Je ne transmettrai pas l’entreprise au sens traditionnel - patrimonial et actionnarial - à mes enfants (deux d'entre eux travaillent dans l'entreprise, Ndlr). J'attends que la loi facilite la transmission de tout ou partie du capital à une fondation actionnaire.
Le modèle traditionnel repose sur l'héritage. Or, je considère qu'on n'hérite pas d'une entreprise, et en particulier d’une entreprise du tertiaire. On en est l'animateur et pas le propriétaire.
Cela correspond aux valeurs de l’entreprise, et si tout se passe bien, il n'y aura pas de taxation. A contrario, une partie importante du capital n’étant plus détenue par une personne physique, il faut organiser le pouvoir. Qui dirige cette fondation ? Qui dirige-t-elle ? Nomme-t-elle le patron ou la patronne des entités opérationnelles dont elle est l'actionnaire ? C'est ce qui nous reste à écrire.
Ce n'est pas gravé dans le marbre mais c'est une probabilité. Notre réseau de franchises étant plus intégré que l'immense majorité des franchiseurs - on parle de « partenaires » plus que de « franchisés » -, il aura assimilé les modèles de gouvernance et donnera, a minima, son avis, voire votera pour désigner mon successeur.
C'est très probable. Nous faisons évoluer notre modèle de gouvernance, qui est déjà très participatif. Dans moins de 3 ans, les structures seront en place.
Cela se fera progressivement. J'ai déjà confié 75% de l'activité à ma fille. Cela me permet de me concentrer sur le développement et l'innovation.
Aux résultats. Dans la distribution, notre modèle d'appréciation est très opérationnel et concret : les résultats commerciaux et économiques sont-ils bons ? Les équipes se portent-elles bien ? Le modèle selon lequel la famille est « élue » d'office pour diriger est une part assez mineure de ma préoccupation. Si cela n'allait pas, tout le monde sait que je prendrais les décisions qui s'imposent.
C'est certain. L’aval et le soutien du terrain sont essentiels à la réussite de l'enseigne. Lors des réunions, on voit très vite si la personne est reconnue pour sa compétence ou pas. S'il y avait eu le moindre accroc, voire une stabilisation, on se serait arrêté là.
Le phénomène ambivalent qui tient à la double relation que nous entretenons : familiale et professionnelle. C'est tout un art de piloter les deux sans en abandonner un seul car la vie amène son lot de tensions.