Un incubateur d’entreprises pour donner le terme exact, est une structure d’accompagnement de projets de créations d’entreprise. Son assistance se concentre sur trois domaines : l’hébergement, le conseil et le financement.
Depuis déjà plusieurs années, un véritable changement de mentalité s’est opéré dans les écoles de commerce, un mouvement que l’on a également pu constater au niveau de la société française dans sa globalité. Depuis leur naissance, les écoles de commerce les plus prestigieuses destinaient leurs étudiants à des carrières professionnelles réussies dans les grands groupes internationaux ou institutions financières. Une vocation toujours bien présente et largement majoritaire, mais qui laisse aujourd’hui une place à la création d’entreprise. Le patron de PME, voire de TPE, n’est plus considéré comme un simple rouage de l’économie, mais comme une vraie possibilité d’avenir. Certains facteurs ont joué un rôle dans cette évolution :
- Les étudiants et leurs professeurs ont bien entendu été influencés par l’exemple américain, qui ne méprise aucunement les jeunes qui veulent se lancer, bien au contraire. Ils sont encouragés et leur éventuel échec est considéré comme une simple prise d’expérience.
- Les grandes start-ups devenues de vraies symboles ont aussi joué un rôle : la création de réseaux sociaux incontournables, les réussites en France de Price Minister, de Vente Privée ou de Meetic, en ont fait rêver plus d’un, même si l’objectif est bel et bien de créer une entreprise ; la richesse personnelle n’étant qu’une conséquence éventuelle du succès du projet.
- Autre influence qui a porté ses fruits : le lancement du statut d’auto-entrepreneur, ainsi que le plan d’action du gouvernement en 2009. Il avait pour but de développer l’esprit d’entreprise dans l’enseignement supérieur, ce qui a poussé les dernières écoles à se lancer dans le mouvement. En effet, les ministres avaient rappelé qu’il était nécessaire pour la France d’avoir plus de diplômés bien formés pour s’investir dans des PME, soit par le biais de la création, soit par le biais de la reprise.
Il ne faut cependant pas s’imaginer que les jeunes générations sont tous des créateurs en herbe au sein des écoles de commerce. La grande majorité suit encore des voies toutes tracées qui ont le bénéfice de fournir une excellente formation professionnelle, des perspectives d’avenir, ainsi qu’une certaine sécurité (en tous les cas meilleures que celle du créateur). Mais les électrons libres se multiplient, ceux et celles qui ont de bonnes idées, ou quelques difficultés à entrer dans un système hiérarchique classique, envisagent aujourd’hui très sérieusement la possibilité de se mettre à leur compte, y compris en sortant d’excellentes écoles.
Parmi les plus connus, on peut trouver environ une quinzaine d’incubateurs d’Ecoles de commerce destinés à l’entrepreneuriat étudiant tels que : Novancia (ex Advancia), HEC, l’ESSEC, ESCP Europe, EM Lyon Business School, l’EDHEC, EM Normandie, Grenoble Ecole de Management, Toulouse Business School qui toutes disposent de leur incubateur. Les Ecoles ont décidé d’encourager le mouvement pour ceux qui le souhaitent, et la crise pourrait bien être un facteur d’accélération face à la difficulté de décrocher le job de ses rêves.
Et après tout, si l’on n’a pas l’esprit d’aventure à 20 ans, quand l’acquérir ? Il y a des années, les ambitions des étudiants qui avaient envie d’un peu d’aventure allaient vers les métiers d’ingénieurs, pour partir sur une plateforme pétrolière, ou créer la filiale d’un grand groupe au bout du monde, voire devenir trader il y a une dizaine d’années. Mais la galaxie internet est passée par là et aujourd’hui les grandes success-stories de ce Nouveau Monde séduisent de plus en plus. Les directeurs d’écoles ont donc dû s’adapter pour capter ces jeunes à fort potentiel, mais qui attendent aussi autre chose de leur formation.
L’adaptation a commencé par de nouveaux cours axés sur l’entrepreneuriat dans les cursus classiques que ce soit tout au long de formation, mais aussi en tant que Mastère. Les responsables de « SupdeCo » sont d’ailleurs surpris du succès de ces nouvelles filières qui incluent des cours de business plan, de droit et de fiscalité adaptés aux petites entreprises, des rencontres avec des chefs d’entreprise ainsi que de réelles missions terrain sans pour autant occulter les difficultés et les risques inhérents à un tel choix.
- Des professeurs de ces écoles dédient aussi parfois leurs recherches à l’entreprise, permettant ainsi de fournir de la matière pour des innovations.
- Il faut également compter avec une invention assez ancienne : les Junior-Entreprises, des associations qui réalisent des études pour des entreprises, de toutes tailles. Ces missions sont rémunérées permettant ainsi aux étudiants de disposer d’une première expérience. Au total, il existe 160 junior-entreprises au sein des écoles d’enseignement supérieur et de certaines universités.
- Avec les Incubateurs, certaines écoles de commerce ont donc décidé d’aller plus loin : elles hébergent gratuitement les projets acceptés par le jury, et proposent des aides diverses telles que chèques-conseil, mises en contact avec les business angels, certaines organisent des concours. D’autres comme l’Essec vont jusqu’à lancer des fonds d’amorçages qui prennent des participations dans le capital des start-ups des diplômés. Les procédures d’admission diffèrent, mais il s’agit de façon classique d’un dossier à présenter auprès d’un jury à l’oral et à l’écrit. Si les grands principes de fonctionnement sont les mêmes, chaque incubateur d’école développe ses propres spécificités. Un critère qui se doit d’être appréhendé par le jeune étudiant lors de son choix en matière de formation, car cela peut grandement faciliter le parcours d’un jeune entrepreneur.
Il en existe de nombreux en France. En voici une petite sélection.
Cette plateforme a été imaginée en 1997 par l’Ecole des Mines de Douai, l’Ecole Centrale de Lille, l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Industries Textiles, Arts & Métiers Paris Tech-Centre de Lille et l’Ecole Supérieure de Commerce de Lille.
HEC Entrepreneurs est à la fois une majeure en dernière année et Mastère Spécialisé plein temps. Cette formation s’articule autour de 7 missions réelles et implique plus de 300 professionnels. Les sept missions sont : Création d’entreprise, redressement d’entreprise en difficulté, cession-acquisition-transmission d’entreprise en bonne santé, bras droit de dirigeant, conseil en stratégie, vente et communication. L’incubateur HEC a ouvert ses portes quant à lui à la rentrée 2007. Il héberge et accompagne des entreprises en création dans le domaine des services innovants à fort potentiel de développement, portées par des étudiants ou des diplômés du Groupe HEC.
La Base d’Incubation de Savoie Technolac a lancé cette année un incubateur étudiant sur son site au Bourget-du- Lac/Chambéry (Savoie). En ouvrant cet incubateur étudiant et en le proposant à l’ensemble des étudiants présents sur le site du technopôle, Savoie Technolac offre à chacun d’eux la possibilité d’être sensibilisé et accompagné vers la création d’entreprise.
Aujourd’hui, l’entrepreneuriat est un must au niveau des cursus des écoles de commerce et force est de constater que les Parisiens ne sont pas forcément les mieux lotis. D’excellentes écoles avec incubateurs sont surtout installées dans toutes les grandes régions françaises.