Nombreux sont les sujets sur lesquels il faut agir, sans se contenter d’une action limitée. En même temps, une action tous azimuts serait impossible à gérer. Il est donc nécessaire d’établir des priorités, en groupant les sujets de réformes pour proposer un ensemble à la fois prioritaire et cohérent.
Avec plus de 3.300 pages, le Code du travail est un monstre illisible, notamment pour les TPE et PME. Si ce Code réglemente de façon pointilliste toutes les situations imaginables, c’est qu’il est presque exclusivement tourné vers la protection du salarié considéré comme un mineur dans ses relations avec un patron, qui est de plus assimilé à un «salaud» potentiel, voire systématique.
Cette vision n’est assurément pas près de se ternir. Il est donc vain de compter sur un allègement, comme en témoigne la direction prise par le gouvernement qui, après les différents rapports, notamment le rapport Combrexelle, se prononce en faveur d’une méthode consistant à définir les grands principes d’ordre public sur lesquels aucun aménagement n’est possible, puis à définir les sujets auxquels les partenaires sociaux seront libres par accord de déroger, et enfin à déterminer les dispositions supplétives destinées à s’appliquer en l’absence d’accord des partenaires sociaux. Travail de longue haleine, dont le rapport Combrexelle fixe l’échéance à… 2020.
On remarque qu’il ne s’agit pas de simplifier le Code du travail ni de le réduire, mais de l’assouplir en autorisant des dérogations au-delà du socle d’ordre public dont le contenu reste encore à définir.
On peut même dire que bien loin de simplifier, tout assouplissement nécessitera bien au contraire une meilleure connaissance du Code du travail, puisqu’on ne peut déroger qu’à condition de savoir à quoi l’on veut déroger. Sur ce sujet général du Code du travail, retenons donc cette méthode d’assouplissements et de dérogations, sans espérer mieux quant aux simplifications.
Cela laisse entière la question des réformes substantielles à apporter à la loi, et que seul le législateur peut décider. Or, sur ce point, il n’y a semble-t-il rien à espérer. Comme l’a précisé à plusieurs reprises le gouvernement, il n’est pas envisagé de modifier la législation concernant la durée légale de 35 heures, le contrat de travail ou encore le Smic.