Les obstacles sont nombreux, à commencer par le financement de la croissance et de l’innovation. Nous avons besoin de davantage d’investisseurs, de business angels, au moment de l’amorçage, mais aussi aux stades ultérieures de développement. Les jeunes pousses ne gagnent pas d’argent les premières années et n’ont donc pas accès au crédit. Elles doivent se financer par augmentation de capital successive pour avoir plus de fonds propres.
Cette chaîne de financement a besoin d’être dynamisée. Il y a beaucoup d’argent en France, mais le système culturel et fiscal pousse à épargner plutôt qu’à prendre des risques.
Un frein clairement identifié du système français est purement RH, lié au recrutement et à l’évolution des effectifs dans les jeunes pousses.
Cela pose des questions : celles des talents et des formations. Il y a trop peu de bons candidats sur les postes recherchés dans les métiers liés au digital ; et le droit du travail et ses rigidités ne sont plus adaptés à la révolution numérique, aux nouvelles organisations agiles, au besoin de flexibilité.
Un autre frein est celui du système bancaire et assurantiel, encadré par des ratios prudentiels très élevés qui empêchent en grande partie les investisseurs institutionnels de diriger l’argent, comme celui logé dans les assurances-vie, vers des structures économiques réelles non “financières”, comme les jeunes entreprises en croissance.
Le rôle de France Digitale est justement de favoriser les relations entre les différentes composantes de cet écosystème : start-uppers, investisseurs, monde politique et administratif, et grands groupes.
Chacun de ces mondes connaît mal les autres. France Digitale a été pensée comme une association bicéphale : une gouvernance répartie également entre les investisseurs et les entrepreneurs. Nos partenaires sont les grands groupes, l’objectif étant justement d’opérer un lobbying positif d’une seule voix.