Avec l’arrêt surprise de l’émission d’Éric Zemmour «Face à l’info», le CSA met fin à l’une des plus belles «remontada» (pour parler comme Arnaud Montebourg) qu’on ait eu à voir dans l’audiovisuel d’information de ces dernières années.

L’émission est passée d’un socle de 80000 téléspectateurs à des pics de plus d’un million. Un indéniable engouement de la part des téléspectateurs qui témoignent, à défaut d’adoubement intégral pour toutes ses idées, d’un besoin urgent qu’on puisse aborder avec talent et arguments des sujets qui les préoccupent : insécurité, emploi, immigration, souveraineté, fiscalité, éducation, histoire. On peut ne pas partager certaines dérives d’Éric Zemmour, nul ne peut contester sa culture et son intelligence. Cela fait longtemps que nos compatriotes attendaient cela. Et voilà qu’un haut fonctionnaire, sans doute brillant et sérieux, Monsieur Roch-Olivier Maistre, sans doute cornaqué par les conseillers du pouvoir en place (Stéphane Séjourné) se croit obligé d’exécuter les basses œuvres.

Et d’ achever en pleine gloire naissante l’avènement cathodique d’« Éric le terrible ». La patrie était-elle en danger ? Apparemment pas, seulement voilà, le petit jeu électoral était lui en voie d’ être bousculé. Et cela, c’ est bien plus gênant. Sans être candidat, Zemmour était crédité de quelques 8 % dans les sondages, un score équivalent à celui du PS et de la maire de Paris, Anne Hidalgo. Une performance qui commençait à inquiéter les stratèges de la Macronie, imaginant déjà un scénario catastrophe avec un Zemmour arrivant à faire décrocher Marine Le Pen. Avec le risque de se retrouver au second tour des présidentielles face à Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse avec l’incertitude électorale que cela suppose.

Outre ses idées souverainistes qui se propagent comme une traînée de poudre dans l’ opinion malmenée de voir le pays en perpétuel déclassement, l’auteur de « La France n’ a pas dit son dernier mot » présente donc l’immense inconvénient de pouvoir venir faire perdre Emmanuel Macron. Il fallait donc vite y mettre fin. Le CSA ne tardât pas à mettre sa menace à exécution. Fermer les bancs. Plus de Zemmour sur CNews bien qu’il pèse 10 % d’audience.

Bourde du CSA ?

Le CSA n’en a cure. Avec ses 300 salariés, l’organisme public défend l’intérêt général… La belle affaire. En attendant, le service public, France Inter en tête, peut continuer ses émissions de propagande ininterrompue sans que cela égratigne nos dignitaires de la défense de la liberté d’expression. Et pourtant, il s’ agit là d’argent public et non de celui de Vincent Bolloré, propriétaire de CNews. Au-delà du cas Zemmour, on peut s’ interroger sur cette tendance de plus en plus avérée pour nos gouvernants à vouloir faire taire tous ceux qui réussissent dans notre pays. Récemment, un certain Didier Raoult, émérite scientifique de notre pays, n’a-t’il pas dû arrêter son mandat à la tête de l’IHU. Je fais le rapprochement. Le fait qu’il interroge en permanence sur la stratégie médicale suivie par le gouvernement n’a bien évidemment rien à voir avec son éviction.

Les milieux économiques pas opposés au polémiste de CNews Au fait, vous n’avez pas remarqué que les chefs d’entreprises dans notre pays ne s’expriment que très rarement. Sur les sujets politiques, on n’entend étrangement aucun patron du CAC 40, ni même des esprits libres comme Bernard Arnault ou Francois Pinault. C’est dommage, quand à Geoffroy Roux de Bezieux, je l’ai connu bien plus offensif avant qu’ il devienne président du Medef. Après tout, la seule bonne nouvelle de ces derniers jours, c’est l’irruption sur la scène politique de Denis Payre, entrepreneur d’exception, qui se présente à l’élection présidentielle. Encore faut-il que nos grands médias se décident à l’inviter. Mais cela, le CSA n’en a cure. Il ne semble ne s’intéresser qu’aux « présumés candidats » comme Éric Zemmour. À propos, si ce dernier ne se présente pas, il faudra bien parler de censure !

Henry Marin

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