Jean-Bernard Vernier/JBV News/ABACAPRESS.COM

La question mérite d’être posée tant la confédération patronale semble devenue frileuse dès lorsqu’il faut monter au créneau pour défendre l’ensemble des intérêts des entreprises de France, c’est-à-dire de fait la prospérité du pays dans son ensemble.

Vouloir organiser, comme il le fait le 21 février prochain, des débats avec les principaux candidats pour la présidentielle dans les locaux branchés de l’incubateur Station F de Xavier Niel reste certes une louable intention. Cela permettra sans doute de renforcer encore plus les liens entre grands dirigeants politiques et patronaux. Mais est-ce cela qu’attende la majorité de nos patrons de PME actuellement ?

Dans un pays où selon une note réalisée pour le Meti (le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire, créé par Yvon Gattaz — encore lui) par l’institut Montaigne et PwC, il s’avère que seules 14% de nos entreprises familiales étaient transmises dans le cadre familial, contre 50 % en Allemagne, on mesure le chemin qu’il reste à parcourir, même si la loi Dutreil a amélioré les choses.

Tout cela reste encore insuffisant. La transmission de nos entreprises familiales reste pourtant un sujet crucial pour notre avenir en commun, d’autant qu’on dénombre seulement 5 400 ETI (de 250 à 5 000 salariés) contre le double outre-Rhin. Et on continue à ne faire comme si de rien n’était. Et l’organisation présidée par Geoffroy Roux de Bézieux, un entrepreneur talentueux au passage, que je connais bien, se contente de réclamer une modeste évolution des règles. Cela n’est pas suffisant, d’autant plus que la moitié de nos PME va être confrontée dans les 10 ans à ce problème de la transmission.

Idem pour le boulet absolu que représente pour notre industrie le poids des impôts de production, plus de 40 milliards d’euros. Le MEDEF réclame certes un gros allègement, mais il le fait du bout des lèvres. Alors que Valérie Pécresse, la candidate LR, réputée principale opposante à Emmanuel Macron, n’ose proposer que la modeste suppression de la C3S, soit 3 milliards d’euros, on fait comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Comme sur les droits de succession, force est de constater que seul Eric Zemmour ose demander une baisse de 30 milliards d’euros sur les impôts de production. Idem pour les droits de succession sur les entreprises, que le président de « Reconquête » annonce vouloir totalement supprimer, comme cela se pratique déjà en Allemagne ou en Italie. Le MEDEF gagnerait à être bien plus incisif sur ces sujets cruciaux car il y a urgence pour l’ensemble de notre économie.

On ne l’entend pas non plus réagir à la proposition ubuesque du candidat Mélenchon de vouloir taxer l’ensemble du patrimoine de plus de 12 millions. Si cette mesure funeste et confiscatoire était appliquée un jour, cela marquerait la fin de la France entreprenante, puisque tous nos grands entrepreneurs seraient obligés, comme un seul homme, d’aller s’installer en Suisse ou à Bruxelles. Une véritable hémorragie pour le pays, car quand on appauvrit les riches, on rend misérables les pauvres !

Là aussi, bizarrement, sur une telle ineptie, pas une seule réaction de l’avenue Pierre de Serbie. Monsieur Roux de Bézieux, on se connaît, je vous aime bien. Mais il y a des choses à ne pas laisser passer. Notre pays a déjà trop payé.

Robert LAFONT

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