Le problème est que lorsque l’on saute constamment d’une tâche à une autre, on n’est pas vraiment plus productif, bien au contraire. En fait, nous forçons notre cerveau à changer de vitesse de façon répétée, nous travaillons plus pour un résultat de moins bonne qualité, et nous épuisons nos réserves psychiques.
Nous nous adonnons au multi tâche de nombreuses façons, mais dans tous les cas à notre détriment. Pour la plupart d’entre nous, éradiquer la tentation du multi tâche n’est simplement pas réaliste, mais avec une meilleure compréhension de la façon dont cette pratique réduit notre productivité (et quels types de personnalités sont les plus vulnérables), nous pouvons en réduire les effets négatifs.
Envoyer un SMS en conduisant est une pratique multi tâche qui est largement couverte aujourd’hui dans les médias, mais ce type de perte d’attention à faire deux choses en même temps n’est qu’un exemple parmi d’autres des conséquences du multi tâche sur notre cerveau. D’après une récente recherche sur le sujet menée par l’Association Américaine de Psychologie, il existe trois types de comportements multi tâche.
Soyons clair, aucun de ces types de comportement multi tâche n’est nécessairement pire que les deux autres. Tous les trois réduisent notre efficacité et entraînent à la longue une fatigue psychique. Ils méritent donc tous trois notre attention.
On estime que seule 2% de la population est capable de réaliser efficacement plusieurs tâches en même temps, et ironiquement, ce sont ces personnes qui sont les moins susceptibles de le faire. Le problème est que nous pensons tous plus ou moins faire partie de ces 2%, et utilisons cette compétence perçue pour nous adonner sans retenue au multi tâche. En fait, une enquête menée aux Etats Unis en 2001 montre que les personnes les plus « accros » au multi tâche sont celles qui sont les moins efficaces dans cet exercice.
Passer d’un tâche à une autre nous paraît prendre très peu de temps à l’instant T, mais ces minuscules pertes de temps s’accumulent rapidement. D’après l’Association Américaine de Psychologie, « même si les pertes de temps pour passer d’une tâche à une autre sont très faibles, parfois de l’ordre de quelques dixièmes de secondes par permutation, elles peuvent s’accumuler pour totaliser de longues minutes lorsque des personnes changent de tâche de façon répétée.
De plus, effectuer plusieurs tâches en même temps peut sembler être plus productif de prime abord, mais peut consommer plus de temps au bout du compte et causer plus d’erreurs. Les blocages psychiques même brefs causés par les passages d’une tâche à une autre peuvent entraîner une réduction allant jusqu’à 40% du temps de travail effectif d’une personne dans une journée. »
N’aimeriez-vous pas récupérer 40% de votre temps de travail effectif ? Ceci représente 16 heures par semaine que vous pourriez regagner en éliminant vos comportements multi tâche. Ce qui peut justifier de mettre son mobile en mode silencieux !
Les quatre personnalités les plus courantes des adeptes du multi tâche
Pour être honnête, certains d’entre nous ont plus de difficultés à éviter la menace du multi tâche que d’autres. Quatre type de personnalités offrent un terrain particulièrement propice au multi tâche.
Si vous rentrez dans ces quatre catégories, ne perdez pas espoir. Vous pouvez toujours améliorer la façon dont vous gérez vos comportements ou votre attirance pour le multi tâche – et même récupérer 20% du temps gaspillé, ce qui n’est déjà pas si mal.
La première chose à avoir à l’esprit est que vous ne pourrez pas éradiquer totalement vos comportements multi tâche, du moins pas tout de suite. Le mieux que vous pourrez faire est de les confiner dans certaines périodes de la journée.
Pour commencer, définissez un espace-temps ou un moment dans la journée où les comportements multi tâche sont très difficiles.
Les deux stratégies qui suivent fonctionnent en tandem pour vous aider à récupérer du temps productif durant votre journée de travail :
Déterminez parmi vos tâches régulières celles qui sont les plus complexes et créez pour elles un créneau horaire et un espace libre de toutes distractions. Ceci s’applique aussi à des tâches entièrement nouvelles.
Selon l’Association Américaine de Psychologie, plus les tâches sont complexes et peu familières, plus l’on perd du temps à les quitter pour aller vers une autre et inversement. Vous économiserez donc beaucoup de temps (et d’énergie) en concentrant votre esprit exclusivement sur les tâches les plus complexes jusqu’à les avoir achevées.
Quels sont les créneaux horaires ou les endroits où vous êtes le plus enclin au multi tâche ? Lorsque vous êtes dans ces situations, concentrez-vous sur des tâches répétitives ou familières. Ceci permettra de réduire les pertes de temps lors des permutations, tout en respectant votre attirance naturelle pour le multi tâche.
Créer un espace-temps dans lequel le multi tâche est autorisé est particulièrement important si vous rentrez dans les 4 types de personnalités cités plus haut.
Vous limiter exclusivement au mono tâche pour les tâches complexes représentera déjà pour vous un gros effort, donc autoriser le multi tâche en d’autres circonstances vous permettra sans doute d’alléger ce fardeau.
Identifiez les causes profondes qui déclenchent chez vous un comportement multi tâche, par exemple :
- Souhaitez-vous secrètement être vu par vos collègues comme un « bourreau de travail » qui en fait toujours plus que les autres ?
- Chaque alarme sonore émise par votre ordinateur attire-t-elle immédiatement votre attention ?
- Ne jamais rater le moindre scoop sur Twitter est-il essentiel pour vous ?
Quel que soit votre point sensible, l’identifier vous aidera à la mettre en sourdine durant l’exécution de vos tâches les plus complexes. Comprendre le pourquoi et le comment de votre attirance pour le multi tâche vous aidera, étape par étape, à minimiser son impact sur votre productivité.
Dans ces conditions, combien de temps et de productivité allez-vous regagner ? La réponse dépend uniquement de vous.