision est au service de la communauté, du plus grand nombre. Elle peut être portée par des engagements personnels, des engagements moraux, des engagements spirituels. Il s’agit de regarder au-delà de son nombril. De se mettre au service d’œuvres inclusives. » Avec ses 35 salariés permanents, qu’il a mis à la disposition des organisateurs, de fait, cette soirée, c’est un peu son coup de cœur, sa déclaration d’amour au bien commun.

Ce n’est pas le Prince Louis de Bourbon qui le contredira. Le prince est en pleine discussion avec Pierre-Edouard Stérin, l’heureux fondateur de Smartbox. Ce-dernier annoncera, d’ailleurs, au cours de la soirée, le lancement de sa dernière création : la Smartbox pour le bien commun. « Je suis arrivé ce matin de Madrid, raconte le prince, et, je reste jusqu’à jeudi à Paris. Je viens défendre les couleurs du bien commun. De temps en temps, souvent en fait, il faut les défendre. De nos jours, il faut de plus en plus se mobiliser. Le bien commun est une réponse importante face aux crises et aux problèmes que vivent nos sociétés. Tous les gouvernants du monde devraient travailler au bien commun. C’est vital. Cette soirée n’est pas seulement pour les riches. Car tout le monde peut donner aux associations, à la mesure de ses possibilités. » Le mot d’ordre est lancé.

Des associations et des donateurs

Elles sont sur le qui-vive, ces associations qui ont eu la chance d’être sélectionnées. En moins de 3 heures, elles vont récolter pour la plupart, en moyenne, 60 000 euros. La première à passer devant le public, dont chacun s’est muni d’un panneau numérique, est l’association Autistes sans frontières. Puis, ce sera Irvin, Genèses, Bouge Ton Coq, Magdalena, Fertility Care, Symphonia Productions, Canto, Arcade, InSite, Humanité(s), et, La maison des plus petits. La dernière est celle qui a reçu le coup de cœur du public. Emmené par Cécile de Ménibus et le commissaire-priseur, Maître Aymeric Rouillac, qui est chargé de comptabiliser et de valider tous les dons matérialisés par les panneaux qui se lèvent à la fin de la présentation de chaque représentant associatif, par pallier successif de montant, le public présent dans la salle lui a donné plus de 200 000 euros. Violaine Roger, qui est la présidente de l’association, n’en revient pas.

« Cette soirée est incroyable. Comme vous avez pu le voir, pendant ma présentation, j’ai craqué un petit peu. Ce n’est pas évident de passer à la fin. Mais, surtout, je ne m’attendais pas à recevoir plus du double de ce que j’étais venue chercher. » Remplie d’émotions joyeuses, elle essuie une petite larme qui coule lentement sur sa joue. Il faut dire que son association, La maison des plus petits, a touché les cœurs des mamans et des papas présents dans la salle. En résumé, cette association redonne un cocon familial, une vie presque normale, à des enfants qui ont entre 0 et 6 ans, et, qui présentent des problèmes de santé, des handicaps.

Parmi les associations, qui ont attiré la bienveillance des donateurs, il y a, également, l’association Genèses. Comme l’association Irvin, c’est un ancien militaire qui l’a fondé. Il s’est, d’ailleurs, rendu plusieurs fois en mission en Afghanistan. De retour en France, Augustin Meaudre se lance dans cette aventure : celle de la jeunesse esseulée, délaissée, qui a entre 18 et 35 ans. « Notre association, explique-t-il, s’évertue à prendre soin de cette jeunesse désorientée. Avec la vingtaine de bénévoles-formateurs qui nous accompagnent, nous leur redonnons de l’activité et du sens. Souvent, cette jeunesse s’est nourrie pendant de trop nombreuses années des mirages de la société, des jeux virtuels et des paradis artificiels. A travers nos stages à la ferme, dans des chantiers de construction, nous leur redonnons de la force pour qu’ils se remettent debout, qu’ils redécouvrent leurs talents. Nous leur donnons un cap et du sens. Chaque année, nous accueillons une vingtaine de jeunes. Ils sont logés près de Paray-le-Monial, à Verosvres et à Charolles. »

Un bilan et une vision

Alors que les lumières commencent à s’éteindre à L’Olympia, et, que les sièges rouges se vident, les « 3 mousquetaires du don » se tournent, déjà, vers l’avenir. La prochaine nuit du bien commun aura lieu à Bordeaux. Thibault Farrenq rappelle que « la mission est de soutenir le maximum d’associations qui ont besoin de soutien et de notoriété. Chaque département pourrait accueillir une Nuit du Bien Commun, si nous avions suffisamment de relais dans chaque ville ! » Après Paris, où ont eu lieu les 4 premières éditions, l’année 2021 a été l’année du grand large.

Plus de 9 000 participants ont soutenu une soixantaine d’associations et plus de cent projets. Le mois de septembre a été le mois du grand large. La Nuit du Bien Commun s’est ainsi rendue dans les villes de Nantes, de Genève et de Lyon. L’année prochaine, elle se rendra à Rouen, Bruxelles, Lille, Toulouse, Monaco, Barcelone, Marseille, Strasbourg, Angers. Elle traversera même la Manche pour faire son show à Londres. Elle s’arrêtera, avant, en Vendée. Les 3 mousquetaires du don se reposeront alors en terre de Vendée, au théâtre Molière, exactement. Pierre-Edouard Stérin serait le d’Artagnan de l’équipe. Il voit loin, celui qui a fait de Smartbox, une des premières success-story françaises des années 2000.

Sa vision, c’est « la conquête du monde pour permettre à un très grand nombre d’associations de se développer, et, à un très grand nombre de donateurs potentiels de les aider. » Pour Stanislas Billot de Lochner, « l’émotion que nous avons vécue ce soir à L’Olympia a été immense. Cette ambiance, nous la vivons dans toutes les villes où nous passons. » C’est certain, le bien commun fait son grand retour. Et, il n’est pas près de s’arrêter en chemin.

Reportage réalisé par Antoine Bordier

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