En effet, « nombre d’entre elles n’ont pas accès aux devises d’autres pays alors qu’elles aimeraient faire du commerce international, précise Camille Yihua Chen. En acceptant de libeller les transactions en RMB, importateurs et exportateurs étrangers pourront élargir leur base de clientèle chinoise et se créer ainsi de nouvelles opportunités. Par ailleurs, en utilisant directement le yuan pour commercer avec les Chinois et en subissant ainsi le risque de change, les Français disposent d'un argument commercial pour solliciter une remise sur les prix d’achat ou de vente ».
Pour nombre de grosses entreprises françaises implantées en Chine depuis des dizaines d’années, l’internationalisation de la monnaie chinoise leur permet d’emprunter en yuan, à moindre coût, sur ce qu’on appelle le marché obligataire en RMB offshore (à l’extérieur de la Chine), à Hong Kong ou en Europe.
Jusque-là, elles se finançaient soit via l’autofinancement, soit auprès des banques chinoises. Or les prêts bancaires en Chine continentale sont coûteux : entre 2010 et 2012, par exemple, leurs taux avoisinaient les 7 %, alors que les sociétés françaises - Air Liquide, Veolia Environnement, Renault, etc. - qui empruntaient sur le marché obligataire en RMB offshore à Hong Kong ont réussi à lever des fonds au taux de 3%.
Enfin, l’internationalisation du yuan permet à des sociétés de gestion étrangères d’investir directement en yuan sur le marché boursier de Shanghai.