À 56 ans, le self-made-man drômois fait incontestablement partie de cette fine fleur de l’entrepreneuriat français, à la Bolloré, Pinault, Ladreit de Lacharrière ou Arnault qui arrivent à fonder au fil du temps des empires industriels et financiers dont le pays peut s‘enorgueillir.

Alors que le premier d‘entre eux, Bernard Arnault vient tout juste de fêter l’entrée de son groupe LVMH dans le club fermé des 20 plus grosses capitalisations mondiales. Voilà que son jeune disciple, Stéphane Courbit, ISG, poursuit avec maestria lui aussi sa formidable marche en avant dans la hiérarchie du capitalisme entrepreneurial hexagonal.

Est-ce un hasard d‘ailleurs si les deux crocodiles se sont bien sentis et sont déjà associés dans Banijay ou Airelles Collection, la chaîne hôtelière de prestige qu‘est en train de constituer pas à pas l‘originaire de Crest dans la Drôme ? L’année dernière ,n’a-t-il pas repris coup sur coup le Château de La Messardiere à Saint -Tropez ou le Domaine d‘Estoublon dans les Alpilles ? La 112ème fortune de France après être devenu l‘un des plus grands producteurs audiovisuels mondiaux avec Banijay (un milliard d‘euros de chiffre d‘affaires) et avoir mis la main sur son concurrent Endemol Shine, récidive dans le secteur de l’art de vivre à la française. On attendait Dominique Desseigne (Barrière) ou Sodexo. Avec la reprise de la célèbre maison de pâtisserie Ladurée, et ses fameux macarons, fondée en 1862, Courbit s’offre un label gastronomique mondial et incontournable qu‘il peut décliner de manière bien plus soutenue à l’international.

Propriété jusque-là du groupe Holder (Boulangeries Paul, 950 millions d‘euros de chiffre d’affaires, 14500 salariés), Ladurée jouit d‘une formidable réputation à travers son réseau de salons de thé-pâtisserie, plus d‘une centaine de par les monde et 41 boutiques dans l’hexagone dont les plus célèbres sont situées avenue des Champs-Elysées et rue Royale à Paris. On peut faire confiance au président de LOV Group pour ne pas se contenter des 120 millions d‘euros, chiffre d‘affaires moyen de la maison hors épidémie.

La fameuse enseigne de pâtisserie pourra s‘appuyer sur les réseaux de l’homme d’affaires parisien a commencer par les établissements hôteliers de luxe Airelles Colkection, les palaces de Courchevel, Gordes, Saint-Tropez, ou Baux-de-Provence et bientôt du fameux Hôtel du Grand Controle qui va s‘ouvrir aux confins du Château Royal de Versailles avec vue sur la pièce d‘eau des Suisses. Ladurée devrait largement bénéficier de ces nouveaux emplacements de premier choix.

Gageons aussi que Bernard Arnault ne sera pas mécontent de faire bénéficier ses meilleurs clients du droit de pouvoir goûter aux fameux macarons Ladurée dans ses prestigieux hôtels Cheval Blanc ou Belmond par exemple. Tout cela a du sens et ne peut que propulser encore un peu plus les ventes et l‘aura de la vénérable maison. C‘est toute l’intelligence de Stéphane Courbit de ne pas miser uniquement sur les nouveaux formats (audiovisuels, ou paris sportifs avec Betclic) mais aussi de savoir s’adosser sur de vieilles recettes bien de chez nous. Le bon sens et la vista de ce fils d‘employé de La Poste a de quoi impressionner. Je l’avais rencontré il y a 25 ans au bar du George V. Stéphane étudiait déjà nombre de dossiers d’entreprises à reprendre. Nous avions parlé de la reprise de la maison La Bagagerie alors à céder. Le succès de Louis Vuitton aurait pu lui monter à la tête. Il est resté calme en l’occurrence. Ce qui ne l‘a pas empêché ensuite de monter dans les bons wagons au moment où il le fallait. Quel parcours !

Robert Lafont

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