En 2015, les cadres ont vu leur rémunération augmenter de 1,2%, supérieure à celle enregistrée en 2014 (+0,9%), en dépit d’un contexte macroéconomique marqué par un chômage toujours élevé et des perspectives de croissance du PIB assez timides. Dans ce contexte, la modération salariale reste de mise pour les entreprises.
«La fiche de paie des cadres a progressé en 2015 pour la troisième année consécutive. Même si l’augmentation est modeste, elle confirme une tendance haussière qui pourrait se poursuivre à condition que le léger rebond de la croissance l’année dernière perdure en 2016. Mais la prudence reste de mise.
Les plus fortes revalorisations salariales se sont concentrées sur les ingénieurs, spécialisés en R&D notamment, ce qui témoigne d’une volonté de réamorcer l’investissement qui, s’il se diffuse dans le reste de l’économie, devrait à moyen terme profiter à l’ensemble des cadres», indique Christophe Bougeard, directeur général d’Expectra.
Il est à prévoir, en effet, que cette modération salariale continue cette année de se nourrir du chômage. Dans un marché de l’emploi qui n’a toujours pas renoué avec les créations nettes, les salariés font profil bas en matière de prétention salariale. Qui plus est, ils sont moins enclins à changer de poste, ce qui contribue à brider la dynamique salariale. Néanmoins, selon le cabinet de conseil Altedia, la hausse des salaires en 2016 se situera autour de 1,5%, et pourrait atteindre 1,9% pour les cadres.
Autre élément de la rémunération des cadres, la part variable (35% en moyenne de la rémunération globale), qui représente aujourd’hui un véritable levier d’ajustement salarial pour de nombreuses fonctions. Désormais, les cadres qui ne sont pas rémunérés sur des objectifs ou qui ne touchent pas de prime par rapport à leurs résultats ne sont que 9,45%.
Chez les cadres commerciaux, la part variable reste plus importante (45% de leur rémunération totale). Habitués à être rémunérés à travers des primes sur objectifs, ils ont vu ces dernières années leur part fixe se réduire. Une tendance qu’on retrouve désormais chez les non-commerciaux à travers des systèmes de primes régulières. De quoi être motivé, non ?