Mais les disparités persistent. C’est la raison pour laquelle nous essayons, avec d’autres, de soutenir la transformation numérique des start-up, TPE/PME, grands groupes, associations et acteurs culturels, en développant des programmes sur-mesure à leur intention.
Notre objectif est de les aider à comprendre comment elles peuvent utiliser le numérique pour accélérer leur développement. Je dois dire qu’il y a urgence : les acteurs économiques français enregistrent un retard par rapport aux pays européens plus matures. Le poids du numérique dans le PIB en France est ainsi deux fois inférieur par rapport au Royaume-Uni (5,5% contre 10% en 2011 (Etude McKinsey, Accélérer la mutation numérique des entreprises : un gisement de croissance et de compétitivité pour la France, septembre 2014). Mais la France est en marche ! En 2015, 16% des PME françaises vendaient en ligne, contre seulement 11% en 2014.
Cette initiative, en partenariat avec les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI), a pour objectif d’aider les commerçants, TPE et PME à tirer parti des outils numériques. Dans ce cadre, plus de 72 000 professionnels ont déjà été formés à travers toute la France. Nous mettons également à disposition gratuitement sur le site de Google un MOOC qui permet d'acquérir des compétences en matière de marketing digital.
D’autre part, s’agissant des start-up, nous sommes un partenaire historique du NUMA, premier accélérateur et haut lieu de l’innovation et du numérique. Au-delà d’un soutien financier de près d’un million d’euros, nous menons des actions en direction des startupers, sous forme de sessions de mentoring intenses partout en France qui leur permettent d’affiner leur business model.
Pour celles qui sont plus avancées, nous avons lancé une initiative dédiée, appelée Scale-up qui a pour objectif, une fois la première levée de fonds réalisée, de les accompagner dans la phase la plus complexe et critique de leur développement : celle de l'internationalisation. Nous avons lancé cette action car plusieurs études montrent qu'en France la mortalité des start-up est la plus élevée entre la 2ème et la 5ème année d’existence (Étude Raise - Bain - “5 ans après leurs créations et la traversée de ce que l’on appelle “la vallée de la mort”, seules 50% des start-up auront survécu“)
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Dès 2015, 10 start-up ont été sélectionnées (Alltricks, Blablacar, Captain Train, Drivy…) et accompagnées par une équipe de dix personnes au sein de Google. Le résultat a été spectaculaire : ces 10 scale-up se sont développées dans plus de 30 pays, ont embauché plus de 400 personnes, doublé leur chiffre d’affaires, et levé pour plus de 250 millions d’euros.
Nous lançons d’ailleurs un nouveau concours national et invitons les associations, les entrepreneurs et les lieux culturels de toutes les régions françaises à postuler jusqu’au 30 septembre pour gagner un an d’accompagnement et d’expertise pour accélérer le développement de leur projet.
Lors de notre passage à Lyon, il y a quelques semaines, nous avons dévoilé les résultats d’une étude d’impact Ipsos dans laquelle 57% des dirigeants de PME interrogés déclarent avoir compris qu’Internet est un levier de croissance pour leur entreprise, et un quart d’entre eux constate une augmentation du nombre de clients et une augmentation des ventes ou des réservations.
C’est ce qui se passe par exemple pour la société UVEA, une start-up basée à Roubaix qui crée des combinaisons anti-UV pour les enfants de 1 à 12 ans.
Depuis 2010, grâce au web, la production de la société a été multipliée par quatre avec des ventes uniquement réalisées via son site web et expédiées partout dans le monde. Aujourd’hui, il est primordial pour les entreprises d’avoir une vitrine numérique, mais cela ne les dispense pas d’ouvrir des points de vente et des boutiques physiques, loin de là.
Tous les acteurs économiques français sont concernés, quelle que soit leur taille, la nature de leur activité ou leur localité. Cette opportunité est d’autant plus intéressante que les Français sont en avance sur les entreprises dans leur pratique du numérique : selon une étude de Roland Berger, nous sommes 59% à acheter en ligne, alors que seulement 11% des entreprises françaises vendent en ligne. Au vu de ces deux chiffres, il paraît clair que les consommateurs français se tournent vers des offres étrangères, faute d’offre suffisante dans l’Hexagone.
Un dernier constat : je crois que c’est avant tout aux chefs d’entreprises, des plus petites entreprises aux groupes du CAC 40, de comprendre les enjeux et saisir les opportunités. Lorsque nous voyons des entreprises qui se transforment, il y a toujours un dirigeant aux manettes.
Concernant les acteurs plus matures, nous les accompagnons dans la création de leurs campagnes de marketing en ligne. Nous avons un rôle de conseil sur différents aspects : les audiences cibles à avoir, le bon message à faire passer, quel moment choisir, et sur quel dispositif le transmettre.
Nous avons par exemple récemment travaillé avec l’enseigne de prêt-à-porter Petit Bateau. Nous voulions évaluer l’impact de leurs activités online sur les ventes offline et le résultat a été très intéressant : sur 100 achats en magasin, environ 44 sont précédés d’une visite sur leur site web, ce qui montre que l’effet online-to-offline est déterminant chez eux. Cette étude a prouvé, encore une fois, l’importance de la visibilité des sites web des entreprises auprès de leurs clients, et de leurs prospects.
Cette entreprise a pu se développer grâce aux outils numériques : elle réalise désormais 30% de son CA en ligne et prévoit d’embaucher cinq collaborateurs pour absorber la croissance et grandir à l’étranger. Le numérique est donc très certainement un atout très fort pour l’emploi, et nous jouons, avec d’autres, un rôle à son essor dans le pays.